Date : mercredi 30 mars 2016

 

Rien de tel qu'un petit concert pour entamer le week-end prolongé, alors direction la Mécanique Ondulatoire en ce mercredi soir, en essayant d'arriver tôt car en l'absence de préventes le risque de rester à quai n'est pas à écarter... Et effectivement il y a du monde ce soir, beaucoup de barbus évidemment mais également une grosse présence féminine, sans qu'on réussisse à savoir lequel des trois groupes à l'affiche aura le plus attiré la foule.

La cave se remplit doucement, mais dès lors que Trotski Nautique entame son set, le mouvement s'amplifie, et au fil des minutes l'escalier aura tendance à se boucher, tant les nouveaux arrivants auront de difficultés à s'insérer dans le dense magma de spectateurs déjà présents... Le quatuor du soir (les informations sur le groupe sont variées) est composé d'un guitariste (acoustique) et chanteur, entouré de deux chanteuses-choristes qui l'accompagnent aux Bontempi, flûte ou clarinette, ainsi que, plus ou moins caché en fond de scène derrière ses fûts (aux sonorités très électroniques), d'un batteur qui ressemble étonnamment au fondateur de Jessica 93. D'entrée, le groupe indique la direction du concert en affirmant "nous sommes Bitpart", et en enchaînant sur des morceaux qui peuvent bien correspondre à la dénomination "lo-fi/pop" annoncée; nous sommes ici devant un groupe qui ne se prend pas au sérieux (rien que le nom nous met la puce à l'oreille), dont les paroles sont à l'avenant (marty mcfly, chômeur à paris, terminator is baque...), et dont la façon de rappeler qu'il s'agit d'une soirée de soutien à la librairie "le pied de biche" est pour le chanteur de précéder chaque morceau de l'annonce "peech soutien"... La comparaison la plus évidente est celle avec Sttellla, bien sûr, le côté répétitif de l'humour ("bonne ambiance !") est assez proche de celui du génial Belge, et même les reprises (la samba, héritage de Gotainer via Dr Snuggle & MC Jacqueline, et surtout ça sent le mennen, ou le meilleur moyen d'aimer Nirvana...) montrent qu'il s'agit de s'amuser, au passage en amusant les spectateurs, et comme le set ne dépasse pas la demi-heure, on n'a même pas vraiment le temps de se lasser : comme ouverture de soirée, c'est plutôt réussi !

Juste le temps de laisser les fumeurs remonter prendre l'air, et c'est Jessica 93 qui est sur scène, toujours en formule trio puisque c'est désormais le principe, et c'est l'occasion de retester, moins d'un mois après le Café de la Danse, cette évolution majeure, du solo au groupe. D'entrée, on remarque une différence : si le son il y a un mois semblait presque aseptisé, ce soir la voûte et l’exiguïté des lieux le ramènent vers ce côté presque goth, oppressant, où l'ombre du Cure de la trilogie sombre du début des 80's règne en maître, et les deux premiers morceaux sont ainsi à la fois très reconnaissables et évidemment très sombres, seule la voix et le chant très clair s'avérant très différents des premiers concerts auxquels on avait pu assister. On le sait, à trois il n'y a plus besoin de monter des boucles, alors les titres sont directement au taquet, et si le groupe échange bien moins avec les spectateurs que son prédécesseur, on voit qu'il donne tout, le regard de Marilyn Manson en fond de scène semble galvaniser encore plus le bassiste, et si le public ne répond pas aux morceaux de manière exubérante, c'est assurément parce qu'il est totalement concentré sur ce qui se passe devant lui. On dépasse quasiment à chaque titre les 5 minutes, mais c'est ce qu'il faut pour bien s'immerger, et si la densité de spectateurs semble s'être encore accrue, il n'y a pas de mouvements de foule aptes à créer la panique, chacun reste à sa place et apprécie les efforts du groupe, où l'on notera pour info que ce soir jamais la boîte à rythmes n'aura évoqué Doktor Avalanche, et qu'on en oublie même parfois qu'il n'y a pas de batteur... Ces 50 minutes sont à mon sens bien plus efficaces et réussies que la prestation du Café de la Danse, peut-être parce qu'on s'habitue à la nouvelle formule, sans doute plutôt parce que le son est confiné et ne nous lâche jamais, et que l'atmosphère du soir est plus attentive qu'il y a un mois, en tout cas il est clair que ce set ne nous incite pas à lâcher l’affaire, il donne simplement envie d'en reprendre une nouvelle couche le plus tôt possible, le choix du travail en trio se confirmant être un risque très payant, vu la qualité de la prestation !

Le trio qui investit la scène par la suite est plus classique, basse-batterie-guitare, le chant est partagé entre la guitariste et la bassiste, et Bitpart démontre très rapidement que l'appellation "punk" lui colle pas mal, mais on peut au fur et à mesure de l'avancement du set rajouter quelques petites variantes, la première étant le côté "à roulettes", mais on peut y voir également un côté noise, voire même (je risque de me faire taper sur les doigts) math par instants. Si la voix masculine est assez classique (je n'ai pas dit quelconque), la voix féminine évoque quant à elle les plus belles heures des riot grrrls, et l'énergie qui se dégage de l'ensemble se double d'une réelle efficacité, les morceaux sont très construits et atteignent leurs objectifs haut la main et le public, qui avait déserté la salle à l'issue de la prestation de Jessica 93, revient petit à petit, sans remplir la fosse mais en s'avérant suffisamment nombreux pour que cela ne sonne pas creux du tout. Cela permet d'ailleurs de bouger plus que pendant les deux premières parties, et ceux qui sont restés apprécient largement ce qui leur est proposé, et si parfois j'ai le sentiment d'une certaine redite, cela ne gâche pas vraiment l'impression générale, qui confirme que la soirée était à la fois bien équilibrée et bien pensée, vu que les temps faibles n'ont été qu'anecdotiques. Bref, des soirées de soutien aussi réussies, on en redemande !

On profite du long week-end pour enchaîner dès ce jeudi soir, en retournant au Bus Palladium pour écouter et voir Andi Sex Gang et ses Children, avant dimanche d'aller à la Flèche d'Or pour la fête aux Washington Dead Cats...