Date : jeudi 25 octobre 2018

 

Il y a eu hésitation avant de ressortir ce jeudi soir, les transports sont incertains, la fatigue se fait sentir, mais on se rend quand même au Klub, en misant sur une arrivée vers 20h30, qui devrait correspondre à la moitié du set de la première partie...

 

Visiblement, les concerts n'ont pas commencé à l'heure (qui est vraiment étonné, en fin de compte ?), puisque le quintet bordelais Amphetamine Penis ("le meilleur nom de groupe du monde", vraiment ?) semble à peine avoir démarré son set lorsqu'on débarque dans la salle du bas, mais à peine a-t-on mis un pied dans l'escalier que la musique emplit l'espace et nos conduits auditifs, visiblement les limiteurs sont en grève, et on va peiner à s'entendre et à communiquer tant que le groupe n'aura pas terminé sa prestation. Le groupe, dont on ne sait pas grand chose, en dehors du fait qu'il semble être un assemblage de membres de divers groupes, pourrait en première approximation être assimilé à du crust, ou à du hardcore, ou à tout ce qui peut sembler violent et énergique, le chanteur par exemple passe son temps à aller se heurter aux spectateurs, aux murs, aux plafonds... Pour être franc, j'ai du mal à différencier les titres, et l'ensemble ne me transporte pas particulièrement, mais on ne peut reprocher au groupe de faire dans le conventionnel, même les maquillages sont approximatifs, du genre "on ne va pas passer des plombes à se maquiller, pourtant c'est rigolo de se peinturlurer la tronche", et les spectateurs (une trentaine maximum) ne quittent pas les lieux, donnant l'impression d'être fascinés par ce qui se passe sur la scène et dans la salle. Perso, je n'aurais pas tenu une heure, mais une demi-heure reste supportable...

On ne le cachera pas, c'est uniquement pour revoir Pierre & Bastien qu'on s'est déplacé ce soir, tant la brièveté du concert d'il y a trois semaines à l'Olympic nous avait frustrés. L'avantage, c'est qu'on se doute que le trio ne va pas nous ressortir la même set-list, ce n'est pas dans les habitudes de la maison, et effectivement après une balance expédiée sur quelques mesures de cancer, le concert démarre sur un france 2016 (le titre est toujours provisoire, tant que le morceau n'est paru nulle part), avant de revenir à des titres déjà entendus en début de mois (secret, journal) mais dont la présence est toujours appréciée. Étonnamment, on a le sentiment de mieux entendre les paroles ce soir qu'à l'Olympic, c'est presque anecdotique puisque les spectateurs les connaissent par cœur, mais cela montre que le sonorisateur réussit un sacré boulot, car le son dans la cave n'est pas aisé à maîtriser. En parlant de maîtrise, c'est stérile qui a droit à un faux départ, dans la bonne humeur évidemment, les quelques piques envoyées par les spectateurs ne sont jamais méchantes, il y a une vraie complicité entre les musiciens et les spectateurs, il faut dire qu'il n'y a ici presque que des têtes connues... Le groupe pioche dans ses trois albums, avec un allongé récent qui précède un destinée plus ancien, et lorsque le groupe annonce que la chanson à suivre s'appelle jonathan en hommage à leur sonorisateur, il faut entendre geoffroy, puisque tel est le nom officiel (et improbable) du morceau... Autres titres pas encore entendus en version studio, les deux qui se succèdent hygiène et demi-golf ne font l'objet d'aucune présentation particulière, à croire que le public est censé tout connaître (c'est sans doute le cas, en fait !). On profite à la fois d'un son correct, et d'un timing qui permet au trio d'allonger sa set-list, alors c'est bon à rien qui déboule, l'un des titres du dernier album qu'on a peut-être le moins entendu en live, mais quand guitar-hero débarque, on sent que les visages arborent des sourires encore plus éclatants, et comme on a été bien sages, c'est femme qui suit, vous me direz que pour n'importe quel titre je m'enthousiasmerais, vous n'avez pas tort, mais j'assume, il n'y a rien à jeter dans la discographie du groupe, et la perspective de voir le groupe travailler sur des nouveaux titres est de nature à m'émoustiller fortement ! On termine ces trois gros quarts d'heure avec à nu, l'un des morceaux de bravoure habituels, l'occasion de montrer qu'un morceau punk peut largement dépasser les 2'30 sans lasser, et le groupe en termine là, nous laissant heureux et satisfaits, tout simplement. On abandonne les lieux sans attendre la suite, avec toujours le même alibi du lever du lendemain matin, avec en ligne de mire la perspective de revoir rapidement le groupe, pas le 21 novembre (les Breeders seront au menu) mais le 16 décembre, puisque P&B sera au CICP (et donc à Konstroy) pour l'occasion.

 

Set-list :

  1. france 2016
  2. secret
  3. journal
  4. stérile
  5. allongé
  6. destinée
  7. geoffroy
  8. hygiène
  9. demi-golf
  10. bon à rien
  11. guitar-hero
  12. femme
  13. à nu

La suite, c'est ce samedi soir, avec Killing Joke qui nous rend visite au Cabaret Sauvage.