[Cable Ties/Paddock & Breakfast/Fuji-Joe] crashing through
Date : lundi 28 août 2023
C"est lundi, et si les vacances ne sont pas encore terminées pour tous, le Supersonic va se remplir assez rapidement, avec un public plutôt jeune, enthousiaste, voire agité, ce qui ne pourra qu'aider les musiciens à être chauds d'entrée de jeu...
C'est un trio d'apparence juvénile qui démarre la soirée, Fuji-Joe est composé d'un batteur, d'un bassiste-chanteur principal et d'une guitariste, et si on trouve peu d'informations sur le groupe (un titre sur Soundcloud, une appellation 'grunge-noise" à confirmer sur scène, et des vidéos du set qui apparaîtront après celui-ci), on va rapidement comprendre qu'n n'est pas vraiment d'accord avec la désignation pré-citée... mais surtout que pour une découverte on va avoir le sentiment d'être sacrément gâté ! En effet, si la guitare semble trop peu mise en avant pour justifier le titre de grunge, elle n'en reste pas moins intéressante et excitante d'un bout à l'autre des 40 minutes que durera la prestation, permettant aux morceaux (en français, avec même de l'instrumental à l'occasion) de m'évoquer plus Television ou la no-wave new-yorkaise que les Sonic Youth annoncés, la section rythmique étant également peu classique dans son son et étant également au même (haut) niveau que la six-cordiste. Cerise sur le gâteau, le chant est très assumé, et va jusqu'à m'évoquer un Versari en un (léger) poil plus agressif, et si les amis des musiciens sont bien évidemment enthousiastes devant la scène, les spectateurs plus neutres seront pour la plupart conquis par cette première partie, qui demande à être revue et réentendue, y compris chez Konstroy si l'opportunité se présente : il fallait arriver à l'heure, ce soir !
On est en terrain bien plus connu avec Paddock & Breakfast, puisque le duo guitare-chant/batterie était déjà à l'affiche du dernier concert vu en début de mois, et si on regrettera que le set ne dépasse pas les 32 minutes, c'est bien le seul bémol que l'on pourra émettre après cette prestation, puisque techniquement tout se passera à la perfection (pas de pains, ce soir, un son très bon, des enchaînements très corrects) et musicalement on sera évidemment dans notre zone de confort. Le groupe s'appuie fortement sur ses enregistrements (l'album très récent "bad at faces", les deux 45T qui l'avaient précédé), et à voir la façon dont la fosse (en vrai, c'est le petit espace devant la scène) bouge, on se dit que sa fan-base va encore s'agrandir aujourd'hui, puisque cela pogote à qui mieux mieux, croire que certains entendent du hardcore dans ce qui reste plutôt pop-punk. Ce soir, la reprise du jour (hormis l'incontournable hymne des babus) n'est pas de Pierre et Bastien mais des Américaines de Babes in Toyland (je suppose qu'il s'agit de he's my thing), autant dire que le gros son original n'est pas facile à retranscrire à deux mais que le résultat est plutôt bluffant - comme quand le groupe reprend les Thugs, par exemple... On retrouve avec le même plaisir les insomnie, biru ou autre meeting, et si le set est bien trop court (je l'ai déjà écrit ?), c'est peut-être pour inciter les spectateurs à revenir voir la paire sur scène à la prochaine occasion - j'ai cru comprendre que fin septembre il y avait une belle affiche du côté de Plaisir, je dis ça je ne dis rien...
La tête d'affiche est, comme souvent cette année, australienne : le trio Cable Ties (deux femmes guitare-chant et batterie, accompagnées d'un bassiste) a sorti il y a quelques mois un excellent nouvel album "all her plans" (non, il n'a pas été produit par Mikey Young !), et ce soir c'est l'occasion de vérifier tout le bien qu'on a pu en penser, et de confirmer que la prestation de février en ouverture de OFF/ au Point FMR n'était pas qu'un feu de paille. Rassurez-vous, dès les premières secondes on sait qu'on a bien fait de ne pas rester devant la télé ce soir, ce qui nous avait estomaqué en début d'année (un punk rock largement mâtiné de riot grrrl, version Sleater-Kinney - particulièrement dans la voix) est toujours présent et efficace, on est donc parti pour plus de 50 minutes intenses, sans le moindre temps mort, le groupe peut étirer un morceau sans que jamais on ne s'ennuie, et si on n'est toujours pas convaincu par le chant du bassiste (un morceau, ça passe), cela reste anecdotique, puisque tout le reste nous laisse pantois. Chacun peut trouver son morceau de bravoure dans la set-list, on retiendra évidemment le tubesque crashing through, mais à voir la foule encore plus déchaînée au fil des minutes, on comprend qu'on n'est pas le seul à être enthousiaste. Le groupe fait pourtant sobrement les choses, puisque en dehors d'un passage en fosse de la guitariste chacun reste plutôt sagement à sa place sur scène, mais cela lui permet de se concentrer sur la musique, c'est d'ailleurs tout à fait louable, et comme le groupe ne fait pas mine de vouloir s'arrêter (il a d'ailleurs commencé avant l'horaire annoncé, ce qui est souvent bon signe), on profite jusqu'au bout de cette soirée quasi parfaite, qui n'aura donc nui qu'à nos seules heures de sommeil. Une superbe fin pour une excellente soirée !
La suite, ce sera maintenant en septembre, avec en guise de certitudes les retours de Paul Weller et des Hives, mais il y aura probablement d'autres bonnes choses à voir et entendre...