Date : vendredi 2 février 2018

 

Après un voyage finalement bien plus tranquille que prévu (pas de retard de train, pas d'inondations), c'est à Rouen qu'on se retrouve en ce vendredi soir, avec quelques têtes connues croisées plus habituellement sur Paris, preuve que je ne suis pas le seul à avoir choisi de me transporter pour assister à une belle rencontre entre deux groupes incontournables de la scène française... Bon, il ne fait pas chaud, et les portes n'ouvrent qu'à 19h45, on attend donc trois bons quarts d'heure devant le 106, un faux ancien hangar en bord de Seine, à l'abri des crues, qui propose une belle offre de pressions différentes, c'est à noter.

 

L'horaire a été annoncé tôt dans la semaine, et il est tenu : il est pile 20h30 lorsque les Olivensteins arrivent sur scène, devant une assistance qui va rapidement emplir la salle (on n'est pas complet, mais on s'en rapproche), mais bien moins juvénile qu'elle ne l'était au Petit Bain, et cela se ressentira tout au long de la soirée, mais n'anticipons pas trop... Le quintet va nous proposer une set-list quasi-équivalente à celle d'il y a quinze jours, en commençant par les catalogues, pendant quelques instants on a une petite angoisse tant le son semble maigrelet, mais cela ne dure guère, et le groupe va profiter à plein du matériel associé à la grande scène. Au 106, il y a deux salles, une petite de 300 places, et la grande où se situe le concert de ce soir, un grand cube d'environ 1000 places, assez semblable à ce que peut être la Gaîté Lyrique par exemple, en moins bobo bien sûr ! Le groupe est au top, Gilles est particulièrement en forme (à vrai dire, je ne l'ai jamais vu inactif en concert), le son est très bon, tout est réuni pour faire réagir les spectateurs, mais la réputation de froideur du public rouennais se confirme ce soir, que ce soit sur les titres de l'album (dont la plupart ont pourtant été éprouvés sur scène depuis 5 ans) que l'on peut imaginer encore relativement inconnus à certains, ou sur les hymnes du groupe : je suis fier de ne rien faire ne crée pas de mouvement de foule, on sent juste un contentement dans la fosse, mais toujours pas de pogo grandiose, on ne sait pas ce que les musiciens vont pouvoir faire pour agiter tout cela... On est à Rouen, il est donc normal que Gilles évoque avec une émotion palpable la mémoire de Mimi, l'ancien batteur des Dogs, décédé il y a une petite quinzaine et à qui est dédié maudit temps de chien, il faut ensuite enchaîner avec la version qui continue de me surprendre de grand chef, on voit que Didier et Jérôme (basse et batterie) sont très concentrés mais bien costauds, que France au clavier bénéficie de temps à autres de hausses de sons un poil étonnantes, et que Vincent, très calme d'apparence, se permet ses habituelles prouesses guitaristiques, mais les réactions du public restent limitées. Ce calme permanent explique peut-être que Gilles présente c trop fort en évoquant la récente venue à Rouen de Michel Leeb (entre private joke et provocation subtile), dans tous les cas aucun musicien ne se retient, chacun est à fond, et on sent que si la barrière séparant la scène du public n'était présente, Gilles n'hésiterait pas à venir chanter et jouer des maracas dans la fosse... On a connu Gilles plus loquace, il s'offre tout de même une petite réflexion sur la répartition des richesses en guise de présentation de je hais les fils de riches, titre enchaîné à la toujours aussi monumentale interprétation d'euthanasie, qui ne suscite elle non plus nul tsunami dans la salle. Le groupe quitte la scène après 55 minutes très carrées, superbes à l'écoute, mais qui demandent un petit complément !

Pour satisfaire les aficionados (dont certains sont venus de loin, encore plus que moi), le rappel est copieux, de la nuit tragique à le vampire, en passant par je suis négatif, on omet tout de même malheureusement patrick henry..., mais ces 65 minutes auront été une confirmation de la puissance de feu du quintet, et on espère que les prochains concerts du groupe offriront une ambiance plus chaude !

 

Set-list :

  1. les catalogues
  2. plaire
  3. né pour dormir
  4. pourquoi penser à moi
  5. tueur à gages
  6. le rapace
  7. inavalable
  8. fier de ne rien faire
  9. maudit temps de chien
  10. grand chef
  11. c trop fort
  12. au-delà de là
  13. le spécialiste
  14. je hais les fils de riches
  15. euthanasie
  16. Rappel : la nuit tragique
  17. je suis négatif
  18. le vampire

 

On suppose que si la salle n'est pas loin d'être remplie, c'est bien grâce aux Wampas, d'ailleurs la densité est plus importante dans la salle lorsque les lumières s'éteignent et que la grandiloquente musique d’introduction emplit les enceintes, et il y a une certaine agitation lorsque le groupe arrive sur scène, entamant son set de manière habituelle avec les ravers de spezet. Didier a immédiatement empoigné une guitare, mais il ne faudra pas longtemps avant qu'un certain nombre de petits ennuis lui surviennent, il devra parfois s'en passer au fil du set, parfois le son qui surgira des baffles semblera totalement indépendant de ce qu'il joue, bref c'est une petite soirée pas facile à ce niveau ! Même si la set-list du groupe est assez semblable à celle des derniers mois, on sait que le principal intérêt des concerts tient en la communion entre Didier (et ses musiciens) et le public, mais comme pour les Olivensteins, on restera un peu sur notre faim, même si certains chœurs dans la salle (c'est l'amour, rimini) feront illusion. La salle reste sage, alors que la musique du quintet (deux guitares, basse, batterie en sus de Didier) reste explosive, fun, énergique, y compris lorsqu'elle flirte avec des sonorités fausses (il n'y a pas forcément que le chanteur - suppléé à l'occasion par Effello - qui soit concerné par cette assertion). Ce relatif manque de retour peut expliquer que Didier connaisse un petit trou de mémoire sur l'éternel, cela ne l'empêche pas d'aller se balader dans ou sur (en slammant, porté sur les genoux, porté sur une chaise...) la salle, les fans les plus irréductibles (on en connaît qui ont fait plus d'une heure en mini-bus, conviant enfants, conjoints et amis à la fête) se chargeant d'assurer la sécurité du chanteur dans ces déplacements improbables. Paradoxalement, c'est peut-être cette fragilisation du groupe, peu habitué à tant de froideur, qui ajoute de l'intérêt à ce concert, car les musiciens et leur leader sont obligés de tenter d'en faire encore plus pour circonvenir les plus statiques, les difficultés commençant même avec les plus jeunes : à l'habitude, Didier convie un enfant sur scène avec ce soir c'est noël, ce ne sera pas Marius qui connaît toutes les paroles mais un (très) jeune venu de Sotteville qui n'offre pas forcément les réponses attendues (il ne veut pas de cadeau, n'en a pas eu à Noël, et il faut beaucoup de persuasion pour réussir à lui faire presque crier "c'est noël"...). Mais tout cela n'empêche pas les musiciens de faire très sérieusement le job, y compris après le concert puisqu'on retrouvera, en l'absence de merch pour le groupe, un Didier encore tout chaud et suant, qui se pliera de bonne grâce aux innombrables demandes de selfies des spectateurs... Le groupe termine son set, après 70 minutes déroutantes, et la fanbase réussit assez bien à emmener le reste des spectateurs dans ses cris et chants pour faire revenir le groupe sur scène.

Celui-ci est donc assez rapidement de retour, avec l'hyper rentre-dedans i need the rock'n'roll pour montrer qu'on n'est tout de même pas là pour (trop) rigoler, et si les videurs semblent très motivés pour empêcher les potentiels danseurs de venir faire un tour sur la scène, ils doivent laisser celle-ci se remplir d'un maximum de femmes pour le diptyque où sont les femmes / petite fille, Didier s'offrant l'opportunité d'un mini-slam fantasmatique, avant que l'heure et demie se termine sur , et un Didier qui tentera en vain d'achever son escalade en fond de salle et finira donc au milieu du public, harassé (je parle du  chanteur) mais avec le sentiment d'avoir donné son maximum.

Ce n'était donc pas le concert du siècle, en tout cas au niveau de l'ambiance, mais comme musicalement les deux groupes ont vraiment assuré, et que cela m'a permis de découvrir un nouveau lieu, je ne regrette pas d'avoir quitté l’Île de France pour un soir ! On retentera le mini-exil dans une semaine en venant à Beauvais voir Charles de Goal et Jessica 93, mais on aura le temps d'en reparler...

 

Set-list :

  1. les ravers de spezet
  2. electrodoowop
  3. c'est l'amour
  4. patricia
  5. rimini
  6. l'éternel
  7. yeah yeah
  8. belle maman
  9. rising
  10. casteljaloux
  11. comme un punk en hiver
  12. punk ouvrier
  13. l'aquarium tactile
  14. les bottes rouges
  15. castorama
  16. même les plus grands ont des moments de faiblesse
  17. les wampas sont la preuve que dieu existe
  18. ce soir c'est noël
  19. for the rock
  20. Rappel : i need the rock'n'roll
  21. manu chao
  22. je voudrais
  23. où sont les femmes / petite fille

 

La suite, c'est (encore) une sacrée affiche au Trabendo en ce samedi soir : Frustration accueille Crisis, autant dire qu'il va y avoir de l'émotion dans l'air...