Date : jeudi 18 janvier 2018

 

Il faut un poil de motivation pour ressortir en ce jeudi soir (pluie, vent, tout pour avoir envie de cocooner), mais une fois qu'on a mis les pieds au Klub, on ne le regrette pas, même si on aurait pu espérer voir un peu plus de monde : la frilosité ambiante se communiquerait-elle aux sorties en concert ?

Le duo qui arrive sur la petite scène du bas est loin de nous être inconnu, puisque Dear Deer est venu trois fois sur Paris l'an passé, et que chaque prestation ultérieure avait confirmé la claque initiale du Batofar. On ne s'attend par conséquent pas à beaucoup de surprises, avec un premier morceau sur lequel Federico (guitare) et Sabatel (basse) sont masqués, Federico ajoutant une belle dose de paillettes qui tiendront toute la soirée. A vue de nez, la set-list va être quasi-identique à celle du Supersonic en juillet, par exemple, mais l'acoustique des lieux (on est dans une cave au plafond très bas) va donner une puissance nouvelle aux titres que l'on croyait maîtriser jusqu'alors. La majeure partie des spectateurs semble d'ailleurs déjà conquise d'avance, alors lorsque le duo annonce un nouveau titre, c'est une sacrément bonne nouvelle, et ce deadline ne risque pas de faire baisser le niveau du futur nouvel album, les quelques titres encore non parus mais déjà bien rodés sur scène laissent augurer d'un équivalent amélioré de l'excellent premier opus "oh my...". Le groupe enchaîne d'ailleurs avec ce jog, chat, work & gula gula qui refuse obstinément de sortir de la tête, plusieurs heures après le concert, avant de revenir aux titres déjà enregistrés, mais qui prennent tous une ampleur particulière ce soir, y compris les titres en polonais... Un bon concert ne se passe jamais sans incident technique, on a donc droit à un faux départ sur disco discord, qui ne désarçonne aucun des musiciens, à croire que les petits soucis de lancement du laptop sont une habitude, au contraire on se demande même si l'adversité ne permet pas au duo de se reconcentrer - même si les concerts ne sont jamais un festival de petites blagues, F et S sont plutôt attentifs à ce qui se passe devant eux. Quand on parlait de titres entêtants un peu plus tôt, il ne s'agirait pas d'oublier ce ozozooz, toujours plus addictif, peut-être d'autant plus qu'il est pour le moins aisé à reprendre en chœur... Histoire de terminer en beauté, l'enceinte de retours décide d'en terminer deux titres avant la fin, le duo termine donc son set sans entendre ni les voix ni la boîte à rythmes, autant dire que ces 55 minutes (pour une première partie, c'est une belle durée !) se terminent dans l'incertitude, mais pas de problème, le groupe assure, et les lumières peuvent se rallumer sur des visages ravis et totalement satisfaits, les spectateurs ont largement apprécié, et la soirée est d'ores et déjà réussie.

 

Set-list :

  1. snail
  2. arnolfini
  3. deadline
  4. jog, chat, work & gula gula
  5. dear dear
  6. klamca
  7. czekaj na nas !
  8. disco discord
  9. tvd
  10. statement
  11. ozozooz
  12. clinical / physical
  13. claudine in berlin

 

La suite, c'est un quatuor (en début de set) qui s'installe très vite sur la scène (moins de 10 minutes entre les deux concerts !), avec un guitariste qui ressemble comme deux gouttes d'eau au claviériste de Plomb, une chanteuse, un saxophoniste qui gère les claviers, et un batteur qui oscille entre une batterie classique et son modèle électronique. Survivance des défunts Katzenjammer Kabarett, Katzkab perpétue cette volonté de mélanger les styles, du death-rock (cette guitare !) au cabaret, en passant par le free-jazz (le sax, sans doute), mais aussi une certaine forme de pop, souvent symbolisée par le chant. Ce mélange volontaire des genres donne ainsi de superbes morceaux de bravoure (les deux premiers titres sont une totale réussite, mais finissent par me perdre au fil des minutes, dès lors que la guitare est moins mise en avant et que l'accent est mis sur d'autres éléments. Je m'éloigne donc petit à petit de la scène, préférant conserver quelques forces pour le reste de la semaine, car on n'est que jeudi, et il reste du boulot et des concerts à venir, et très rapidement.

 

La suite, c'est donc ce vendredi, au Petit Bain, avec Stygmate et les Olivensteins. Et dimanche, il y aura CICP, et lundi soir le retour du Singe Blanc, au Supersonic.