[LPDB / Effello et les ET / Project Reject] monde merveilleux
Date : vendredi 23 juillet 2021
C'est bien la première fois que j'utilise mon "pass sanitaire" (mon certificat de vaccination, en clair) en ce vendredi soir, et si le mois dernier le concert au Centre Paris Anim' Montparnasse était à la fois une bonne surprise et un flirt avec la légalité, ce soir il n'est pas question de prendre de risques, c'est donc pass ou test récent , ce qui empêchera sans doute quelques uns d'accéder aux lieux - on supposera même que d'aucuns auront boycotté, pour le principe car ce n'est pas le tarif qui peut effrayer : l'entrée comme les boissons sont à prix libre (pour l'entrée comme pour les boissons...).. Résultat, la jauge fixée à 75 personnes sera loin d'être remplie, ce qui au moins nous évitera d'étouffer dans la salle, car il fait encore bien chaud (au moins jusqu'à demain !).
Le temps de prendre une petite bière fraîche (c'est important, ce ne sera plus forcément le cas par la suite...), et on se rapproche de la scène, où les LPDB vont entamer leur set. Dans un temps ancien, les LPDB étaient accolés à Edouard Nenez sous le nom de "Les Princes De Bretagne". Depuis qu'ils cultivent seuls le terreau du punk-rock, l'acronyme correspond à chaque fois à une expression différente, ce qui se traduit sur scène par des t-shirts variés suivant les musiciens : "Le Problème Des Baguettes" pour le batteur, "Le Pote De Bakounine" pour le guitariste-clavier, et "Les Prolégomènes Du Barbu" pour le second guitariste, et ce soir sur le flyer par "La Pandémie Des Bamboches". Vous l'aurez compris, on ne se prend pas forcément trop au sérieux chez les LPDB, mais cela n'empêche pas d'avoir de vrais morceaux, bien construits, et qui, en dehors des quelques solos de guitare et des sonorités Bontempi difficilement supportables (heureusement pas sur tous les morceaux), constituent une excellente introduction à cette soirée. Bien sûr, si le chant est collectivement assumé (et donc assuré par chacun plus ou moins à tour de rôle), le résultat en est variable suivant le possesseur de l'organe vocal utilisé, on a par exemple beaucoup de mal à comprendre le bassiste (en français comme en anglais), alors que le guitariste-clavier s'applique bien plus, et est donc bien plus clair, ce qui permet au public de suivre au plus près les paroles, voire de les suivre (consommez de l'alcool en écoutant du rock'n'roll). On sent que le passe-montagne n'est pas forcément de saison, mais qu'il est bien de l'avoir dans sa set-list, et à voir les spectateurs (une grosse vingtaine, y compris quelques jeunes) se trémousser à qui mieux mieux, on se dit que le groupe aura réussi son coup, et que ces trois gros quarts d'heure auront permis de faire monter la température dans la bonne humeur, ce dont d'ailleurs on ne doutait guère...
Le temps d'aller s'enfiler une bière tiède (il fallait vraiment profiter de la première !), et on revient vite pour ne pas rater la suite, qui est constituée par le retour sur scène d'Effello et les Extraterrestres, qui, dans le même mode trio que je les avais vus il y a un peu plus d'un an, va nous offrir le même genre de spectacle avec la même réussite. On se demande toujours, au fil des années, si Effello a rejoint les Wampas parce que son son collait avec celui des glorieux anciens, ou s'il a importé dans son groupe le son des Wampas, dans tous les cas le fait est que la connexion reste toujours aussi évidente, sans doute en une version un poil plus rapide tout de même, mais que ce soit dans le chant voire dans les paroles la filiation semble incontournable, et sans doute assumée d'ailleurs. Dans la salle, le public réagit là aussi avec ferveur, allant jusqu'à effectuer des pompes sur 7h du matin, ce que je n'aurais jamais pensé voir ici ce soir (voire dans n'importe quel concert, en fait). Si Effello a enregistré un album complet de reprises de Ringo, ce soir la set-list se concentre sur les morceaux du groupe, de julie (sur lequel Josh Louis Lingg vient ajouter sa voix) à étudiant ou marie-charlotte, en passant par une adaptation en français du i don't wanna walk around with you des Ramones et une improbable reprise de et tu danses avec lui (oui, j'ai dû vérifier l'original, j'avais oublié que c'était de C Jérôme). Vous l'aurez compris, on n'a pas changé d'atmosphère qui demeure bienveillante/amicale/potache, et là encore les 3/4 d'heure passent sans qu'on s'en rende compte, et décidément on ne regrette pas d'être là ce soir !
Pour terminer la soirée, on va un peu durcir le ton, puisque c'est Project Reject qui monte sur scène. La dernière fois qu'on avait vu le groupe sur scène (oui cela remonte à un petit moment), il était en formation duo (guitare-batterie), ce soir c'est un trio qui se présente à nous, puisque Sean, le guitariste-chanteur, est accompagné par un duo basse-batterie, avec Manga (Guillotine, Marteaux Pikettes...) dans le rôle de frappeur de fûts. Vu qu'on s’était posé la question du bienfait éventuel du passage du duo au trio, ce soir c'est l'occasion rêvée de constater qu'il y a un apport, réel et bénéfique, car cela libère sans doute Sean et lui permet de ne se concentrer que sur le chant et la guitare, ce qu'il fait avec une grande réussite. Si la référence assumée est celle du punk US 1979-1983, j'y entends plus un genre d'Exploited moins bourrin, avec un chant marquant et non hurlé, tandis que les musiques permettent de bien entrer dans les morceaux, la section rythmique assurant de manière très réussie, en dépit d'évidentes incertitudes et hésitations lies on n'en doute pas à la jeunesse de cette formation. Parfois on croit que c'est du hardcore qui va débouler, mais cela n'arrive jamais, on reste dans des tempos punk, ce qui n'empêche pas le pogo de se développer et d'agiter la foule devant la scène, quitte à écraser ici ou là quelques paires de lunettes malencontreusement échouées au sol... Finalement, le seul regret à l'issue de cette prestation est sa brièveté, vu qu'on ne dépassera pas les 35 minutes (avec des enchaînements rarement très performants), autant dire qu'on attend la prochaine prestation du groupe (désormais trio ?) avec impatience, l'avenir ne pourra que confirmer les excellentes dispositions qu'il a pu laisser apercevoir ce soir ! Bref, une excellente soirée, musicalement parlant, et qui aura également permis de croiser et d'échanger avec des personnalités toujours aussi sympathiques (et aussi de remplir encore l'agenda Konstroy de la rentrée...).
La suite ? Quelle suite ? Si vous avez des pistes pour des concerts intéressants pendant l'été, n'hésitez pas à me le faire savoir, car hormis jeter une oreille sur la programmation du Supersonic au Trabendo, il ne me semble pas qu'il y ait grand chose à se mettre entre les tympans...