Date : jeudi 14 septembre 2017

 

C'est en arrivant à La Pointe Lafayette, à moins d'une encablure du Point Éphémère, qu'on se souvient en ce jeudi soir avoir assisté à un concert (au moins) ici-même, mais il y a plus d'une quinzaine d'années, autant dire qu'on n'avait gardé que peu de choses en tête, mais il semble certain que jamais on n'avait mis les pieds dans la cave, un espace aussi étroit aurait marqué les esprits... Dans l'attente un peu craintive de ce qui va bientôt sortir des enceintes qu'on remonte respirer un bon coup, prendre un demi, au tarif honnête, et on retourne illico dans l'antre, car les concerts démarrent enfin, avec près de 3/4 d'heure de retard sur l'horaire annoncé. Autant dire que le timing risque de se resserrer de plus en plus, car il y a quatre groupes à l'affiche !

 

On est en terrain relativement connu avec Brandt, car on avait assisté aux premiers pas scéniques du trio il y a trois mois au Supersonic, et qu'on avait suffisamment apprécié la chose pour en reprendre une dose ce soir. On l'a dit, la crainte est importante en ce qui concerne les conditions acoustiques du set, et cela se confirme immédiatement, puisque le premier titre pâtit largement d'une basse bien trop présente, nos cerveaux sont vrillés en permanence et n'entendent qu'exceptionnellement la batterie et la guitare, et on sent que les murs ne résisteront guère à cet assaut, mais heureusement les choses s'amélioreront immédiatement dès le deuxième titre, et sans retrouver des conditions optimales - il ne faut pas rêver non plus ! - on constatera que le son devient correct, et correspond au moins aux standards de ce genre de lieux. Pour ce deuxième concert du groupe (eh oui, j'ai vu jusqu'à présent 100% des concerts de Brandt !), la set-list ressemble beaucoup à celle du Supersonic, mais le côté très roots de la cave (à 25, on est serrés, à 30 on se marchera sur les pieds) fait qu'on touche au cœur des titres, et la variété des styles proposés éclate de manière encore plus flagrante - sans que cela ne constitue un reproche, d'ailleurs ! Car ce grand écart est toujours basé sur des ruptures, à l'intérieur même des morceaux, et on se prend par exemple à apprécier le vrai-faux slow qui intègre des éléments bien furieux. Bien sûr, on sent que tout n'est pas encore parfaitement abouti, certaines interruptions pourraient durer quelques secondes de moins, les enchaînements non plus ne sont pas optimisés, mais tout cela reste globalement très excitant, et ce sans pouvoir cataloguer le groupe. En guise de confirmation, il n'y a qu'à comparer les deux reprises jouées ce soir : three cool cats (the Coasters) est reconnaissable immédiatement, même adaptée à la sauce Brandt, tandis qu'il fait bien plus de temps pour reconnaître les Rolling Stones derrière cette très expérimentale version de play with fire, le groupe ne cède donc pas à la facilité, et ces 35 grosses minutes auront confirmé l'excellente impression du mois de juin, et comme on sent que chacun des musiciens met beaucoup d'espoirs dans le trio, attendez-vous à avoir des (bonnes) nouvelles du groupe dans les semaines/mois à venir !

 

On remonte respirer un coup, et on retourne au charbon, la cave est déjà blindée, on reste donc à l'entrée pour écouter et voir ce que peut donner la "turbo-chanson française" de Rape & Revenge, un duo chant/claviers-bidouilles au sein duquel le chanteur fait le show tandis que son comparse est bien plus tranquillement casé derrière ses instruments. Bon, inutile de traîner, j'ai souffert dès les premières secondes d'écoute, la musique synthétique de ce genre m'est une torture, et l'attitude du chanteur m'en est une autre, et si à la fin (rapide) du premier morceau j'espère qu'il ne s'agissait que d'une blague, le deuxième confirme la première impression... Alors si certains semblent apprécier, cela est loin d'être mon cas, et je remonte donc à l'air libre sans demander mon reste, et me retrouve devant une alternative plutôt embêtante : les deux groupes qui suivront ont bonne presse, mais je ne me vois guère attendre des plombes, alors je me dis que si je rate le 100e concert de Nursery, j'aurai sans doute l'occasion de revoir ce groupe plus tard...

 

La suite, c'est dès ce vendredi soir, en espérant qu'il ne pleuvra pas car c'est Frustration qui joue à la Station...