Date : 1er juin 2013

 

Salle pas loin d’être complète en ce samedi soir au Trianon, même dans les étages il y aura du monde, et si la milice aura du boulot, ce sera simplement pour éviter que les verres de bière restent en équilibre instable sur les balustrades...

Arrivés trop tard pour la première partie, nous resterons donc totalement ignorants de ce que vaut ODYL, ou pour O(ver)D(ose)Y(our)Life, dont les affiches sont pour le moins rigolotes, mais tant pis, ce n’est pas vraiment pour elle que nous étions venus...

Non, ce soir, il s’agit de célébrer le 20e anniversaire de “last splash”, l’incontournable album des Breeders, qui se présentent dans leur formation d’origine, avec les jumelles Deal (Kim et Kelley), Josephine Wigg à la basse, et Jim MacPherson aux fûts. En guise de cinquième élément, Carrie Bradley viendra s’occuper d’un clavier (très rarement) et de son violon (beaucoup plus fréquemment). L’idée étant de re-proposer ‘last splash”, la première partie du set consistera en une réinterprétation de l’album, dans l’ordre original des morceaux, ce qui est plus simple pour le chroniqueur... Donc le quintet se présente juste après 20h30 sur scène, visiblement l’air très détendu, Kim s’essayant au français, plutôt bien pour l’occasion (cela ne sera pas vraiment le cas par la suite). Présentation rapide de la soirée, puis entame de la relecture de l’album, avec des versions assez proches des versions originelles sur les 4 premiers titres, ce qui pourrait décevoir certains, mais reste tout de même assez impressionnant ! On note tout de même déjà que les parties de violon apportent un vrai plus aux morceaux, qui résistent ainsi à l’usure du temps grâce à des réorchestrations qui permettent par exemple de compenser la relative faiblesse au niveau des voix, par exemple (mais on sait que sur scène, ce n’a jamais été le fort du groupe). Départ relativement tranquille, donc, même si le public réagit avec passion à chacun des titres, et pas seulement à cannonball, mais à partir de roi, sur lequel la bassiste et le batteur échangent leurs rôles, et qui se retrouve très modifiée par l’étirement du morceau et l’intervention impressionnante du violon, on sent que l’autorisation de modifier ce qui est connu par cœur est donnée, et cela donne une toute autre ampleur au concert, qui ne se cantonne pas à un vulgaire copier/coller. Cela nous offrira donc un flipside presque sage, mais également un mad lucas bien différent, et que dire de la réussite de la soirée, à mon sens, un s.o.s. de toute beauté, d’une puissance à couper le souffle. Les deux sœurs, ainsi que Josephine d’ailleurs, occupent le devant de la scène musicalement mais également oralement, puisqu’elles se partagent les interventions, un peu en français (pas toujours compréhensible), beaucoup en américain avec un débit qui n’aide pas forcément à la traduction, et parfois les rires sur scène ressemblent sacrément à de la very private joke... Au total, cela nous étend la petite quarantaine de minutes originales jusqu’à dépasser la cinquantaine de minutes, sans surprise bien sûr en ce qui concerne la set-list, mais avec néanmoins de bonnes surprises dans les interprétations, et même les quelques pains que l’on perçoit n’empêchent pas les nuées d’applaudissements qui fondent sur le groupe à l’heure où il quitte la scène.

Le groupe ne s’éternise d’ailleurs pas en coulisses, Kelley revient rapidement et empoigne sa guitare pour rameuter les troupes, et il faut avouer que ce rappel est presque aussi excitant que le rejeu de l’album, car on ne sait pas trop à quelle sauce on va se faire dévorer, ni ce qui va nous être proposé ! D’ailleurs, je dois avouer que j’ai eu pas mal de doutes sur plusieurs titres, et que setlist.fm m’a beaucoup aidé sur ce coup. Cela commence donc par une reprise supposée de Guided by Voices, qui sera suivie un peu plus tard d’une reprise des Beatles, ce happiness is a warm gun qui n’est pas forcément leur titre le plus connu, et sera entrecoupé de titres issus de la même période du groupe, allant de 1990 à 1994. Même si on ne (re)connaît pas tout, cela reste éminemment appréciable, et apprécié, on sent que les musiciens prennent du bon temps sur scène, et sont plutôt à l’aise, on voit même Kelley remettre son gilet (plutôt informe) juste avant un solo, mais on a la sensation que les taux d’alcoolémie des unes et des autres n’atteignent pas ceux des dernières prestations parisiennes du groupe, ce qui permet sans doute également de maintenir un tel niveau de qualité ! Ces petits cadeaux durent une vingtaine de minutes, avant que le groupe se retire de scène, mais la surprise est un deuxième retour, avec une superbe version de iris, tiré de “pod”, le premier opus, ce que pas grand monde n’attendait, à défaut d’espérer, et une conclusion sur don’t call me home, efficace, carrée, histoire de clore ces 80 minutes très réussies, même si on n’oserait pas qualifier cette prestation de totalement inoubliable : c’était un bon concert, presque inespéré par rapport aux souvenirs pas si anciens, avec un groupe qui prend et donne du plaisir, et ce n’est déjà pas si mal, les quelques récriminations concernant les balances entre musiques et voix demeurant du niveau de l’anecdote.


Set-list probable :

  1. New Year
  2. Cannonball
  3. Invisible Man
  4. No Aloha
  5. Roi
  6. Do You Love Me Now?
  7. Flipside
  8. I Just Wanna Get Along
  9. Mad Lucas
  10. Divine Hammer
  11. S.O.S.
  12. Hag
  13. Saints
  14. Drivin' on 9
  15. Roi (Reprise)
  16. Rappel : Shocker in Gloomtown
  17. Head To Toe
  18. Happiness is a Warm Gun
  19. Safari
  20. Oh!
  21. Lime House
  22. Rappel 2 : Iris
  23. Don't Call Home


La suite, ce sera dès mercredi au Trabendo avec un Peter Murphy mettant Bauhaus à l’honneur...