Date : samedi 10 octobre 2015

 

Après un samedi à se remettre d'aplomb suite à la longue soirée de la veille, on se dirige vers la Maroquinerie, cela faisait plus de 8 mois qu'on n'y avait pas mis les pieds, les lieux n'ont guère changé, et si la salle est encore loin d'être remplie, cela viendra plus tard dans la soirée.

On les avait totalement ratés en juillet à Sète, ce soir on va enfin avoir un aperçu des Atomics Rotors, et il ne faut guère de temps pour comprendre que le trio "psychobilly surf garage band" distille une sacrée énergie, et la fosse encore loin d'être dense commence à bouger, bien emmenée par la conjonction d'une guitare bien rock'n'roll, d'un batteur bien régulier et d'une contrebasse qui prend une belle ampleur. Les morceaux sont rapides, très intenses, et on comprend mieux les louanges qui avaient suivi leur prestation sétoise. Bien sûr, n'ayant pas le timing de la soirée, on est arrivé en confiance après l'horaire annoncé, cela explique qu'on ait - -encore - manqué une bonne partie du set, mais au moins on sait que le groupe vaut le coup d’œil et d'oreille, et on fera bien attention la prochaine fois à ne pas en rater une miette !

La suite, c'est un quatuor franco-hispanico-caribéo-japonais, King Salami and the Cumberland Three (ouf !), qui vient nous offrir un set lui aussi assez énergique, musicalement tout du moins. Car je ne vais pas tourner autour du pot, si le trio basse-batterie-guitare est sacrément excitant, j'ai le sentiment (malheureux) que le King Salami en fait bien trop, dans son attitude et ses bavardages, et que cela ne (me) permet pas de rentrer totalement dans la prestation du groupe, un peu plus de concentration sur les morceaux sans répéter sempiternellement le nom du groupe ou évoquer les modifications survenues en 30 ans (perte de cheveux et augmentation du nombre de tatouages) ne nuirait pas à la prestation d'ensemble. D'autant que lorsque le chanteur se limite à son taf principal, il est lui aussi très efficace, il possède un timbre de voix bien particulier qui ne lâche pas l'oreille, et pourrait donc se contenter de ce rôle, ou du moins ne pas se perdre dans l'apparat aux dépens du chant. Dans les conditions actuelles, cependant, on perd suffisamment le fil du set pour l'abandonner avant la fin, histoire d'aller faire un tour au bar avant la ruée des spectateurs qui auront tenu jusqu'au bout...

Car il faut prendre ses précautions, le morceau de roi arrive maintenant : les Washington Dead Cats fêtent leurs 30 ans (enfin, cela fait 31 ans, mais peu importe), avec une soirée qui s'annonce pour le moins généreuse, puisque deux sets sont prévus, l'un avec des titres anciens, l'autre plus actuel. Rapidement, on comprend qu'il n'y aura qu'un seul set, puisque le mélange entre anciens et récents voire nouveaux titres se fait dès le début du concert, avec un give me back my broken heart (encore tout frais) suivi d'un pizza attack que l'on aurait pu voir comme un sommet des set-lists depuis pas mal d'années... Le groupe a pas mal changé depuis la dernière fois que je l'ai vu sur scène (il y a deux ans à la Boule Noire), comme on a pu le constater en étudiant les notes du nouvel album "under the creole moon", puisque Lord Fester a été remplacé par The Duke, que le bassiste lui aussi est nouveau (et lunetté, comme le guitariste), que la section de trois cuivres a aussi bougé, bref c'est une nouvelle formation, mais cela ne se ressent pas trop soniquement parlant, on a affaire à un groupe déjà bien soudé, sur lequel peut s'appuyer tranquillement un Mathias que l'on devine en grande forme, sous sa chemise satinée grise qui donne chaud à distance. Les titres défilent, sans temps mort, avec les habituels points d'orgue (juju, crazy voodoo woman ou napalm surf par exemple), Mathias toujours disert profite de l'occasion pour raconter quelques anecdotes (sa rencontre avec Schultz, pour lui dédier i got to get you, la première télévision du groupe, à Rennes), mais cela n'est pas nuisible à la cohérence du set, cela ne dure jamais très longtemps et cela permet également aux musiciens de reprendre quelques forces... Le public réagit à merveille, chantant, applaudissant, dansant, slammant, bref on est entre gens de bonne compagnie, certains étaient déjà là en 1984 (!), et si la moyenne d'âge n'est pas très basse, cela n'empêche pas le mouvement et la passion. C'est un anniversaire, on l'a dit, alors il y a du champagne (pour les musiciens, et aussi une partie des premiers rangs), et aussi (surtout ?) des invités, qui commencent à être présentés à partir de don't blame the flame of love. Ainsi, même si on l'avait croisé dans la salle pendant les prestations des groupes précédents, Lord Fester se retrouve sur scène, ainsi que le bassiste précédent, on retrouvera plus tard le tout premier guitariste, bref c'est une soirée conforme à tous nos plus beaux rêves, s’il y a quelques absents ce n'est pas grave, et la salle, désormais archi-bondée prend un plaisir immense devant la prestation proposée. C'est à partir de l'arrivée de François, le premier guitariste, qu'on a droit à des reprises des titres les plus anciens, que les plus jeunes n'avaient jusqu'alors entendu que sur album, et il est vrai qu'entendre "en vrai" un red neck ou un does your werewolf bark ? donne des nuées de frissons bien agréables.
Pour agrémenter la soirée, on n'est pas étonné de retrouver Juliette Dragon, qui vient une première fois remettre des colliers tahitiens à chacun des musiciens (ainsi qu'à quelques spectateurs/trices), elle reviendra plus tard nous offrir un petit numéro d'effeuillage, c'est une histoire qui se passe dans la bonne humeur perpétuelle et sans grivoiserie aucune, on n'associe évidemment pas l'effeuillage de Juliette au déshabillage de Mathias, qui se se retrouve dans sa tenue habituelle, le caleçon léopard, et ce ne sont que quelques uns des nombreux cadeaux qui parsèment la soirée... Un exemple de plus est donné avec, sur les premiers accords de does your werewolf bark ?, le retour avec une tradition ancienne abandonnée depuis pas mal de temps, mais ce soir on peut se lâcher alors ce sont des salades et des poireaux qui sont lancés dans la fosse à partir de la scène ou des coulisses, bien évidemment il y a un retour quasi-immédiat à la case départ, ce moment (que vous pouvez déjà trouver en ligne) précède un jet de ballons de baudruche (il y a même des cœurs...) et de serpentins en bombes, Mathias qui a changé de chemise (il arbore désormais de belles franges) se permet de se lancer pour un petit stage-diving (il n'ira pas très loin dans la fosse), et le set se termine sur un return to blood city inespéré (donc fantastique) après plus de 2h10 de show, ce qui explique que certains aient multiplié les aller-retour vers le bar depuis de longues minutes.
Bien évidemment, on ne peut pas finir ainsi, alors le groupe revient, très vite, et après un you mistify me bien pêchu, nous offre une reprise du too drunk to fuck (Dead Kennedys) à sa sauce habituelle, avant d'appeler l'ensemble des intervenants de la soirée à le rejoindre sur scène, y associant les membres de la Taf et Be Fast (les Montpelliérains soutiennent les Wash depuis longtemps), pour une deuxième interprétation du crazy voodoo woman qui tourne un peu au n'importe quoi (il y a plus de 15 musiciens, et quelques spectatrices supplémentaires de passage), et si Mathias n'a pas oublié de citer les Nuclear Device, les Béru et Ludwig von 88 pour rappeler (un vœu pieux ? c'est à craindre...) que "la jeunesse et la vieillesse emmerdent toujours le front national" (ce soir, il y a plus de vieux que de jeunes...), cela est une sacrée apothéose pour une soirée bellement organisée et totalement réussie, nous n'aurons pas eu de fausses promesses mais de vraies réussites, et s'il est presque minuit lorsque les lumières se rallument (après 2h30 de concert, bravo les vieux !), nombreux sont ceux qui tenteront de faire durer le moment au bar, pour ma part je peux reprendre les transports en commun avec des souvenirs visuels et sonores de qualité, histoire de raconter à ma dulcinée ce qu'elle a manqué en devant rentrer plus tôt que prévu (une histoire de petit dérangement intestinal sans gravité). Les Wash sont toujours en forme, qu'on se le dise, et la tournée en cours devrait en ravir plus d'un !

Set-list (incomplète) :
  1. Give me back my broken heart
  2. Pizza attack
  3. Treat me bad
  4. ??
  5. Juju
  6. Primitive girls are more fun
  7. Down under my feet
  8. Blue surfin' girl
  9. Dead cat on the line
  10. Redhead girl with a blue dress on
  11. Love me or leave me
  12. Napalm surf
  13. Under the creole moon
  14. I got to get you
  15. Oumamamama
  16. Punkabilly rumble
  17. Crazy voodoo woman
  18. Don't blame the flame of love
  19. I'm a dead cat
  20. All i miss
  21. Beetroot girl (?)
  22. ??
  23. Ghost can't talk (?)
  24. Red neck
  25. Voodoo island
  26. ??
  27. The man with no face (?)
  28. Alligator
  29. Does your werewolf bark ?
  30. Batman
  31. Return to blood city
  32. Rappel : You mistify me
  33. Too drunk to fuck
  34. Crazy voodoo woman


La suite, ce sera avec un groupe encore plus ancien, puisque ce sont les Sonics qui investiront la Machine du Moulin Rouge samedi prochain.