[Didier Wampas] on n'aime que lui
Date : 29 septembre 2012
Affluence très mixte en ce samedi soir à la Maroquinerie, avec un public composé de femmes (en bonne quantité) et d’hommes, de jeunes (voire très jeunes) et de vieux (voire très vieux), mais surtout de trentenaires et quadragénaires, juste de quoi remplir aux 3/4 la salle, dans une ambiance joyeuse, voire festive, qui nous change de la grisaille de ces mois de crise...
Pour entamer la soirée, c’est un groupe de jeunes qui grimpe sur scène, répondant au doux nom de Effello et les extraterrestres. Pour faire court, on peut dire que c’est sans doute le premier groupe au monde qui a décidé de plagier les Wampas : le chanteur chante faux, la musique est énergique et pourrait tout à fait correspondre à des morceaux oubliés des Wampas, et en plus il y a du concentré de Didier W. dans le groupe, puisque c’est son propre fils qui officie à la basse ! Alors la réaction du public est dans ce cas radicale : soit on accepte le principe de base, et l’adhésion est totale, soit on estime qu’un exemplaire des Wampas suffit, et on rejette en bloc tout ce qui fait Effello, par exemple les paroles (du type “enculés d’étudiants de merde”, et autres finesses du même genre), ce qui explique que certains quittent rapidement la salle pendant que les autres (la majorité, quand même) assistent sans barguigner à la vingtaine de minutes de set, et sortent de la salle avec le sourire aux lèvres...
Peut-on également parler de plagiat en ce qui concerne Sugar & Tiger ? Beaucoup moins, car si le son évoque toujours largement les Wampas, l’explication en est encore plus rationnelle : le duo original est composé pour moitié de Didier W. lui-même, l’autre moitié étant une donzelle au filet de voix sensiblement limité mais pas trop criard, ce qu’on peut apprécier. Sur scène, le duo est accompagné de musiciens annexes, dont Franck, le guitariste des Bikini Machine, et là encore peut se poser le degré de sérieux que l’on doit accorder au groupe, qui travaille un peu plus ses textes que la première partie, mais ne transcende pas forcément le genre au niveau musical. Bref, encore une fois, il est temps que la vingtaine de minutes se termine, et que l’on passe rapidement aux choses sérieuses...
C’est d’ailleurs avec un poil d’appréhension qu’on voit l’heure tourner, car si le programme est tenu, cela ne laisse plus que 45 minutes pour la tête d’affiche... Heureusement, il y aura une belle souplesse accordée, et on aura droit à une durée plus habituelle de set (72 minutes), même si on aurait pu en espérer quelques minutes supplémentaires encore ! Car Didier Wampas, toujours accompagné des Bikini Machine, est capable de toutes les folies, ce qui ne se verra que partiellement ce soir, et comme le public est totalement dévoué à son héros (les “Didier Wampas c’est le roi !” (sic) seront régulièrement entonnés), il y a sans doute moins d’efforts à faire pour conquérir les spectateurs... Au programme, on a donc droit à une bonne partie de l’album solo du chanteur en costard 3-pièces (au hasard, la folle de marvejols, taisez-moi ou ainsi parlait didier wampas), mais aussi à une foultitude de reprises, plus ou moins complètes (si les anarchistes n’est qu’ébauchée, les marionnettes sera intégralement exécutée, tout comme comme d’habitude, oscillant entre Sinatra et Vicious), plus ou moins fidèles (barbara ann dans une version hésitant entre Beach Boys et Martin Circus, qui incite un spectateur à exhiber longuement son anatomie sur scène, faisant s’esclaffer Franck et rire jaune Didier, ou brand new cadillac en VF), et allant jusqu’à l’émotion réelle, au moins pour Didier et les plus anciens des spectateurs (en reprenant si tu me quittais des yeux, du regretté Jean-Luc le Ténia). Côté musique, on est dans une version sixtisée de celle des Wampas, les Bikini Machine sont bien présents, et pas uniquement en tant que comparses, et on sent qu’eux aussi s’amusent bien, en restant sur scène pendant que Didier s’enfuit longuement dans la fosse (magique), et même les reprises des Wampas prennent une nouvelle jeunesse, agrémentées qu’elles sont de ces sonorités propres au groupe rennais (petit pd). Autant dire que la foule est globalement ravie, les petits comme les grands, et que la fin du set intervient bien trop vite (1h chrono)... Mais le rappel intervient rapidement, avec un punk ouvrier en étendard, qui permet à chacun de se détendre les bras en serrant le poing au-dessus de la tête, et après la brand new cadillac déjà évoqué, c’est l’hymnissime quelle joie le rock’n’roll qui offre la possibilité à tous de monter sur scène, obligeant les musiciens à prendre du recul (physiquement), et offrant à une très jeune fille son premier radio-crochet devant des centaines d’yeux et d’oreilles, pour hurler “le rock’n’roll” suffisamment de fois pour rendre jaloux l’un de ses partenaires de cour d’école... Bref, le set s’achève donc, comme prévu, dans l’allégresse, et si cela aurait pu durer plus, l’énergie dépensée et offerte a été réelle, et on ne peut en vouloir au groupe d’une quelconque retenue ; simplement, comme pour la prestation des Wampas à la Cité de la Musique l’an passé, on a parfois le sentiment que certains groupes ne donnent pas forcément leur maximum lorsqu’ils jouent à Paris, que cela soit de leur propre volonté ou non (on sait les salles assez radines en ce qui concerne les horaires). Mas ne boudons pas notre plaisir, et attendons encore la prochaine fois, on connaît nombre de groupes qui aimeraient être capables de donner moitié moins de plaisir à leurs spectateurs !
Mardi, direction le Point Ephémère pour la prestation de Gallon Drunk.