Date : samedi 15 février 2020

 

C'est samedi soir, direction le Zorba, cela faisait longtemps (presque un an) que je n'avais pas mis les pieds dans le café à cave aménagée de Belleville, et s'il n'y a pas encore grand monde sur les coups de 21h, heure annoncée de début des concerts, c'est que les spectateurs potentiels et sans doute habitués ne se pointeront que vers 22h...

 

Le premier groupe à investir la scène n'était pas vraiment prévu, c'est un duo australien qui s'ajoute aux deux groupes à l'affiche, et si TM n'a que quelques mois d'existence, il semble que le guitariste et le batteur sachent où ils veulent nous emmener. En revanche, pour le spectateur lambda, c'est un peu moins évident, puisque le "jazz expé" annoncé est effectivement très expérimental, mais qu'on a du mal à y entendre le moindre aspect jazz. Globalement, l'espace de 20 minutes (et deux morceaux), on a le sentiment que chacun des deux musiciens joue indépendamment de l'autre, le batteur jouant plutôt tranquillement tandis que son comparse triture sa guitare de manière à sonner le plus strident possible, le résultat frise la douleur, et cela n'étonnera pas grand monde de constater que la fosse est quasiment vide (on se retrouve à deux, l'autre spectatrice étant visiblement une amie du batteur. Bref, c'était pour le moins surprenant, mais comme ça n'a pas trop duré on passera l'éponge pour cette fois...

 

Par la suite, c'est un quatuor plus classique (chant-guitare-basse-batterie) qui grimpe sur scène : Better Than You joue du punk, dans une version plutôt '77, et est composé depuis une petite année de jeunes et d'acteurs plus expérimentés de la scène parisienne. Pour l'instant, le groupe joue bien plus de reprises que de compositions originales, mais rien qu'en en citant quelques unes (cop cars des Boys, where's captain kirk de Spizz Energi, Chron Gen...), on sent que l'inspiration est loin d'être monolithique, et si le groupe n'est pas épargné par les petits soucis techniques (la pédale de réverb' dans la voix qui déclare forfait avant le set, les retours qui lâchent en fin de set...), cela n'empêche pas d'y aller franchement, et comme les musiciens ne sont pas manchots, ils offrent un bel écrin à la voix de Lola, qui sait elle aussi y faire, avec une belle maîtrise qui lui permet également de ne pas chercher à dépasser des limites qu'elle connaît. Enfin, comme cette grosse demi-heure est extrêmement bien sonorisée, on profite à plein de chaque instant du concert, et on se dit que ce groupe sera à suivre dès lors qu'il aura un peu travaillé sur ses propres compositions. Dans tous les cas, une belle découverte ce soir !

 

La tête d'affiche de la soirée, c'est un groupe assez récent également, mais composé de musiciens très expérimentés de la scène punk : Argent Ardent a déjà sorti un album, et a rameuté ce soir un public très jeune (on devine des connexions amicales ou familiales - je suis peut-être le seul dans la salle bondée à ne pas connaître l'un des musiciens !), très excité, ce qui créera une ambiance pour le moins étrange, un poil artificielle (cette succession de cris "Grégoire !", comme les "Patrick !" il y a quelques années...), qui à vrai dire me dérangera un brin. Autre surprise : le son est globalement compliqué, la basse est trop mise en avant, la guitare trop en retrait, et on n'entend que parcimonieusement la voix du chanteur, qui en fait des tonnes pourtant, et si le son de l'album évoque un retour au premier plan de Métal Urbain (version initiale) et plus généralement la première vague du punk français, ce soir on penserait plutôt à Bijou (référence honorable au demeurant), mais avec un son assez linéaire, les titres ne se démarquant guère les uns des autres. Vous comprendrez donc qu'au bout de cette petite cinquantaine de minutes, rappel compris, je reste un peu sur ma faim, il me faudrait sans doute d'autres conditions de concert (son et spectateurs) pour apprécier un groupe qui a le bon goût d'intituler ses morceaux je ne suis pas ton chien ou j'aime les gens...

 

La suite, ce sera sans doute cette semaine, avec Computerstaat à l'International mercredi et/ou Le Chemin de la Honte jeudi au Quai de Bourbon (lieu que je ne connais pas encore).