Date : dimanche 24 septembre 2017

 

C'est dimanche soir, le moment de déprimer pour la majorité, mais pour les plus malins il y a la possibilité d'aller au CICP, pour une soirée à thème (ce soir, c'est en soutien aux réfugiés de La Chapelle), et aussi/surtout pour trois concerts, qui attireront une foule d'une grosse soixantaine de personnes, ce qui n'est pas si mal.

 

C'est un quintet qui entame la soirée, connu puisque Pour X Raisons nous avait conquis à la Comedia au cœur de l'été, autant dire qu'une certaine attente règne avant le concert, attente accrue par une balance à l'arrache mais qui semble s'éterniser, heureusement dès que le groupe entame son set on retrouve ce qui nous avait plu il y a deux mois : un rock sombre, oscillant entre 80's et 90's, avec des moments plus rythmés que d'autres, plus énergiques aussi, bref on n'est pas dans le basique ni dans le monolithique, et cela est déjà plaisant. Le chant, parfois submergé par la musique en début de set, est toujours un mélange intégrant des parties quasiment parlées, et si ce soir je ne retrouve jamais l'influence Cantat ressentie en juillet, cela n'est pas au détriment du groupe, pour varier je pourrais citer Versari, en bien plus énervé tout de même. Et si certains citeront les Têtes Raides, je dois avouer ne pas comprendre l'éventuelle relation, mais chacun peut voir midi à sa porte ! Dans tous les cas, le groupe fait ce qu'il faut pour atteindre les spectateurs pendant la quarantaine de minutes allouées, et le résultat est, de mon point de vue au moins, une franche réussite. Autant dire que la soirée aura débuté sous les meilleurs auspices, et qu'on va continuer à surveiller les prochaines dates du groupe, histoire de continuer à confirmer tout le bien qu'on peut en penser !

 

Il n'y a pas beaucoup de temps entre les deux sets, et les DickTracy Lords entament rapidement le leur, histoire de permettre au dernier groupe d'avoir également le temps de jouer (on le rappelle, la deadline du dimanche soir se situe à proximité de 22h00). On avait connu, en première partie de 999 il y a deux ans, le groupe high energy en formule à 5 avec deux guitaristes, ce soir ils ne sont que quatre sur scène, guitare/basse/batterie/chant on touche au nœud du rock'n'roll, et on ne peut pas dire que le groupe s'embarrasse de fioritures, on est là pour jouer assez vite, rock'n'roll on l'a dit, et le power rock qui en découle accompagne plutôt bien la voix toujours très buzzcockienne du chanteur. C'est donc bien efficace, mais cela inclut de temps à autres des solos de guitare qui me hérissent toujours autant le poil, et je m'aperçois au fil des minutes que cela me semble légèrement répétitif. On ne se plaindra pas forcément trop, mais c'est vrai que si le concert ne laisse pas de mauvais souvenirs, on ne conservera pas forcément grand chose de ces 35 minutes : c'est plutôt bien, mais on n'ira pas jusqu'à en redemander tous les soirs...

 

La dernière fois que j'avais vu/entendu Harassment, c'était il y a moins d'un mois, au Supersonic, et je n'avais pas été convaincu, pour la première fois en une demi-douzaine de concerts. Ce soir, on comprend immédiatement que cela ne va pas être un concert du même tonneau : le son est plutôt bon, on distingue nettement la guitare de la basse, la batterie est propre, et le chanteur est en pleine forme... Tout cela permet de partir sur les chapeaux de roues, et de ne quasiment jamais ralentir, tout en permettant de profiter de différences musicales, on verrait presque passer toutes les variations en "billy" (psycho-, punka-, rocka-), et si la basse est en permanence saturée, elle offre tout de même la possibilité au guitariste de nous faire profiter de ses inspirations (même en flirtant parfois avec le solo, il ne tombe jamais dans ce travers). Le tout est extrêmement puissant, on l'a dit ou laissé entendre, et le public s'en donne à cœur joie, au grand plaisir des musiciens qui n'hésitent pas trop à descendre dans la fosse pour profiter de cette chaleur humaine. Quand le rythme se calme et mute en reggae, la qualité reste la même, il n'y a pas d'abandon de la part des spectateurs, et cela peut ensuite repartir de plus belle. Alors, quand après 40 minutes le groupe annonce que c'est la dernière chanson, les spectateurs décident d'être encore plus à fond, certains portent le chanteur, et ce slam involontaire se termine de manière très brutale : la chute de Ben est impressionnante, et on comprend illico qu'il ne va pas pouvoir finir le morceau, proche de l'évanouissement qu'il est. Cette belle soirée se termine donc en queue de poisson, et on aura plus tard le fin mot de l'histoire : on tablait sur une épaule démise, en fait c'est bel et bien une fracture de l'épaule pour le chanteur, autant dire qu'il aura payé le prix fort pour quelques secondes d'enthousiasme démesuré de quelques spectateurs. On espère donc qu'il se remettra rapidement, car le groupe a selon moi remis les pendules à l'heure, en nous offrant un set impressionnant de justesse et de tension, et on peut donc désormais en attendre ses prochaines prestations (on ne sera pas au Klub en octobre, mais il y aura d'autres occasions par la suite) avec impatience et sans appréhension !

 

La suite, ce sera dès ce mercredi, avec une soirée noise aux Instants Chavirés qui pourrait être sacrément intéressante.