Date : vendredi 15 septembre 2017

 

Drôle de pari que celui de la Station en ce vendredi soir : un concert en plein air, en concurrence directe avec la Fête de l'Huma et aussi le concert de Chelsea, on aurait pu craindre une petite assemblée... Foin de tout cela, il fait beau, avec une température (presque) agréable, il y a du monde, il ne reste donc plus qu'à profiter de la soirée !

 

On constate, en faisant la queue pour rentrer, que la première partie a déjà entamé son set, mais je dois avouer que ma deuxième impression sur le duo Dick Voodoo est assez sensiblement équivalente à celle d'il y a cinq ans au Trabendo : le duo chant-machines est carré, on ne le niera pas, on sent que le groupe maîtrise admirablement bien la scène, les morceaux sont tous aboutis, mais en tant que non-adepte cela m'évoque trop Suicide pour durablement me motiver. Cela démarre donc par "c'est cool, ça bouge bien", cela continue avec "bon, on peut en profiter pour faire la queue pour la bière" (oui, il y a un monde fou à la buvette), et au final on se dit "ah, c'est terminé ? Ben c'était pas désagréable", heureusement la majeure partie des spectateurs sont plus réceptifs à ce qui sort des enceintes, on peut ainsi passer inaperçu en ne semblant pas aussi enthousiastes. Il en faut pour tous les goûts, on ne crachera donc pas dans la soupe, on aura (un peu) pu refaire le monde pendant ce temps-là...

 

On est encore devant la buvette à l'heure où Frustration est censé grimper sur scène, mais les dix minutes d'attente supplémentaire permettent de s'installer avec les verres remplis devant la scène (il y a également beaucoup de monde sur les côtés), et le quintet démarre son set de manière désormais habituelle, avec ce insane que beaucoup aimeraient pouvoir écouter sur leurs platines, dans une version qui semble ce soir bien moins martiale que lors des concerts précédents. Il faut dire, à la décharge du groupe, que le son est désastreux sur ce premier titre, cela craque de partout, on n'entend quasiment rien, le son passe de droite à gauche, et ce n'est évidemment pas comme cela que la mayonnaise va prendre... Heureusement, Pat le bassiste s'agite suffisamment pour alerter la régie son, qui remet les potards au niveau exigé, et on oubliera rapidement ce début catastrophique, puisque miraculeusement tout redevient presque parfait, à ceci près que le son de la basse restera toujours sous-mixé selon moi. Rien de dramatique cependant, et on peut désormais se plonger avec le bonheur habituel dans la musique du groupe, qui déroule une set-list quasi-identique à celle de la Machine (un ou deux titres seront oubliés), mais pourquoi changer lorsque les enchaînements semblent si évidents, et quand chaque titre a trouvé sa version optimale ? S'appuyant prioritairement sur le dernier album, mais sans oublier le passé, le groupe emmené par un Fabrice en grande forme ne perd pas la moindre seconde, c'est une série d'uppercuts qui nous maintiennent KO debout pendant une grosse heure, simplement interrompus par quelques rares interventions du chanteur, histoire de présenter certains morceaux (on retiendra par exemple le "pour tous ceux qui tapent leur nana" en intro de cause you ran away). Difficile de sortir un titre du lot plutôt qu'un autre, mon petit favori uncivilized en ferait bien sûr partie, mais mother earth in rags ou even with the pills deviennent eux aussi extrêmement addictifs, autant dire que l'on est comblé ce soir.

Et quand le groupe revient pour le rappel (attendu), c'est une sacrée surprise qui nous est offerte, puisque le groupe nous présente un nouveau morceau, en l’occurrence une reprise du très méconnu electric heat des écossais The Visitors, groupe pour le moins météorique que l'on découvre ainsi ce soir, dans une version finalement pas si éloignée que cela de l'original (on trouve facilement à l'entendre sur internet), pour rajouter un poil d'esprit punk à un concert qui n'en manquait déjà pas... Il se dit d'ailleurs qu'on pourrait retrouver une version studio de ce titre, ainsi que de the drawback (qui suit dans la set-list), qu'on ne trouve actuellement que sur une compilation anglaise, sur un 45T, mais on attend évidemment confirmation avant de trop se réjouir ! C'est avec no place que le groupe clôt ces quelques 80 minutes, autant dire qu'on en a eu pour notre déplacement (venir à la Station est toujours homérique), et que beaucoup tiennent à prolonger l'esprit de la soirée.

 

Set-list :

  1. insane
  2. dreams laws rights and duties
  3. midlife crisis
  4. it's gonna be the same
  5. we miss you
  6. no trouble
  7. uncivilized
  8. even with the pills
  9. cause you ran away
  10. empires of shame
  11. excess
  12. angle grinder
  13. minimal wife
  14. assassination
  15. too many questions
  16. mother earth in rags
  17. Rappel : electric heat
  18. the drawback
  19. no place

 

Alors on profite du DJ-set de Stil Eric, toujours assez intéressant dans son mélange des genres musicaux, on profite de la table de ping-pong pour remonter une bonne trentaine d'années en arrière, on continue à alimenter la buvette (et réciproquement), et au bout du compte on se retrouve à chasser le(s) Noctilien(s) pour rentrer chez soi, très tard ou très tôt suivant l'état d'esprit, sans jamais regretter d'avoir profité à plein de cette excellente soirée, en étant d'avance ravi car on a déjà pris nos billets pour revoir Frustration début décembre à la Clef...

 

On se repose pendant une bonne semaine, et on devrait retrouver Harassment et Pour X Raisons au CICP dimanche dans 8 jours.