Date : mercredi 12 février 2020

 

Pour être franc, je n'avais pas vraiment envisagé de venir au Petit Bain en ce mercredi soir, mais comme un billet m'est tombé entre les mains, le risque est limité, et on va donc tester cette soirée du festival How to love...

 

C'est un homme seul derrière ses machines qui entame la soirée, alors que la salle est encore loin d'être remplie : Tout Est Beau est un "Homme orchestre Hi-Fi, krautrock/techno Lo-Fi-faite-maison", ce qui dans mon langage de profane se traduit par un mélange de techno et d'électro, d'un intérêt tout relatif, avec en sus des machines une utilisation physique de cymbales, ce qui doit sans doute permettre d'éviter un abonnement à une salle de sport. Le micro est caché dans un masque de type cycliste, et le "chant" s'en tient la plupart du temps à certaines interjections/onomatopées qui peuvent de loin en loin évoquer Sigue Sigue Sputnik. Tout cela dure 47 minutes, rappel compris, et je commence à douter du succès (pour mes oreilles) de cette soirée...

 

La salle s'est désormais bien remplie, le public est très féminin, pour une fois, et c'est maintenant un duo qui est sur scène : si Nova Materia s'appuie également sur pas mal de machines, le Chilien et la Française évitent la plupart du temps la techno pour proposer une électro qui s'appuie également sur de vraies percussions, à l'aide d'objets divers aux sonorités donc surprenantes. Ajoutez à cela un petit côté cold dans le chant, et vous comprendrez que cela s'avère plutôt frais, l’inventivité des musiciens aidant à apprécier ce qui pourrait n'être qu'un groupe de plus. Sur l'avant-dernier titre, une chanteuse supplémentaire (on subodore qu'elle est membre du troisième groupe  à venir sur la scène) vient ajouter sa voix aux sonorités du duo, et si on doit regretter quelque chose de cette prestation, c'est le dernier morceau, qui lorgne bien plus vers la techno, et qui pour le coup n'offre plus un intérêt que très limité. Mais sur l'ensemble de ces 55 minutes, on doit avouer en avoir goûté les trois quarts, ce qui, pour une découverte dans un genre qui habituellement ne me touche guère, est une réussite plus qu’honorable.

 

C'est le troisième groupe qui m'a incité à accepter le billet proposé, puisque j'avais plutôt bien aimé la prestation de Tristesse Contemporaine en 2012 au Bataclan, en ouverture de The Fall. Ce soir, le trio claviers/guitare/chant s'est transformé en quatuor, avec l'adjonction d'un batteur, mais je vais très vite me rendre compte que ce qui s'appuyait beaucoup sur des guitares soit agressives soit proches du Cure de "seventeen seconds" a évolué (en huit ans, cela peut se comprendre), et ce sont bien les sonorités électroniques en provenance des claviers qui ont la part belle, ce qui correspond moins à mon goût. De manière plus générale, ce qui pouvait s'apparenter à un genre de dark/cold-wave s'est plus largement tourné vers des choses plus dansantes, dans des styles assez variés d'ailleurs (le trip-hop n'est plus majoritaire, par exemple). Le chanteur nous explique avec pas mal d’émotion que ce soir, c'est le dixième anniversaire, quasi jour pour jour, du premier concert du groupe au Pop In, et je dois avouer que c'est peut-être ce qui m'émeut le plus du set... Étonnamment, les spectateurs sont plutôt réservés dans leurs applaudissements, alors qu'on les sent captivés par la musique du groupe, mais les musiciens n'en ont cure, ils font défiler leur set-list, refusant de céder aux demandes en provenance de la fosse, et pendant une petite heure, rappel compris, nous proposent leurs titres, dont je ne suis pas capable de vous dire si certains sont destinés à paraître incessamment sur le nouvel album du groupe. Ce n'est pas que je déteste ce qui nous est offert, c'est simplement que cela ne me touche pas, alors en fin de concert on repart tranquillement, cette tentative ne nous aura pas coûté cher, et cela aura au moins permis de remettre à l'heure certaines pendules...

 

La suite, ce sera au pire le 24 au Trianon avec Sleater-Kinney, mais d'ici là il y a pas mal de choses à envisager, à commencer par Argent Ardent ce samedi au Zorba.