[Warum Joe/Holy Holster/3 Gnomes/Donald Drunk] nous aussi
Date : mercredi 21 juin 2023
Comme tous les ans, je fuis la fête de la musique, ou plutôt je me contente éventuellement d'un concert, et cette année encore je retourne au Holy Holster Bar, puisque je sais que la musique va me convenir, que l'ambiance va me convenir, et que la bière va me convenir...
Pour une fois, il faut arriver à l'heure, alors à 19h30 on est installé juste devant la scène, un peu derrière le porte-manteau (il faut faire avec), et Warum Joe démarre en beauté avec sang famille, histoire de rameuter les retardataires, qui pourront s'en mordre les doigts puisque ce soir le groupe est réduit à un quatuor (chant/guitare/basse/clavier-machines) au lieu d'un sextet, ce qui va nous donner la possibilité d'avoir le sentiment d'entendre distinctement chacun des instruments, d'entendre également le chant de manière parfaite, autant dire d'avoir l'impression d'être un privilégié ! Pour l'occasion, le groupe va piocher dans son abondante discographie, en oubliant le dernier 4T au passage, et en ressortant des morceaux pas forcément présents dans toutes les set-lists (habla mejor, tu quoque, utah bitch), ce qui ajoute au plaisir procuré par les plus habituelles cfc, carpates show ou tchang. Vu que respublica (mon favori) est de la partie, que les spectateurs connaissent les paroles par cœur, et qu'on a aussi droit à lame fatale ("la seule chanson engagée du groupe", selon le chanteur Pascal) ou peine totale, le plaisir règne d'un bout à l'autre des 40 minutes que dure la prestation. 40 petites minutes donc, exit les al tarma et dactylo qui apparaissaient pourtant sur les set-lists des musiciens, mais on s'en contentera, puisque de toute façon il est impossible de faire la fine bouche devant un concert de WJ, et ma soirée est d'ores et déjà réussie !
Set-list :
- sang famille
- idi amin
- tchang
- cfc
- carpates show
- loto critique
- casablanca
- respublica
- habla mejor
- beryllium tremens
- tu quoque
- utah bitch
- lame fatale
- peine totale
- music box
Il fait quand même chaud à l'intérieur, alors on prend un peu de recul, pour constater qu'il y a un peu moins de monde que d'habitude dehors, la faute sans doute à un autre gros concert punk à Montreuil (initialement prévu place d'Aligre) qui aura divisé le public, et le temps de se désaltérer, de raconter le concert de WJ aux retardataires, on s'aperçoit que les Holy Holster ont entamé leur set, c'est donc trop tard pour retourner dans le bar, on écoutera donc d'un peu plus loin un set bien punk et énergique, comme toujours avec les régionaux de l'étape, en jetant un œil on voit que le public s'est densifié devant la scène, mais on sait que ce n'est que partie remise pour revoir plus attentivement le groupe sur scène...
On ne se fait pas avoir deux fois, alors on retourne devant la scène (et derrière le porte-manteau) juste avant le début du concert des 3 Gnomes, histoire de ne pas rater la prestation des hardcoreux. Guitare, basse, batterie, un chant assuré par le batteur, en ogam s'il vous plaît, et c'est parti pour 50 minutes très intenses (malgré un petit interlude d'hésitations), puisant dans les morceaux récents du groupe (deh bünga deh bünga, panta hünt hass, tahr zann hüss) et dans les plus anciens tirés de la discographie des Gnomes, qui remonte à quarante ans (gwirdig, tohra!, ptit pois). Là encore les spectateurs sont aux anges, même s'il leur est plus difficile d'accompagner le chant, et ce n'est pas l'habituelle reprise du too drunk to fuck des Dead Kennedys qui va faire baisser la température... Une nouvelle fois, Sytos (le batteur-chanteur) se fait remplacer par son jeune fils derrière les fûts, l'avenir est assuré avec une telle relève, et vu que le guitariste et le bassiste ne semblent même pas souffrir de la chaleur, on se dit que le groupe n'a pas encore tout donné - d'ailleurs 7 ans depuis le dernier 5 titres, ça commence à faire un peu long, non ? Z'auriez pas des petites nouveautés à nous faire découvrir ? Dans tous les cas on ne regrette pas d'avoir repris un coup de chaud dans la salle, ça vaut le coup de se faire du mal parfois !
Résultat, on se retrouve dehors au moment où les Donald Drunk jouent dedans, et comme pour les Holy Holster on n'aura donc qu'un entente partielle de la prestation du quintet. Mais ce qu'on entend suffit à nous rappeler que le punk rock du groupe est bien plus évolué que pour la majeure partie des groupes punk, on en aura la preuve dimanche chez Konstroy, et comme on sait qu'on aura droit à une séance de rattrapage à la mi-juillet à l'International, on se rassure sur ce mini-loupé... Ceux qui ont réussi à se glisser dans le bar ne l'ont pas regretté, ce qui confirme les belles impressions que le groupe avait laissé , au Rigoletto comme au Cirque Électrique !
La suite, ce sera probablement jeudi prochain, au Supersonic avec Brandt et Plomb (et Italia 90, mais je n'avais pas été convaincu début 2020 au Trianon...).