Date : vendredi 16 juin 2017

 

On retrouve ce vendredi soir à peu près la même quantité de spectateurs au Supersonic que mercredi, il faut dire qu'il y a une très grosse affiche à la Station en même temps, et beaucoup n'auront pas effectué le même choix que moi...

 

On a appris juste avant le début des concerts que Besoin Dead devait malheureusement déclarer forfait pour ce soir, cela permettra donc probablement aux deux autres groupes à l'affiche de jouer un peu plus longtemps que prévu, mais cela n'incite pas forcément non plus à accélérer le mouvement, et le début est ainsi repoussé de 20h30 à 21h00.

Le trio qui arrive sur scène effectue aujourd'hui ses débuts sur scène, mais n'est pourtant pas composé de débutants, puisqu'il est basé sur les anciens Tchiki Boum, qui avaient lâché l'affaire il y a une grosse demi-douzaine d'années. Le groupe aurait pu s'appeler Kohl (cela aurait été d'actualité) ou Schröder, mais finalement c'est Brandt qui est sorti du chapeau, et si la musique est présentée comme de la "twang wave", on note très vite que les premiers morceaux ont des bases 80's relativement marquées, on notera des sonorités pouvant évoquer successivement tant the Fall que Wire, le Gun Club voire les Cramps, sans pour autant devoir être estampillés punk ou post-punk, puisque le mélange guitare-basse-batterie (le Korg du guitariste-chanteur est utilisé avec une parcimonie que j'apprécie particulièrement) évite de stagner dans le moindre style plus de quelques mesures, n'hésitant pas à aborder s'il le faut des rythmiques bien plus chaloupées. Bien sûr, le chant est un peu compliqué, puisque Stéphane frise l'aphonie, mais cela reste tout de même honorable, il y a juste quelques rares instants pendant lesquels on sent qu'il ne maîtrise pas totalement son organe vocal. Les spectateurs sont assez enthousiastes, et même si une forte majorité semble faire partie de l'entourage plus ou moins proche des musiciens, ces réactions marquées sont aisément compréhensibles, puisqu'on a tendance à largement abonder dans leur sens ! Tout n'est pas parfait non plus, il ne faudrait pas exagérer, il y a par exemple (seul exemple, au demeurant) ce slow assez incongru en milieu de set qui est loin de me convaincre, même si le titre s'énerve à la fin je reste circonspect à son sujet. Le groupe est à l'aise, le batteur se permet d'ouvrir le New York Times sur une fin de morceau, et la fin de set revient au niveau de ses débuts, passant par une reprise bien tordue/torturée du three cool cats des Coasters. Par honnêteté, j'ajouterai avoir senti quelques influences Talking Heads ici ou là, sans que cela me dérange outre mesure, preuve que le trio sait y faire ! Au bout d'une demi-heure, le groupe a terminé son set prévisionnel, mais il est encore tôt, alors il se fend d'un rappel en forme de reggae déviant jusqu'à un bel énervement, et au bout de ces 36 minutes on peut donc affirmer ne pas s'être trompé, on a bien fait de venir ici ce soir, ce nouveau groupe risque bien de faire du bruit dans les mois à venir, car ce mélange de savoir-faire et de non-prise de tête est d'ores et déjà efficace et plus que prometteur.

 

Il faut largement plus d'une demi-heure pour que le groupe qui va suivre finisse de s'installer, il faut dire que Tonnerre (pas de site ni de page, apparemment) est composé d'un batteur/percussionniste et de deux claviéristes/bidouilleurs, tout brancher et placer au bon endroit semble ardu, et la vue de ces instruments ne peut que m'inquiéter, avant même d'entendre le moindre son. Le trio de musiciens arbore des peintures de guerre sur les visages, et le premier titre, sur lequel le batteur est en avant-scène et s'occupe du xylophone, est plutôt tribal, et confirme qu'en l'absence de micros, ce sont des instrumentaux qui vont être exécutés ce soir. Lorsque le batteur retourne derrière ses fûts et percussions diverses, la musique évolue légèrement, mais pas vraiment pour le meilleur : j'ai très vite le sentiment de me retrouver devant un concert de free-jazz assez soft, ou dit autrement de voir enfin ce qui crée les interludes sur FIP lorsqu'on est au milieu des bouchons, et comme le troisième titre confirme cette tendance, et que je n'ai plus grand chose à attendre de la soirée, je ne m'éternise pas, et prend donc tranquillement mes cliques et mes claques en abandonnant le reste des spectateurs, sans regret, l'essentiel étant de n'avoir pas été déçu par Brandt !

 

La suite, ce sera sans doute mercredi avec le concert annuel de la fête de la musique au Holy Holster Bar.