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l'ayatollah du rock
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13 juillet 2025

Antibal du dimanche soir...

Date : dimanche 13 juillet 2025

 

 

Pendant que Tatave s'apprête à remettre son costume de général (il nous avait déjà fait le coup de "la France est en guerre" avec le COVID...) pour nous faire avaler la pilule d'un budget militariste au possible, on va découvrir en ce dimanche un lieu insolite et improbable : le Spot 13 est un espace en friche coincé sous le périphérique, dédié au street art (il y a suffisamment de place pour qu'o voie encore aujourd'hui des artistes en cours de production), qui permet la mise en place d'une scène extérieure mais abritée sous les voies et alimentée par un groupe électrogène. Le lieu accueille depuis peu des concerts, aujourd'hui c'est l'Antibal du 13 juillet qui pose ses amplis pour une très longue journée puisque pas moins de 12 groupes sont à l'affiche...

 

 

Si on arrive trop tard pour assister à la prestation de Dimitri Kikel, que l'on reverra plus tard sur scène en guest, on ne rate en revanche que le début du set de Paddock & Breakfast, un duo guitare-batterie avec le chant assuré par Bénédicte la guitariste tandis que la batterie est prise en main par Lionel, qui a décidé aujourd'hui d'être en maillot de bain, avec bonnet de bain et lunettes de bain, ce qui contraste un brin avec les tenues des spectateurs, plutôt en mode crête/docs martens... Le groupe va s'appuyer sur ses enregistrements pour nous proposer une set-list bien pêchue (alone, bira)  qui va caresser le keupon dans le sens du poil avec sa reprise des Ramones (beat on the brat), mais de manière générale le (encore maigre, à cette heure) public semble bien apprécier la performance et la simplicité du groupe, pas là pour en faire des tonnes mais pour présenter ses morceaux, sans chichis ni flonflons. Un morceau encore presque inédit (disponible en bande-son de l'ouvrage La Totale, de Franky Sinistra et Poup) révèle les inimitiés entre John et Yoko ayant abouti à la mort imprévue de Lennon (opération yoko), mais c'est avec la reprise de l'hymne des babus (on n'est pas certain du nombre de spectateurs qui connaissaient la version originale tirée de Signé Furax) que le groupe quitte la scène, après une prestation carrée, efficace, qui a plutôt bien lancé la journée.

 

 

Par la suite, c'est Bert Faster qui s'y colle, en mode chanteur-guitariste en solo, pas facile devant un public encore dégarni, mais on sent un certain savoir-faire et une forme d'habitude de jouer en quelque sorte les interludes, même si là il a droit à un temps de jeu respectable. Une découverte intéressante, avec l'énervement qui va bien sans trop forcer le trait de l'agressivité (musicale ou textuelle), il a raison, il faut maintenir les spectateurs à proximité de la scène jusqu'au bout de la nuit ou presque...

 

 

On passe en formule trio ensuite avec Year of the Dog, qui semble une évolution du groupe Talia qu'on avait vu et apprécié au Tambour à Vapeur il y a presque trois ans. Le groupe (guitare-basse-batterie, la basse étant féminine, ce qui tend à prouver que mes craintes d'une journée résolument masculine étaient infondées) fait dans un heavy-rock assez classique, je dois avouer ne pas avoir été totalement attentif  et donc ne pas être en capacité d'être objectif, il faut constater que cela fonctionne bien, et que le combo attire les volontés de partager la scène à l'avenir, ce qui est plutôt bon signe, et par ailleurs l'album avait visiblement été enregistré en solo par la chanteur-guitariste, il est donc probable que le son du groupe en live ne ressemble pas forcément à celui-ci en live - on demande à le revoir plus sérieusement à l'occasion...

 

 

On augmente encore le nombre de participants sur scène avec Brainless Network, un quatuor à deux guitares (masculines) et section rythmique féminine, qui fait depuis pas mal d'année maintenant dans le punk-rock à la française en version pas trop brutale, ce qui se traduit comme "du Punk Rock mélodieux des années 90 et 2000, mais dans les années 2020". Disons-le tout net, c'est globalement une belle réussite, même sans être forcément toujours enthousiasmé par le chant partagé, ce qui reste anecdotique tant la construction des morceaux tient la route. La batteuse (pas un manche derrière ses fûts) n'hésite pas à tenir le crachoir, même sans forcément réussir à se faire toujours comprendre, mais c'est évidemment le trio en avant-scène qui attire le plus l’œil et l'oreille, et je m'étonne de n'avoir encore jusqu'à présent jamais vu le groupe sur scène. C'est donc chose faite, et chose à refaire, tant cela fait du bien d'avoir un punk-rock légèrement sautillant à se mettre sous la dent - à suivre donc également...

 

 

Je n'avais vu qu'une seule fois Culture Lutte, et encore c'était en mode duo acoustique, la le trio va nous montrer de quel bois se chauffe son "Crossover thrash punk HxC", et je dois avouer que très rapidement je me dis que pour un jour de chaleur, même à l'ombre, ce n'est pas forcément ma tasse de thé. Pourtant on voit bien que la foule commence à se rapprocher de la scène pour mieux apprécier la finesse du propos, pour ma part je préfère rester un peu à distance, histoire de mieux savourer la bière encore rafraichissante et les frites en ayant presque le goût - il s'agit encore de rester quelques heures, on ne va pas griller directement ns cartouches d'énergie !

 

 

C'est un peu le même topo avec Gangrhaine, un quatuor à voix féminine, que j'aurais tendance à rapprocher d'un punk énervé à la Wunderbach, on n'est pas dans le hardcore mais on est plus brutal que les Brainless Network, par exemple, et le public s'en donne à cœur joie, tandis que je conserve mes distances, puisque je vous ai déjà expliqué que ce n'est pas un jour à trop s'énerver... Tout comme avec les Destroy Putas, d'ailleurs, dont le "Punk rade'n'roll" largement éprouvé (le groupe tourne depuis 25 ans) reste très efficace, en dépit d'une reprise de Thiéfaine (la fille du coupeur de joints) que j'avais plus appréciée la première fois que je l'avais entendue. C'est globalement bien fait, mais là mon excuse est une discussion à bâtons rompus, c'est aussi l'intérêt de ce genre de journées que de pouvoir rencontrer et échanger entre (ou pendant) deux concerts...

 

 

On est plus dans notre élément lorsque Louis Lingg and the Bombs monte sur scène, étant donné que le "punk-rock-garage-electro-big beat-pop-anarcho saviours of the 2 and half minute pop song" du groupe nous est largement familier. Ce qui l'est moins, c'est de constater que l'habituel sextet est ce soir limité à cinq membres, en l'absence de Clémence au clavier, et également d'Arno suppléé au dernier moment par Dorian (Brainless Network) à la guitare, alors qu'il devait initialement suppléer Clémence... Mais comme le groupe sait s'adapter à tout ou presque, on va avoir droit à un set énergique, dansant (non, je ne m'y suis pas mis, mais les autres spectateurs ont largement ondulé du popotin), engagé (Josh a rappelé le besoin de soutenir le peuple palestinien, seule trace d'un quelconque engagement de toute la journée), fun, souriant, bref le savoir-faire développé depuis bientôt 20 ans. On retrouve des titres récents (conspiracy, louis lingg anarchist) ou plus récents (freaky deaky, la reprise de break the rules de Charli XCX, nowhereland), qui font que les slams (ou tentatives) se multiplient, et surtout que la bonne humeur règne en maître sur et devant la scène. Ceci dit, il ne faut pas oublier les bonnes manières, alors une spectatrice monte s'empare du micro pour rappeler que la mixité est une bonne chose, mais que les spectateurs masculins doivent rester habillés s'ils veulent être au milieu des (ou sur les) spectateurs, une question de bon sens dont certains doivent manquer un brin... On s'amuse donc follement tout au long du set, et s'il n'y a pas de surprise à constater que la prestation se termine avec rave and steal, histoire de terminer sur une sacrée bonne note qui en plus va rester longtemps dans les têtes !

 

 

Il reste encore trois groupes, mais on n'a pas le courage de rester encore jusqu'à minuit pour assister au set des 3 Gnomes, on les reverra à d'autres occasions, puisqu'ils n'hésitent pas à faire des kilomètres pour nous apprendre à chanter en ogam...

 

 

La suite, ce sera d'ici une dizaine de jours, au Petit Bain, avec It It Anita.

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