Date : mercredi 28 juin 2017

 

L'été est là, sur le calendrier du moins, alors on se contente d'esquiver les averses en se dirigeant vers le Supersonic, où l'on retrouve une affluence légèrement plus conséquente que lors de nos précédentes visites, à croire qu'en ce mercredi soir l'affiche aura réussi à faire sortir les spectateurs de chez eux et venir jusqu'ici, alors que de belles affiches sont également programmées ailleurs (mais il faut avouer que les tarifs de Blondie à l'Olympia frisaient le scandale...).


C'est un trio qui entame la soirée, et à première vue je risque de souffrir, car avec un batteur pour accompagner deux claviers, je me trouve dans ma danger zone personnelle devant Anton Oak ! Bien sûr, il y aura d'autres instruments (guitare, basse, violoncelle ou flûte traversière) qui viendront agrémenter le "Electronica/HipHop/Folk/Soul" annoncé, en plus de petits sons disséminés ça et là, sans forcément savoir d'où ils sortent, d'ailleurs, ni à quoi ils servent non plus, mais l'impression d'ensemble n'évoluera guère au fil des minutes. De manière assez simple, je trouve cela mou, assez insupportablement mou, avec un chant au diapason, et si on ne peut reprocher aux musiciens de ne pas savoir jouer (ils ont tous une technique certaine), le résultat n'en est pas moins dépourvu de la moindre émotion. Sans être spécialiste, j'y vois un genre d'easy-listening électro-soft, et si l'image d'un Sting me traverse l'esprit, ce n'est pas vraiment pour ses rares titres intéressants... Bref, j'attends que cela démarre, qu'il se passe quelque chose, mais lorsque cela arrive, c'est le pompon : le guitariste se mue en guitar-hero, c'en est vraiment trop pour moi, je quitte la salle, profitant du calme de la rue pour éviter de devoir subir la quasi-totalité de l'heure de set. Je sais bien qu'il en faut pour tous les goûts, mais ne me demandez tout de même pas de tels sacrifices !


C'est un autre trio qui se présente maintenant sur scène, en provenance de Bordeaux, pour leur première date à Paris, les Zebra Lova fêtent ce soir la release party de leur album, et on va comprendre très vite à quoi correspond la "Indie Pop Electro" figurant sur leur site. En effet, la scène est remplie de claviers, les deux musiciens arborent le même sweat-shirt à bandes horizontales, tandis que la chanteuse est engoncée (un polichinelle dans le tiroir ?) dans une robe plus colorée, mais ce sont les volontés d'harmonies vocales qui marquent les morceaux du groupe, et cela n'est pas fait pour me transporter de joie. Bien sûr, une basse fait son apparition assez rapidement, mais elle ne modifie guère la sensation d'un genre d'électro un peu datée, par exemple sur certains morceaux c'est cube_like_people qui me vient à l'esprit, dans un mode bien plus électro et bien moins intéressant bien sûr, mais à d'autres moments c'est Kirlian Camera qui sera évoqué (la voix féminine, sans doute) ou même un petit air de Bat For Lashes sur le dernier titre. Vous l'aurez compris, je ne suis toujours pas en transe, loin de là même, mais pour le coup je reste jusqu'au bout, cela n'est pas insupportable, juste daté et correspondant à des influences qui ne sont que rarement les miennes. Mais on se rassure, en se disant que plus le temps passe (une cinquantaine de minutes pour cette prestation), plus les bonnes choses se rapprochent !


Car on n'est pas là ce soir par hasard, l'occasion de renouer avec les Klink Clock, deux ans après, était trop tentante pour se calfeutrer at home. On s’en souvient, le duo "rock" a tendance à tout déménager sur son passage, les envolées de guitare du chanteur se mêlant avec réussite au jeu de batterie (debout) de la chanteuse, et si on constate que la batterie s'est étoffée, permettant de varier les sons percussifs, cela a également donné l'occasion aux morceaux anciens d'évoluer, gagnant en nouveauté ce qu'ils perdent - parfois, et un tout petit peu - en spontanéité, en sachant que le groupe a conservé la (bonne) habitude de faire de fausses fins de morceaux, ce qui permet de réenclencher le turbo alors que les applaudissements fleurissent déjà. Jennie est toujours aussi explosive sur scène, même si elle se contente ce soir de rester derrière ses fûts, c'est Auré qui contournera plusieurs fois la batterie pour venir chanter dans le micro de sa comparse, et le public - qui s'est un poil amoindri au fil des minutes - réagit bien à ce qui change assez radicalement des heures précédentes... Si l'on doit chercher des comparaisons, le grand public n'aura pas à beaucoup réfléchir pour citer les White Stripes, mais ce serait plutôt du côté des chouchous brittons Slaves qu'il y a de belles accointances, et là cette référence est clairement positive ! La set-list est un mélange de nouveaux et d'anciens titres, et il n'y a pas vraiment de moments faibles, les 50 minutes donnent même le sentiment de monter en puissance, et on ne regrette vraiment pas d'avoir dû patienter autant pour assister à ce très jouissif set. Cerise sur la gâteau, lorsque le groupe conclut sa prestation il n'est pas encore minuit, alors on a droit - pour une fois - à un rappel, choisi par des cris ("la 8 !"), c'est donc wish qui nous est reproposé, on ne peut pas dire qu'on s'en plaindra, tant ce morceau peut symboliser tout ce qui est excitant dans la musique du groupe. Au final, on n'est donc pas loin de l'heure de prestation, et si on s'attend à être bien fatigué le lendemain au taf, tant pis, c'était pour la bonne cause, et on est très content d'avoir fait le déplacement !


La suite, ce sera vendredi soir, avec un petit rendez-vous à la Féline pour aller tester les Camera Men.