Date : jeudi 8 novembre 2018

 

C'est jeudi, et il n'y a pas grand monde lorsque j'arrive devant la Boule Noire, mais comme il ne pleut pas, on ne s'en plaint pas trop. Comme en plus je réussis à revendre en 2 minutes une place qui m'est restée inopinément sur les bras, tout va bien, et on est donc bien en confiance lorsque les portes s'ouvrent et qu'on entre dans la salle, bien en avance avant que les concerts ne commencent (20h10 alors que certains annonçaient 19h30...).

 

C'est un groupe dont je connais le nom depuis des années, mais que j'avais oublié l'avoir vu deux fois sur scène en ouverture des UCMFM (et dont je pensais au passage qu'il n'existait plus) qui se présente sur scène : le Dead Pop Club ne semble pas avoir beaucoup changé en une petite dizaine d'années, on retrouve le power-pop punk mélodique que le groupe maîtrise plutôt bien, avec des morceaux rapides, plutôt court, un chant plutôt bien placé, et... un relatif manque d'intérêt de ma part ! En effet, même si les titres se laissent bien écouter, j'ai un profond sentiment de redite sur les quatre ou cinq premiers morceaux, mais je dois admettre que je suis à contre-courant du public nombreux (le concert est annoncé sold-out, même si cela ne se ressent pas forcément). Pendant 35 minutes, le quatuor nous propose ses chansons en anglais, en évitant le plus possible de perdre du temps, même si quelques jeux de mots reviendront régulièrement, et on verra, une fois le set terminé, de nombreux spectateurs se précipiter au merch' - il faut également préciser que le chanteur-guitariste a indiqué que tous le CD du groupe sont à 5 €...

 

On se console rapidement de cette semi-déception, puisque c'est surtout (uniquement ?) pour la tête d'affiche qu'on est là ce soir, ce LANE ayant créé le buzz dès que les premières infos ont fuité. En effet, Love And Noise Experiment (abrégé donc en LANE) est composé de deux Sourice ex-Thugs, de deux Belin ex-Daria, et d'un "fils de" Sourice, pour une formule à cinq composée d'un batteur, d'un bassiste et de trois guitaristes, Eric conservant le rôle de chanteur qu'il assumait déjà chez les Thugs. Le quintet angevin a sorti un EP quatre titres, 'teaching not to pray', qui se laisse sacrément bien écouter, et sur scène il ne faut pas longtemps avant de comprendre que la partie Thugs l'emporte sur la partie Daria, et qu'on retrouve, évidemment au niveau de la voix, mais également au niveau musical, le son d'un groupe qui aura marqué son époque - y compris lors du fugace retour de 2008. Sur les quatre ou cinq premiers titres, on pourrait se demander s'il ne s'agit pas de vieux titres remis au goût du jour, tant on retrouve le son, l'énergie, et le savoir-faire des Thugs, et comme le groupe ne joue que ses propres compositions (au grand dam de certains qui attendaient quelques résurgences thugsiennes), et que seuls quatre titres sont parus jusqu'à présent, le public est extrêmement attentif, tout en appréciant à sa juste valeur ce qui lui est proposé. Évidemment, il n'y a guère de bavardages sur scène, le groupe fait son possible pour enchaîner les titres, et au bout d'un moment on remarque qu'on s'éloigne parfois de la tutelle thugsienne, là on se rapproche de sonorités presque psychédéliques, ici on ralentit le tempo pour être presque pop, bref on a une démonstration en live de la volonté affirmée de se présenter comme un groupe neuf et non comme une entité factice se contentant de recycler des façons de faire efficaces mais connues. À preuve, faute d'avoir jusqu'à présent composé suffisamment de morceaux pour tenir longtemps sur scène, le groupe nous offre un set de 40 minutes, avant de revenir pour un petit rappel (deux titres), le morceau final étant un appropriation brillante du requiem de Killing Joke, que pas mal de spectateurs ne reconnaîtront que tardivement, voire pas du tout, preuve qu'on s'est ici largement éloigné du morceau original. On en finit donc ainsi, après 50 minutes (seulement, diront certains) denses, intenses, et surtout annonciatrices de sacrés lendemains, puisque le groupe sortira son premier album en février avant de repartir sur les routes - il sera de nouveau à Paris en avril, à la Maro, et il serait sacrément étonnant que je n'en soie pas !

 

La suite, c'est totalement différent, puisque je vais à peu près tous les 5 ans à Bercy, et ce sera donc demain vendredi avec Thiéfaine.