[Louis Lingg and the Bombs / GAZ / Nothing To Tell] punk républicain
Date : dimanche 29 août 2021
Avec le coma prolongé dans lequel sont plongés Razibus et Paris Kiwi, c'est presque un miracle de ne pas être passé à côté d'une annonce de concert, ce qui m'a permis en ce dimanche après-midi de rejoindre Montreuil et son Square de la République, histoire de profiter du temps correct et d'un peu de musique vivante à mettre dans les oreilles.
On a raté un guitariste de type folkeux, présent en amuse-bouche pour attirer le public familial, mais ça se corse très vite avec l'entrée en scène (c'est un bien grand mot, tout le monde, musiciens comme public, est au même niveau) de Nothing To Tell, un trio qu'on avait déjà aperçu dans les studios de Konstroy et sur la scène du Cirque Électrique, et qui nous avait laissé il y a deux ans avec un souvenir de punk à l'américaine, pas totalement abouti, avec du chant en français pas toujours compréhensible. Aujourd'hui, c'est toujours un trio, mais avec un bassiste d'occasion qui épate tout le monde (pas une seule répet, et pas un seul pain à entendre !), un chanteur dont la voix est très saturée (ça perdurera tout au long de la fin d'après-midi), ce qui empêche de savoir si on comprend mieux ce qui se dit/chante/hurle... Quant à l'aspect très américain du truc, il faut avouer qu'on est assez bluffé par l'évolution du groupe, car il y a une belle variété de styles, on n'est plus sur l'autoroute des roulettes à laquelle on pouvait s'attendre, les morceaux eux-mêmes comportent des variations audibles, et également des constructions mélodiques assez carrées, bref ce qui pouvait s'annoncer comme un moment à passer sans passion se transforme en une belle re-découverte, qui valorise déjà le fait d'avoir traversé Paris au lieu de resté avachi devant une série... Un groupe en progrès appréciables et appréciés !
C'est un autre trio qui s'empare de l'absence de scène quelques minutes plus tard, et si je n'avais jamais vu Gaz en concert, c'est désormais chose faite ! Le trio expérimenté nous offre un punk rapide, mais pas hardcore, c'est juste que ça va vite, tout droit, mais ça s'avère très vite plutôt efficace. Les trois musiciens se chargent des voix, c'est plutôt un plus car ils ont des timbres très divers, ça permet donc de créer des différences entre les morceaux qui pourraient sinon parfois se suivre en se ressemblant fortement. Les morceaux s'enquillent, on n'est pas là pour traîner, mais cela n'empêche pas le bassiste de s'offrir un genre de solo sur un morceau dont l'intro aura été fortement influencée par le boredom des Buzzcocks, ils ont raison, on ne doit pas s'emmerder quand il faut s'inspirer des bonnes choses ! Au final, sans aller jusqu'à parler de set inoubliable, cela reste une belle première vision/écoute, et vu que le groupe ne se presse pas pour enregistrer, visiblement, il fallait être là pour en profiter !
C'est Louis Lingg and the Bombs qui organisait le concert, personne ne s'étonnera donc que le sextet (quintet aujourd'hui, le train n'est pas arrivé assez tôt pour que la claviériste rejoigne ses camarades à temps...) passe en dernier, plutôt en avance par rapport aux horaires prévus d'ailleurs... Laissant le batteur (oui, c'est bien le même que dans Nothing To Tell) en arrière plan, nous voici donc avec la chanteuse, les deux guitaristes et le bassiste en première ligne, avec un genre de balance exécuté en deux temps un mouvement (trois, c'est trop) sur un morceau qui sera repris en fin de set de manière plus carrée. On connaît bien le groupe, qui mélange allègrement punk, hip-hop et manganiaiseries pour créer la fiesta dans les salles et en extérieur, et on reconnaît facilement les titres joués ce soir, puisque le nouvel album à paraître d'ici un mois n'est pas censé faire partie de la set-list. Ce qu'on n'avait pas prévu, c'est que la saturation dans les voix, déjà ressentie chez Nothing To Tell, se retrouve multipliée par 4 d'entrée de jeu, et que cela ne s'arrangerait guère au fil des minutes. Le public joue le jeu malgré tout, puisque le son des instruments est lui plutôt correct, mais on reste tout de même sacrément frustré de ne pas profiter à plein de ce que ces jeunes gens veulent nous offrir. Alors, comme un fait exprès, mon téléphone sonne, je m'éloigne donc pour y répondre, et le concert du jour s’arrêtera ainsi là pour moi, après un gros quart d'heure, mais comme le groupe reviendra rapidement (au Centre Paris Anim' Montparnasse, le 1er octobre), on n'est finalement pas totalement déçu : les conditions acoustiques seront assurément meilleures ! Il n'empêche que ça nous aura quand même offert une belle fin d'après-midi...
La suite ? Ce sera probablement du côté du Supersonic ou de l'International, en attendant que les "grosses" salles nous proposent de l'intéressant...