Date : vendredi 5 octobre 2018

 

La Comedia victime d'une fermeture administrative, c'est en se posant des questions sur les concerts à venir (dès mercredi soir avec René Binamé, mais également pour toute la scène punk ou apparentée qui ne trouve pas de lieux pour jouer dans Paris) qu'on se dirige vers La Clef, lieu de pérégrination de notre vendredi soir, en espérant ne pas avoir de galère de transport pour le retour (c'est déjà arrivé...).

 

Le thème de la soirée est "release party", avec des groupes locaux, et cela se ressent très nettement avec Collatéral, le trio qui grimpe sur scène peu après 21h, puisque la salle (à l'étage, au niveau du bar, et non la grande salle de concert) est largement remplie des familles et des amis des musiciens, on s'attend donc à avoir un public enthousiaste et totalement partial. Les musiciens (batterie, basse, guitare, le dernier assurant le chant tandis que les deux premiers assurent les chœurs) vont nous proposer, trois quarts d'heure durant, un rock chanté intégralement en français, rock que je trouve singulièrement teinté de variété, dans les paroles comme dans la forme. On trouve quelques solos de guitare, et on peut trouver beaucoup de régurgitations sonores de diverses influences, mais l'impression principale est que si le groupe s'était formé dans les 90's, il aurait joué du grunge, dans les 70's il aurait joué du hard, et que là il se trouve à mélanger un peu tout, mais suffisamment proprement pour ne déranger personne. La reprise du initials bb (Gainsbourg) est surprenante, puisqu'elle m'évoque Matmatah (ne me demandez pas pourquoi, je ne saurais l'expliquer), mais plus loin le chant rappé s'apparente à du Rage Against the Machine, ce qui peut peut-être donner des frissons aux Saint-Germanois mais ne fait guère avancer le schmilblick. Tout cela est gentil, mais ne révolutionne rien, et ne m'incitera aucunement à m'intéresser au 3e EP du groupe, et j'en oublie même d'aller tester l'expérience de réalité virtuelle associée aux morceaux - je préfère me préparer à la suite !

 

Car s'il n'est pas exactement question de release party en ce qui concerne Klink Clock, le duo que l'on n'avait pas revu sur scène depuis plus d'un an, on n'en est pas loin, puisque le petit dernier "Accidents" paraît la semaine prochaine, c'est donc de l'avant-première, et pour l'occasion la batteuse et le guitariste ont également travaillé le visuel, puisqu'ils ont l'un comme l'autre un haut noir et un bas noir et blanc, en pantalon pour lui et en short pour elle. L'idée est ici aussi de présenter le nouvel album, et très vite on remarque que si le son général du groupe n'a pas disparu (un mélange de grunge et de rock bien pêchu, la voix du guitariste évoquant Billy Lunn des Subways tout autant que Kurt Cobain, tandis que celle de la batteuse peut se faire presque langoureuse ou bien hyper acide), il s'est sans doute un poil poli, et on retrouve moins l'exubérance de la chanteuse que dans nos souvenirs. Il faut dire également que la (demi)-batterie est installée en avant-scène, et plus de côté comme ce fut longtemps le cas, ce qui ne lui laisse plus guère de possibilité de quitter sa place pour arpenter l'espace libre, quitte à jouer à l'envers : il n'y a plus d'espace devant ladite batterie ! On pinaille un peu, mais on ne se plaint pas vraiment de se qui se passe sur scène, car l'énergie du duo est intacte, on ne se perd jamais en circonlocutions guitaristiques, et si Jennie est bien précise dans son jeu de batterie, ce n'est pas au détriment de son charisme, intact, qui interdit de lâcher la scène des yeux. Je ne garantirai pas que les onze titres de l'album sont joués ce soir, le fait est que sur les deux derniers le duo s'offre un invité de luxe, puisque Boris Jardel (Indochine, entre autres) vient teinter de british blues les morceaux, ce qui semble rendre sacrément fiers les deux musiciens... En guise de final, on a droit à un titre plus ancien (mayhem, peut-être ?), mais on n'ira pas plus loin que les petits trois quarts d'heure prévus, le groupe précisant que "les rappels, c'est pour les vedettes à paillettes", on s’en tiendra donc à cette prestation qui n'aura pas déçu, et on pourra donc attendre avec optimisme la sortie de l'album (la prévente du CD à 21€, c'est un peu too much à mon goût) et les concerts qui ne manqueront pas de venir, en espérant que le duo ne se contentera pas de premières parties (Trust, Indochine) auxquelles on est sûr de ne pas assister...

 

La suite, ce sera dès mardi soir, pour ma première visite Salle Pleyel avec Arthur H, avant de peut-être voir le lendemain les René Binamé (si une salle de substitution est trouvée).