[Pyjamarama / Oh no It's DIVA / Fleur Bleu.e] rentrée internationale
Date : jeudi 2 septembre 2021
C'est jeudi, c'est la rentrée, pour les grands comme pour les petits, et si pour les uns c'est l'école, pour les autres c'est les concerts. Ce soir, après avoir hésité avec le Supersonic, on opte pour l'International, histoire de reprendre en douceur, en arrivant juste à temps pour la pinte en happy hour (3,50€, et après on évite d'avoir soif...), et également pour ne rien rater de la partie musicale de la soirée.
Ça commence donc avec un duo mixte au patronyme de Fleur Bleu.e, qui en fait s'avère un trio avec l'apport d'une bassiste en appoint des deux guitaristes, mais il ne faut pas se laisser prendre au piège d'un nom un peu gnan-gnan, car la dream-pop proposée s'appuie sur une base rythmique bien efficace, où l'on regrette seulement que la batterie soit enregistrée (et un peu trop mise en avant, du coup). Il existe d'ailleurs des vidéos du groupe en version à 4, qui ajoutent au regret de ne pas avoir la version complète ce soir, l'impact visuel et sonique sur les changements de rythmes doit sans doute être important. Le chant de la guitariste est plutôt agréable, et très rarement faux, ce qui ne sera pas le cas lorsque le guitariste prendra (occasionnellement) le chant à sa charge (lorsqu'il s'occupe des chœurs, sa voix est quasi inaudible, et l'intérêt en apparaît donc très limité). On regrette également de rarement comprendre les paroles, que ce soit en français ou en anglais (l'acoustique des lieux peut être une explication partielle), mais on constate que lorsque le tempo se calme, et qu'on reste juste avec les instruments de la scène, c'est également efficace, tout comme lorsque la guitariste échange sa six cordes contre un clavier, utilisé avec une extrême parcimonie, et cela permet également pour le coup de tout comprendre aux textes. Bref, ces 40 minutes permettent à la soirée de démarrer sur d'excellentes bases, loin des pogos et slams endiablés, mais dans ce monde de brutes cela fait du bien de temps en temps de s'offrir des oasis de douceur...
C'est un autre trio, entièrement féminin celui-là, qui prend la suite, avec une mise en scène visuellement travaillée : chacune des musiciennes est en combinaison rouge, avec le logo Oh, no It's DIVA dans le dos, et arbore un petit chapeau rigide rouge à trois étages typique, qui sera abandonné une fois l'intro rythmée et musclée terminée. Le set démarre réellement avec jocko homo, le seul titre du set que je reconnaîtrai, et vous aurez peut-être compris que ces demoiselles, échappées de Mary Bell pour deux d'entre elles, ont décidé de reprendre du Devo (pour ce titre, le we are Devo est adapté en on est Diva). Le groupe américain a de nombreux adeptes, mais malheureusement je n'en fais pas partie, sans doute trop synthétique à mon goût, si on veut chercher une explication rationnelle, dans tous les cas le trio du soir a beau tout faire (et plutôt bien, d'ailleurs), ce n'est pas en rentrant que je vais me précipiter sur les albums des adeptes de la Devo-lution pour rattraper mon retard... Pourtant, il n'y a rien de désagréable dans ce qui rentre dans les esgourdes du public (plutôt nombreux, et ce sera le cas du début à la fin de la soirée), j'ai même tendance à trouver qu'il y a de fortes accointances avec les premiers Wire, surtout dans la guitare de Victoria, mais c'est vrai que les sonorités électro-synthétiques extirpées du clavier me prennent à rebrousse-poil... Le chant se partage principalement entre la guitariste et la batteuse, avec pour Victoria une omniprésence de la réverbération, le public dodeline allègrement de la tête et d'autres parties du corps, et on sent le désappointement lorsque le groupe termine sa prestation après une demi-heure seulement. Sans regretter d'être venu, loin de là, je suis tout de même presque déçu de ne pas avoir été converti à la Diva-lution, vu les sourires sur les visages des spectateurs...
Pour clore la soirée, c'est encore un trio (guitare-batterie-clavier/basse) qui va officier, et comme j'avais chroniqué son dernier album pour Abus l'an dernier, je suis en terrain relativement connu pour apprécier ce que Pyjamarama (oui, comme le morceau de Roxy Music) veut nous offrir. Dès le début du set, je retrouve les ingrédients que j'avais appréciés à l'écoute de "Simple living", c'est-à-dire une proximité avec Deerhoof ou Pompoko, comportant des ruptures rythmiques, quelques sonorités incongrues, et également un chant partagé très réussi, la façon dont le batteur gère sa voix m'évoquant régulièrement un Joe Jackson dans sa période steppin' out. Vous connaissez mon aversion globale pour ce qui est synthétique, dans ce cas il n'y a rien qui me défrise, presque étonnamment, et le public qui a fini par revenir de sa pause clope-bière-toilettes semble également conquis par le trio. Histoire de ne pas verser dans l'angélisme total, je dois avouer que parfois certains titres sont un peu bavards, étirés jusqu'à l'envi (et particulièrement le dernier et interminable morceau), et que nous proposer deux slows d'affilée c'est assez peu généreux pour nos nerfs, mais cela ne gâche pas du tout l’excellente impression générale de cette cinquantaine de minutes, même si on peut estimer que le début du set était plus à ma convenance que sa fin. Le groupe a pour le moins confirmé que le passage du studio à la scène n'altérait en rien sa qualité !
La suite, après la reprise en douceur de Konstroy ce dimanche, ça pourrait bien être au même endroit d'ici une grosse semaine avec Guerre Froide samedi, ou la veille avec les Foune Curry à la Gare XP, dans tous les cas il y aura au moins It It Anita au Point FMR dans une grosse dizaine de jours.