Date : mercredi 19 février 2020

 

C'est mercredi, pendant ces vacances scolaires les concerts sont peu nombreux sur Paris, mais cela fait un petit moment qu'on avait coché cette date à l'International, et au vu de la foule qui traîne dans le bar avant les concerts, on se dit que la pénurie d'offres musicales aura au moins permis de rameuter du monde ici ce soir...

 

Après (ou plutôt entre, car il officie toute la soirée) un DJ-set de Fabrice (Frustration), il est temps de descendre à la cave, c'est la première fois que je vois la queue pour ce faire dans ce lieu, et on arrive devant le quatuor tourangeau-parisien Hex Midnight qui a déjà démarré son set, dans une configuration classique (deux guitares, batterie, basse, le chanteur gérant ce dernier instrument). Si le groupe affirme œuvrer dans un mélange d'indie-rock, de post-punk, de cold-wave et d'alternatif, on remarque en premier lieu le chant, plutôt sombre la plupart du temps, tout en n'allant pas totalement jusqu'au bout de la démarche, ce qui fait qu'on a souvent le sentiment de se retrouver avec le cul entre deux chaises, puisque certaines parties apparaissent presque pop. Musicalement, les intros des morceaux font souvent envie, mais l'enthousiasme initial perdure rarement, en dépit de quelques riffs intéressants qui parsèment les titres. Indépendamment du chant, qui s'avère parfois (au moins une fois, pour être franc) faux, on reste globalement un peu sur son quant-à-soi, car il manque la petite étincelle qui fait qu'un groupe emporte l'adhésion du public, et comme en sus le groupe annonce que les disques, qu'il aurait pu vendre aux spectateurs appréciateurs, ne sont pas arrivés, on se dit que ce n'est pas encore le grand soir, même s'il n'est pas encore minuit...

 

C'est évidemment pour le groupe suivant que je me suis déplacé, car cela fait quelques temps que je n'ai pas revu Computerstaat sur scène, le duo ayant eu le temps de roder son set depuis la sortie de son premier "vrai" album l'an passé, et son passage à Konstroy dans la foulée. Ce soir, le duo guitare-claviers, elle et lui se chargeant alternativement du chant, va évidemment continuer à s'appuyer sur les titres de "in the city", exclusivement et presque en intégralité puisque seul negativ manquera à l'appel. Le synth-post-punk du groupe est toujours aussi addictif, et dès i can't sleep on retrouve ce mélange de guitares acérées et de rythmes mécaniques, les morceaux amplifient leur superbe en version live, et si les musiciens sont un peu engoncés sur la petite scène, ils donnent leur meilleur - et les spectateurs apprécient à sa juste valeur cette prestation. Bien sûr, on notera de temps à autres certains craquements (problèmes de branchements, fils fragiles ?), et les transitions ne sont pas toujours très rapides, mais personne ne se plaint, il faut dire que la musique ne prête à aucune récrimination, et comme le duo présente quelques morceaux en lien - malencontreux, bien sûr - avec l'actualité (politics, bien sûr), cela offre une occasion supplémentaire de connivence entre les musiciens et le public. On regrettera également que certaines interventions de Natasha ne rentrent dans les oreilles que des spectateurs du premier rang, mais cela reste anecdotique (on espère en tout cas ne pas avoir raté d'info importante !), l'essentiel surgit des enceintes, et tout au long de ces trois gros quarts d'heure, on n'a nullement l'intention de se consacrer à autre chose que de profiter de l'instant, et comme en sus le son est plutôt bon ce soir, rien ne pourra nous faire perdre notre sourire. Après un in the city (toujours sans aucun lien avec celui des Jam) toujours aussi percutant, le groupe peut poser les instruments avec le sentiment du devoir (sacrément bien !) accompli. Vous l'aurez compris, même sans pénurie de concerts je serais venu à l'International, et je ne le regrette évidemment pas, on attend désormais de nouveaux titres dans une set-list qui ne nous lasse pas mais pourrait faire la place à de petits inédits...

 

Set-list :

  1. i can't sleep
  2. war
  3. wild touch
  4. ich bin klein
  5. politics
  6. white nurse
  7. why
  8. shook
  9. radio
  10. crypt
  11. in the city

 

La suite, ce sera ce jeudi, dans un lieu que je ne connais pas encore (le Quai de Bourbon), avec Le Chemin de la Honte.