Date : mercredi 5 février 2020

 

Cela fait déjà plusieurs jours que la Boule Noire annonce complet pour le concert de ce mercredi soir, cela n'empêche pas certains retardataires de se pointer devant la salle à l'heure d'ouverture, en espérant dégotter le précieux sésame, et cette quête s'avèrera positive pour certains, mais on peut supposer que d'autres seront restés sur le carreau : parfois, il faut anticiper l'achat de billets...

 

On avait grandement apprécié la performance du quatuor rouennais Kumusta au Gibus il y a quelques semaines, ce soir après une arrivée sur l'air de ghost town (the Specials, ces jeunes gens ont du style), le groupe nous propose son punk basé sur son 4 titres, augmenté de quelques titres supplémentaires, dont un i'm proud to be poor qui résonne étonnamment bien avec le je hais les fils de riches d'autres rouennais plus anciens, les Olivensteins. Si la référence Idles apparaît dans beaucoup de bouches, je persiste à entendre pas mal de Protomartyr dans ce qui nous est offert, d'autres encore y ouïssent du Hüsker Dü, dans tous les cas, punk ou hardcore, les références sont excellentes, et comme le groupe ne perd guère de temps (son set atteindra ce soir à peine les 24 minutes); y compris lorsque le bassiste doit changer d'instrument en cours de morceau, on n'a pas non plus la possibilité de s'ennuyer, la seule trace de manquement au bon goût tenant sans doute au t-shirt des Smiths arboré par le batteur... Allez, la prochaine fois on espère bien franchir la barre de la demi-heure, et on en profitera pour les inviter à Konstroy, ils doivent avoir pas mal de choses à dire.

 

Le quatuor qui suit, ami des précédents musiciens et rouennais comme eux, est lui passé il y a dix jours dans le studio de Konstroy, et on attend avec impatience de revoir sur scène We Hate You Please Die, qui nous avait autant estomaqués à l'International qu'à la Maroquinerie. Visiblement touchés par le fait d'avoir rempli la Boule Noire, Raphaël (chanteur-guitariste) et ses comparses (guitare, basse, batterie) vont faire en sorte de remercier tout un chacun, avec un set basé sur le premier album du groupe (dont tous les titres seront interprétés ce soir) et sur le single paru pour Noël 2019, mais qui inclut également une demi-douzaine de nouveautés, dont on donnera des titres plus ou moins officialisés. Le public est un mélange de jeunes et de spectateurs plus aguerris, on devine que ces derniers ont découvert le groupe à Rock en Seine tandis que le bouche à oreille (ou son équivalent moderne, les réseaux sociaux) a fonctionné à plein pour les premiers, et on jurerait même que des Normands se sont glissés dans la salle, de là à savoir s'ils ont fait le trajet exprès ou s'ils sont en exil habituel sur Paris... Au programme de cette grosse heure de set, du punk, du garage, inspiré entre autres par Ty Segall selon les musiciens, qui ne connaissent pas ou peu les 80's Matchbox B-Line Disaster, alors que ceux qui savent ne peuvent que trouver un lien évident avec les regrettés brittons, et si par moments on frôle la pop improbable (minimal function rappelle par exemple, dans sa première partie, les Plastiscines, par les voix féminines mais également par le son général, avant de retrouver la teneur énervée que l'on retrouve dans les autres titres), c'est bien plus souvent rentre-dedans, nerveux, et l'attitude du chanteur tranche avec la placidité des trois autres musiciens : il est en permanence en bord de scène, voire dans (ou sur) la fosse, a des expressions faciales impressionnantes, et joue avec sa voix sur des registres très variés. Si la première partie du set est exclusivement composée de morceaux connus, on va ensuite découvrir des titres que l'on maîtrise bien moins, tels ce vanishing cops dédié aux flics ou le tout nouveau tout chaud (et tout beau) luggages, preuve que cette date a une consonance particulière pour le groupe. Bien sûr, l'un des sommets de la soirée est ce melancholic rain qui fait figure de tube en puissance, mais il n'y a guère de respirations entre les déflagrations sonores qui se succèdent, et on constate autour de nous que la satisfaction est unanime, y compris chez ceux qui se plaignaient d'un son un peu limité sur le premier morceau... Au bout du set, le morceau de bravoure habituel, l'éponyme we hate you please die, vient conclure en beauté une performance encore une fois parfaite, et ceux qui étaient absents ont de la chance : dans deux mois, ils pourront se rattraper en aller voir le groupe à la mini Jimi, à Ivry, autant dire que pour le coup, vous ne pourrez pas prétendre ne pas avoir été prévenus !

 

Set-list :

  1. true men don't drink milk
  2. rita baston
  3. structure
  4. got the manchu
  5. kill your buddy (berserker)
  6. minimal function
  7. hortense
  8. good company (?)
  9. vanishing cops
  10. barney
  11. figure it out
  12. luggages
  13. terminal (?)
  14. melancholic rain
  15. coca collapse
  16. dsm6
  17. support your local liars
  18. we hate you please die

 

La suite, ce sera sans doute samedi, avec un hommage à Rowland s. Howard à la Maroquinerie.