Date : mardi 17 octobre 2017

 

La Maroquinerie affiche complet depuis de longues semaines pour ce concert du mardi soir, et aurait pu espérer également une jolie culbute au niveau du bar, malheureusement il y a visiblement une interdiction administrative de vendre de l'alcool, alors ce seront les bars environnants qui bénéficieront du report imprévu des vieux punks qui se seront déplacés jusque là.

 

Il est quasiment 20h10 lorsque les cinq Anglais de Loom arrivent sur la scène, et le premier titre évoquant furieusement les Sex Pistols et la scène punk 77 en général est une franche réussite, mais on va se rendre compte que le déroulé du set correspond à un lent alourdissement du son, accompagné par une cobainisation certaine du chant. Ajoutez à cela les deux guitaristes qui se relaient pour insérer de petits solos sans intérêt, et vous comprendrez que mon intérêt décroisse au fil des minutes, la reprise du seasick des Jesus Lizard ne me remettant pas vraiment dans la droite écoute. Le chanteur en fait beaucoup, voire trop à mon sens, et si une deuxième reprise, celle du bite it you scum de GG Allin, intervient assez rapidement, elle a l'avantage - toujours selon moi - de marquer la fin du set, qui n'aura ainsi pas dépassé les 22 minutes ! Cela a plu à beaucoup, perso je me passerai d'eux la prochaine fois.

 

Le temps de remettre la scène en configuration adaptée (avec des ratés, vu le temps que le batteur mettra a être satisfait de son son et de ses retours), et c'est presque le quatuor historique des Dead Kennedys qui débarque sur un air de Sergio Leone. Presque, car si DH Peligro (batterie), Klaus Flouride (basse) et East Bay Ray (guitare) sont bien des membres quasi originaux d'un des groupes fondateurs du hardcore, le chanteur actuel (Skip McSkipster) n'est évidemment pas Jello Biafra (toujours aussi fâché avec ses ex-collègues), et cela va se ressentir sur l'intégralité du set. En effet, après deux premiers titres sur lesquels on ne sent pas encore une vraie force émaner de la musique, à partir de police truck on retrouve la puissance musicale d'origine, qui sera jusqu'au bout plutôt carrée, mais je bloque sur le chant, ce que Skip tente de compenser par une (sur)activité scénique. Alors cette stratégie peut fonctionner à l'occasion, mais il se trouve que l'interaction avec le public est souvent compliquée, et on assistera plusieurs fois à des moments de grande solitude du chanteur, où l'incompréhension entre les attentes des musiciens et celles du public sera évidente. Cela ne signifie pas non plus que le public est passif, la fosse bouge plutôt bien et les chœurs sont plutôt efficaces, mais certaines réactions, ou plutôt absences de réaction, laissent Skip et ses camarades perplexes. On parlait de chœurs, j'évoquais la relative réussite de ceux en provenance des spectateurs, il ne faut pas les confondre avec ceux de Klaus et DH, qui seront continûment affligeants, même si on peut supposer qu'à l'occasion le groupe fait exprès (à ce point, c'est forcé, non ?), et cela aussi m'empêche de céder à l'enthousiasme. Pourtant, des versions telles que celle de jock-o-rama ou mp3 get off the web sont très excitantes, mais l'ensemble paraît plus ressortir d'un genre de tribute band, très bien exécuté au demeurant, que d'un groupe passionné par l'interprétation de ses propres morceaux. Il faut avouer également que le fait de se limiter à des titres qui ont tous plus de 30 ans, même si on aura noté la nouveauté de certaines paroles (mp3 get off the web plutôt que mtv get off the air), avec un chant pas hyper innovant, ne peuvent créer beaucoup la surprise. Et quand le chanteur cesse ses bavardages (là, il y a une réelle filiation avec Jello !), on peut se laisser retomber en enfance, comme sur ce california über alles qui conclut ces 54 minutes de prestation.

Pas de surprise non plus en constatant que le groupe revient rapidement sur scène, la confirmation d'une set-list inchangée depuis bien longtemps intervient sur ce bleed for me fort bien réussi, et largement plus qu'un viva las vegas qui me laisse sur ma faim, tandis que holiday in cambodia fait le job, et un East Bay Ray en pilotage automatique offre tout de même de belles sensations auditives aux spectateurs très attentifs. Après une nouvelle mini-pause, c'est sur l'unique titre du deuxième rappel que va se clore la soirée, ce chemical warfare incorporant quelques mesures du sweet home alabama (on va supposer que cette reprise des pros de l'atterrissage Lynyrd Skynyrd est une blague, surtout quelques minutes après nazi punks fuck off !) au bout de 75 minutes qui n'auront sans doute remué que les souvenirs émus d'un public globalement assez âgé, mais qui ne donneront pas forcément envie d'en reprendre une louche si les Américains reviennent vers chez nous dans les années à venir. La comparaison est ainsi brutale : si Jello reprend quelques titres des DK pendant ses concerts, il ne s'est jamais reposé sur ses lauriers, et continue à sortir des albums excitants. Bref, on a eu droit à ce pour quoi on a payé, mais guère plus !

 

 

Set-list :

  1. Forward to death
  2. Winnebago warrior
  3. Police truck
  4. Buzzbomb
  5. Let’s lynch the landlord
  6. Jock-o-rama
  7. Kill the poor
  8. Mp3 get off the web
  9. Too drunk to fuck
  10. Moon over marin
  11. Nazi punks fuck off
  12. California über alles
  13. Rappel : Bleed for me
  14. Viva las vegas
  15. Holiday in cambodia
  16. Rappel 2 : Chemical warfare

 

 

La suite, ce sera dès ce jeudi soir, à la Station, où l’on va aller tester Pharmakon. Et samedi, les Wampas à Issy !