Date : samedi 21 octobre 2017

 

Bonne nouvelle pour les organisateurs (et sans doute moins pour les retardataires) : l'Espace Icare (le Réacteur, sous son autre appellation) d'Issy-les-Moulineaux affiche complet en ce samedi soir, et si on ne reconnaîtra qu'assez peu d'habitués des concerts parisiens, c'est la double preuve que a) les Parisiens ont décidément du mal à franchir le périphérique et b) les Isséens se bougent lorsqu'ils ont une belle affiche ! Dans tous les cas, il faut être à l'heure, car dès 19h20 les décibels montent, même si la salle n'est pas encore alors totalement bondée.

 

C'est un trio parisien qui est chargé d'entamer les festivités, et le moins qu'on puisse dire est que Union Jack fait plutôt bien le job qui lui est affecté. On avait déjà vu le groupe sur scène, mais il y a bien longtemps (2009 à la Pena, 2012 à la Clef), mais il restait quelque chose dans les souvenirs concernant ce travail vocal partagé entre le guitariste (voix bien posée et plutôt grave) et le bassiste (voix plus criarde, plus speedée, parfois un peu usante), au service d’un punk-rock (chanté en anglais exclusivement) sur lequel on a du mal à retrouver les influences ska qui avaient marqués les prestations précédentes. Là, ce serait plutôt du côté UCMFM qu'il faudrait se tourner, avec de notables et très variées intros qui précèdent des morceaux qui, je dois l'avouer, finissent par se ressembler un poil dans mes oreilles. Alors, comme les fois précédentes, finalement, on estime au bout de ces 40 minutes (le groupe quitte la scène à 20h00 pétantes) que c'est bien fait, bien énergique, mais qu'on est loin d'être certain d'en garder beaucoup de traces dans les jours à venir...

 

Le temps d'aller tester la bière (pas mal, à 5€ la pinte, tarif honnête), et de tenter d'échapper à la musique d'interlude (mais pourquoi nous imposer les immondes Doors dans une soirée punk ??), et c'est un quatuor qui a investi les lieux : Vex chante en français, on s'en rend compte très vite, et il ne me faudra pas non plus très longtemps pour constater que j'ai un peu de mal avec la voix du chanteur, son débit, ses gimmicks - ce qui est dommage car les textes sont intéressants, parfois percutants, et la musique, si elle est moins punk que rock, est elle aussi très carrée. Sur le second titre, Didier Wampas vient faire des "lalalala" en guise de chœurs, avec un je-m’en-foutisme rigolard lié au fait qu'il est visiblement ami du chanteur depuis longtemps, et peu de temps après une section de cuivres arrive sur scène, et y restera jusqu'au bout, de manière à intervenir régulièrement, en mode ska ou non. Globalement le public réagit plutôt bien, y compris sur la reprise de mois de mai (Starshooter), que je trouve pour ma part moins fine que l'original, et si les applaudissements sont nourris au terme de ces 45 minutes (là aussi, c'est précis !), je reste un peu sur mon quant-à-moi, n'adhérant ni ne rejetant totalement ce qui nous aura été proposé.

 

C'est sur de la musique africaine que s'éteignent les lumières, et que Didier et ses acolytes arrivent sur scène, peu après 21h20 : les Wampas sont accueillis avec une ferveur non dissimulée par un public désormais au complet, bien dense, et qui comporte une bonne part de jeunes, voire très jeunes - mais on en reparlera plus tard. Le groupe est en tournée dans la foulée de la sortie de son dernier album, dont on aura droit à huit titres, mais cela ne signifie évidemment pas que le reste de la discographie sera abandonné. Le set démarre d'ailleurs avec les ravers de spezet, titre de l'avant-dernier album, et si on sent que la balance n'est pas encore parfaite, on se dit que cela va s'améliorer au fil des minutes. Cet espoir ne sera malheureusement qu'à moitié récompensé, la faiblesse initiale (niveau sonore, ampleur acoustique) disparaissant petit à petit, sans pour autant atteindre un niveau exceptionnel, mais cela ne fera (doucement) râler que quelques grincheux, tant le spectacle dans sa globalité sait passer au-dessus de ces contingences techniques spécifiques. Car très vite Didier montre qu'il est, comme toujours, là pour se donner à fond, à l'instar de ses deux guitaristes, la section rythmique restant en retrait sans démériter - mais la partie visuelle est plutôt l'apanage de leurs trois compères. Dès rimini, on ressent que la salle entière saute sur place, ce morceau est devenu central dans la set-list du groupe, et c'est avec étonnement qu'on se fait la réflexion d'un léger manque sur l'éternel : l'intro d'Effello ne cherche pas à rivaliser avec ce qu'en faisait Phil, mais la précédente était plus rentre-dedans - et on y est encore habitués, tout simplement ! Didier multiplie les aller-retour dans voire sur la fosse, slammant avec ou sans sa guitare, n'hésitant pas à réagir aux remarques en provenance de la salle ; ainsi, il n'hésitera pas à modifier la set-list en cours de concert, afin de jouer castorama alors que le morceau prévu était les wampas sont la preuve que dieu existe... Le mélange des titres anciens et nouveaux se fait sans hiatus, seules quelques paroles sont éventuellement moins connues, pour le reste la réaction du public est la même, le public (masculin ou féminin) n'hésite pas à passer par la scène pour slammer, sans jamais gêner les musiciens : la connivence entre le groupe et ses fans est évidente et totale ! Si l'on en cherche une preuve, c'est que Didier sait qu'il peut compter sur son public pour le porter sur une chaise (même si cela lui a coûté cher par le passé), l'idée est bel et bien de faire autant plaisir que de se faire plaisir, et il n'est pas rare de voir de grands sourires sur les visages des musiciens, qui même après tant d'années continuent à s'extasier en voyant des donzelles se jeter dans la fosse avec une fougue que n'auraient pas reniée les slammeurs mâles les plus expérimentés. Ce soir, le groupe fait monter sur scène tous les enfants (de 5 à 15 ans, à vue de nez), et ceux-ci y demeurent tout au long de ce soir c'est noël, et cela fait plaisir à voir, car ce moment unique leur sera intégralement offert, puisque aucun adulte ne cherchera à monter sur scène avant que la scène ne soit vidée... Sur les coups de 22h30, le groupe se retourne vers les loges, en demandant s'il y a du temps pour un rappel, et devant la réponse affirmative des organisateurs, les musiciens... partent en coulisses !

Cet intermède ne dure que quelques instants, le groupe revient très vite pour un rappel roboratif (6 titres, 20 minutes !), qui permet de passer LE tube (manu chao), que l'on sent au fil des années devenir un moment presque normal du set, mais ce sont plutôt les autres morceaux qui créent l'événement, de l'initial i need the rock'n'roll à the return of the little daewoo, ce dernier étant une nouvelle opportunité de constater que les titres du dernier album, qui semblent un poil sages en version studio, passent aisément le cap de la scène ! Bien sûr, le moment incontournable du set (faire monter le maximum de femmes sur scène, en laissant les hommes dans la fosse) est toujours aussi réussi, la petite introduction juvetienne (où sont les femmes) débouchant très vite sur petite fille, et il ne reste ainsi plus au groupe qu'à conclure avec , ou comment rendre ses lettres de noblesse à la monarchie aux dépens des skinheads grecs... Pour le coup, on sait vite qu'il n'y aura pas de second rappel, la musique africaine d'introduction revient pour renvoyer chacun chez soi, il faut dire que le groupe a quasiment bouclé son heure et demie de prestation, comme à chaque fois on sort de la salle avec une méga banane sur le visage, car il n'y a sans doute aucune chance de s'ennuyer à un concert des Wampas. Le groupe reviendra à la Maro en mars, mais on le reverra sans doute avant, du côté de Rouen en février...

 

Set-list :

  1. les ravers de spezet
  2. electrodoowop
  3. c'est l'amour
  4. patricia
  5. rimini
  6. l'éternel
  7. yeah yeah
  8. belle maman
  9. rising
  10. casteljaloux
  11. comme un punk en hiver
  12. punk ouvrier
  13. 1003
  14. l'aquarium tactile
  15. même les plus grands ont des moments de faiblesse
  16. les bottes rouges
  17. castorama
  18. ce soir c'est noël
  19. comme le dit bob
  20. for the rock
  21. Rappel : i need the rock'n'roll
  22. manu chao
  23. je voudrais
  24. the return of the little daewoo
  25. où sont les femmes / petite fille

 

La suite, ce sera avec les Breeders vendredi prochain à la Gaîté Lyrique, à moins que je réussisse à me motiver pour aller à la Comedia ce mercredi (NKVD et Kalicia Katakov au programme).