Date : samedi 2 décembre 2017

 

Il fait toujours aussi froid, et on s'éloigne vers la campagne en ce samedi soir, puisque c'est à la Clef de St-Germain-en-Laye que arrivons, pile à l'heure puisqu'on entend les premières notes en faisant valider nos billets... On se précipite dans la grande salle, la soirée commence !

 

C'est Plomb qui est chargé d'assurer de (ré)chauffer les spectateurs, et ça fait plaisir de voir le quintet sur une belle scène, avec un son très correct (c'est une habitude, ici), même si certains grincheux se plaindront d'un son de claviers sous-balancé. Le groupe s'appuie sur ses désormais classiques (unity, run away...) pour conquérir de nouveaux fidèles, car si une bonne partie des spectateurs est venu jusqu'ici pour soutenir au moins l'un des trois groupes à l'affiche, il y a également des spectateurs simplement curieux, parfois jeunes (une bonne nouvelle !), qui se laissent globalement emmener par le post-punk du groupe. Visuellement, on constate que seul le chanteur profite à plein de l'espace offert, n'hésitant pas à descendre dans la fosse à l'occasion, arpentant la scène avec le pied de micro sur l'épaule, les autres musiciens potentiellement mobiles (basse et guitare) restant à leurs places, bien concentrés sur leurs parties. Le groupe profite de la soirée pour présenter un nouveau titre, qui s'insère aisément parmi les autres morceaux déjà rodés, on profite à plein de l'acoustique, se régalant d'une rythmique carrée, d'un guitariste toujours plus impressionnant, concert après concert, et de parties de clavier instillées avec une certaine parcimonie, mais qui accrochent bien l'oreille. Ce n'est évidemment pas ce soir que les mauvaises langues cesseront les comparaisons avec les grands frères de Frustration, mais qu'importe, l'essentiel est que le groupe joue bien, qu'il compose des morceaux très plaisants, et que, sortie après sortie, il prenne de plus en plus d'assurance sur scène. Cela permettra aux futurs enregistrements d'être bien aboutis, on espère ne pas devoir attendre trop longtemps car le seul 45T ne représente pas l'ensemble des facettes musicales du groupe. En tout cas, le job de chauffe est accompli, et on ne regrette pas d'avoir accéléré le pas pour arriver à l'heure !

 

La suite, c'est avec le trio germano-belge Komplikations, qui pratique encore et toujours son synth-punk sans guitare, et comme d'habitude chez moi, tout en appréciant l'énergie, le rythme, et la passion qui se transmet dans la salle, je reste pour le moins circonspect. Le manque de sonorités guitaristiques est une explication, l'abus de synthés en est une autre, le fait est que je ne tiens guère plus d'un gros quart d'heure devant cette prestation, c'était à peu près le même tarif pour moi les fois précédentes où j'ai été confronté au groupe sur scène : je comprends que cela emballe la majorité des spectateurs, mais cela me laisse quasiment froid...

 

Je m'en remets assez vite, ne vous inquiétez pas, car c'est Frustration qui est en tête d'affiche, autant dire une jouissance auditive assurée, et comme des bruits courent avec insistance, laissant entendre que la set-list pourrait bien avoir subi des modifications depuis le set de Charleville-Mézières il y a quelques semaines, un surcroît d'excitation m'envahit à l'heure où les lumières s'éteignent. Et d'entrée, je ne suis pas déçu (cela aurait été une énorme surprise !), car c'est relax qui déboule, autant dire qu'on ne s'attendait pas du tout à ce que les cinq musiciens aillent piocher aussi loin dans le passé, la salle vibre de joie, et si on retrouve par la suite un ordre de set-list assez  classique, le fait que le groupe se retrouve en terrain connu et totalement amical va sembler redonner envie de défendre ses titres avec une hargne supplémentaire, et dès dreams laws... on est bluffés par la puissance de morceaux qui n'en manquent pourtant pas d'habitude. Les spectateurs répondent avec ferveur à l'enthousiasme non feint de chacun des musiciens, les slams se multiplient, et pas forcément toujours les sempiternels habitués ou les jeunes locaux, on verra avec surprise grimper sur scène une donzelle qui ne s'était pas lancée dans cet exercice depuis de longues années (le chanteur l'encouragera même à se jeter dans la fosse bienveillante)... On l'a vu, insane a été sacrifié sur l'autel de la surprise, ce n'est pas le seul morceau récent à l'être, puisque cos' you ran away se voit remplacé par on the rise, on remonte encore à la genèse du groupe, et les historiens spectateurs n'en reviennent pas d'une telle re-découverte. Cela ne signifie bien entendu nullement qu'on se désintéresse des titres plus récents, empires of shame fait toujours autant office d'incontournable désormais, et excess est là pour contenter les rares qui trouveraient que tout cela est trop post et pas assez punk... Lorsque les lumières se rallument, après un mother earth in rags qui tient vraiment toutes les promesses entrevues lorsqu'on l'avait entendu pour la première fois sur scène, on jette un œil à l'horaire, c'est bon, cela ne fait que 53 minutes que cela a démarré, le dernier RER n'est pas encore pour tout de suite, on peut espérer un petit rappel...

Petit rappel ? Mieux que cela, car ce ne seront pas moins de 5 morceaux qui nous seront offerts dans cette deuxième phase, initiée avec we have some (on vous l'a dit, les surprises ont un goût d'antiquités, mais sacrément nobles !), la reprise des Visitors (electric heat) est elle aussi à l'affiche, précédant the drawback, le très efficace titre enregistré au bénéfice de la compilation de Harbinger Sound, et pour terminer, histoire de boucler la boucle, on a droit d'abord à un blind pas totalement inhabituel, mais aussi (surtout ?) à un faster vraiment inattendu au bout de ces presque 70 minutes. Si on imagine que les musiciens se sont fait plaisir avec cette set-list renouvelée, je dois avouer que comme le reste du public j'ai pris un énorme pied, on ne peut que remercier le groupe de cette prestation qui aura conclu de superbe manière une soirée qui a tenu les promesses de son affiche. Bien sûr, pour ceux qui auront raté le dernier RER, le retour at home aura pris des allures de calvaire (deux heures pour rentrer, avec des attentes interminables avec des températures négatives pour chacun des deux Noctiliens à emprunter), mais on dira que c'était le prix à payer pour s'être vu offrir un tel plateau !

 

Set-list (sauf erreur, tout à fait envisageable) :

  1. relax
  2. dreams laws rights and duties
  3. midlife crisis
  4. we miss you
  5. no trouble
  6. uncivilized
  7. even with the pills
  8. on the rise
  9. empires of shame
  10. excess
  11. angle grinder
  12. minimal wife
  13. assassination
  14. too many questions
  15. mother earth in rags
  16. Rappel : we have some
  17. electric heat
  18. the drawback
  19. blind
  20. faster

 

La suite, ce sera, après le passage radiophonique désormais presque régulier du dimanche, la prestation des Experimental Tropic Blues Band mardi au Supersonic, précédée de la projection au même endroit du film "Spit'n'split", il ne faudra pas être en retard !