Date : dimanche 19 mai 219

 

Après avoir reçu ce dimanche les Washington Dead Cats à Konstroy, on se dépêche de filer sur la place de la mairie à Montreuil, où une scène a été montée pour clore en beauté les Routes du partage, un événement organisé tout le week-end par l'Observatoire du partage, ou comment montrer que des actions peuvent se faire à petit niveau...

 

La pluie a cessé peu avant 20h, cela explique peut-être le monde qui se presse devant la scène, ou simplement la perspective de voir les Wampas en concert gratuit (cela fait un moment que le groupe n'est pas venu dans Paris ou son 21e arrondissement, soit ici), on a à peine le temps de se faufiler pour se rapprocher (un peu seulement) de la scène que le groupe débarque, dans sa composition habituelle, avec un démarrage (classique) sur les chapeaux de roues avec les ravers de spezet, les premiers rangs en sont déjà à s'agiter, et cela ne cessera pas une seule seconde de tout le set. Didier semble en grande forme, et cela se confirmera pendant les quelques 70 minutes de prestation, puisqu'on le verra, à son habitude, grimper partout, slammer - avec ou sans sa guitare, traverser plusieurs fois la foule, faire un petit tour de chaise (assis ou debout, cela dépend des instants...), bref même s'il admet qu'il est "trop vieux pour ces conneries", cela ne l'empêche pas d'en profiter à plein. Et si Tony est un poil en retrait (on le sent un brin fatigué...), Effello prend le relais et tient le concert, bien aidé évidemment par la section rythmique inamovible même si moins en avant que le reste des musiciens. Concert gratuit, donc, mais pas concert galvaudé, on imagine que cela ne pourrait même pas venir à l'esprit du groupe, alors chaque morceau est joué comme il le faut, tout à fond bien sûr, et comme on a gardé des set-lists habituelles la majeure partie des morceaux qui mettent le feu et tout le monde d'accord, on sent la place vibrer, ça saute dans tous les sens, et Effello nous fera durer l'intro de l'éternel suffisamment longtemps pour nous mettre en transe - autant dire que l'enchaînement avec yeah yeah n'est pas le moment idéal pour consulter ses messages ou être inattentif. On le sait, le groupe va sortir bientôt (septembre ?) un nouvel album, alors on n'est pas trop étonné de ne pas reconnaître certains titres, un c'est politique par exemple, mais il ne faut pas risquer de perdre son public, alors Didier lance l'idée d'un wall of death, que beaucoup adoptent sans forcément avoir idée de ce dont il s'agit (la foule se sépare en deux et les deux camps se précipitent l'un contre l'autre, c'est à peu près ce qui est attendu)... Pour ce faire, c'est comme un punk en hiver qui possède le bon tempo, alors on a droit à une belle mêlée, mais comme Didier en reveut, on a droit à une deuxième version du même titre, dans les mêmes conditions, qui semblent satisfaire un chanteur qui s'amuse toujours de ses facéties - il n'est pas le seul, ses musiciens et techniciens conservent la banane une bonne partie de la soirée. Même si le printemps n'est pas là, le punk quitte l'hiver pour se transformer en punk ouvrier, mais le meilleur (ou en tout cas le plus attendu dans la fosse) est à venir : les bottes rouges, bien sûr, pendant lequel Didier se fait un peu peur, puis c'est la montée sur scène d'un enfant, avec la séquence à la Jacques Martin (sans les postillons), le petit Calistée (?), d'origine basque, permettant à Didier et Tony de se marrer (et nous aussi) en initiant un "pourquoi t'es basque ?" sur l'air de porque te vas, mais ce soir c'est noël ne tarde pas, la bruine ne s'est pas éternisée et n'a guère rafraîchi les velléités dansantes du public, qui en reprend une bonne couche avec manu chao - incontournable, et largement appréciée. On vous l'a dit, le concert est prévu pour être plus court que d'habitude, cela ne doit pas faire perdre les moments forts du set, alors c'est petite fille (précédé par où sont les femmes, bien sûr) qui voit la scène envahie par des filles et des femmes (avec des restrictions car on sent que les techniciens n'ont pas envie de voir la scène s'écrouler...), bref il ne manque aucun des points de repère classiques du groupe. Didier enchaîne avec des doigts d'honneur pour les skinheads grecs (), même s'il ne doit guère y en avoir ici ce soir, avant de terminer tranquillement (en ayant demandé de combien de minutes le groupe pouvait encore bénéficier), même si on sent bien que cela aurait pu durer bien plus longtemps. Bref, comme toujours, on peut repartir de là comblé,  on a bien fait de ne pas se fier aux nuages noirs du 19e, le déplacement valait le coup !

 

Set-list non authentifiée :

  1. les ravers de spezet
  2. c'est l'amour
  3. rimini
  4. l'éternel
  5. yeah yeah
  6. rising
  7. c'est politique (?)
  8. comme un punk en hiver
  9. punk ouvrier
  10. ??
  11. les bottes rouges
  12. ce soir c'est noël
  13. manu chao
  14. où sont les femmes / petite fille
  15. c'est juste une petite voix
  16. for the rock

 

La suite, ce sera ce jeudi, au Gibus, avec au programme 1919, Guerre Froide, Pest Modern et Warum Joe.