Date : samedi 9 décembre 2017

 

C'est samedi soir, c'est Gonzaï Night à la Maroquinerie, mais pour ce troisième soir de concert d'affilée on prend son temps, même si les horaires annoncés diffèrent on sait que l'essentiel ne commencera pas avant 20h45, alors on se pointe sur les coups de 20h30, après avoir testé et apprécié la BAP en guise d'apéro...

 

En arrivant à l'entrée de la salle, on constate que les spectateurs sont en train de sortir de celle-ci, ce qui signifie qu'on a manqué la prestation des Biélorusses de Super Besse (a priori, pas de lien avec Action Directe), selon différentes sources c'était bien, tant pis, on les reverra à l'occasion...

On s'en remet d'autant plus vite que c'est pour Charles de Goal qu'on est là, et qu'on sait le groupe suffisamment rare sur scène pour ne pas rater une occasion d'assister à ses prestations. Dès frédéric, le ton est donné : un titre pour le moins ancien, la set-list ne va pas être composée que de titres nés depuis la reformation de 2006, et on comprendra au fil des titres que c'est quasiment à un ordre chronologique que nous allons être conviés. Mais dès frédéric, le constat d'une évolution nette des morceaux est aussi évident, rien que l'intro peut induire en erreur le plus fanatique des aficionados, et le public (qui a compris qu'il ne fallait pas s'éterniser à l'extérieur) redescend vite fait pour remplir la salle et la fosse, il ne s'agit pas d'en rater une miette ! La série préhistorique est d'ailleurs bien fournie, puisque se succèderont radio on, modem et ambiance répétitive (avec un temps compté, il y a dû y avoir des choix compliqués à effectuer), tous reboostés et l'objet de nets rafraîchissements, tant au niveau de la section rythmique (Vinz et Dimi en osmose totale avec Patrick et Thierry) qu'au niveau des guitares et des parties de clavier, sur lesquelles on sent également que Thierry profite largement d'un genre de carte blanche. Les spectateurs, parfois venus de très loin (on ne parle pas de banlieue parisienne, mais d'Allemagne, par exemple), sont aux anges, bien sûr, et si certains chœurs surprennent un brin (la version simili-Bee Gees de "répétitive" de Dimi...), ils ne font que renforcer cette idée de groupe uni, très à l'aise, on verra d'ailleurs plusieurs fois les musiciens éclater de rire, tandis que les sourires seront présents en quasi-permanence. Patrick se permet une légère blague ("on est contents que vous ayez fait un détour jusqu'ici"), avant de reprendre les choses sérieuses avec des titres plus récents, à commencer par zigzag, le dernier 45T en date, qui agite la foule bien comme il faut. Deux titres de "restructuration" viennent remettre de l'ordre, un passion/éternité qui rappelle que cet album de 2008 reste largement efficace, et un hais-toi! toujours davantage d'actualité au fil des mois, les percutants chœurs en "fatherfucker" étant repris avec joie par le public.

On finit le set avec 4 morceaux issus du dernier et excellent (double) album "mobilisation + résistance", parmi les titres les plus percutants on retrouve 7x, bien sûr, emblématique de la volonté de continuer à en découdre sur les scènes - voire ailleurs -, peut-être surpassé par un à feu et à sang ô combien concret et contemporain. Visuellement, plus qu'acoustiquement, la présence d'une scie au-dessus de la batterie de Dimi avait surpris dès le début du set, mais on avait encore assez peu détecté son apport sur les morceaux, mais c'est sur le superbe larmes à gauche et surtout sur blackpool, idéal pour faire remuer le plus réfractaire des spectateurs statiques, qu'on entend l'intérêt de cette scie utilisée de manière percussive : un son totalement inédit, qui tranche nettement avec le reste de la batterie, autant dire que Dimi peut être fier de cette idée, qui complète les inventions de Thierry sur son clavier, cet ultime morceau (le timing serré, gnagnagna...) aura permis de se mettre en valeur dans la fosse une dernière fois, puisqu'il n'est pas question de dépasser les trois quarts d'heure (allez, on ira jusqu'à 47 minutes, mais sans rappel !) de pur bonheur que nous aura offert le groupe. Parce qu'il faut le dire, on ne comprend toujours pas comment la publicité de la soirée a pu se faire sur le (re)nom de Charles de Goal, alors qu'il n'ont pas bénéficié de la tête d'affiche... Ce set puissant, quasi-parfait, nous aura également donné à réfléchir : et si, en février, on poussait jusqu'à Beauvais pour revoir CDG (avec Jessica 93), histoire d'avoir droit à un set d'une durée plus appréciable ?

 

Set-list :

  1. frédéric
  2. radio on
  3. modem
  4. ambiance répétitive
  5. zigzag
  6. passion/éternité
  7. hais-toi!
  8. 7x
  9. à feu et à sang
  10. larmes à gauche
  11. blackpool

 

Par la suite, on a déjà vu (et peu apprécié) la new-wave grand public de Rendez-Vous, on se contentera donc d'en écouter un titre qui confirme notre non-accroche viscérale, et on pourra s'en retourner chez soi pas trop tard, car la semaine musicale n'est pas encore terminée !

 

Car la suite, c'est dès ce dimanche après-midi : en soutien à RFPP, il y a concert au CICP, avec Diego Pallavas, the Mercenaries et Loolie and the Surfing Rogers.