Canalblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
l'ayatollah du rock
Publicité
17 janvier 2020

[Fréquence Paris Plurielle] en famille

Date : vendredi 17 janvier 2020

 

Les choses étant ce qu'elles sont dans ce beau pays, les radios associatives survivent comme elles le peuvent, et pour compenser un brin les baisses de subvention doivent trouver un peu d'argent ailleurs. Le concert de soutien est un moyen, alors plutôt que d'aller débourser 30 boules ce vendredi soir pour aller voir Edith Nylon reprendre du Taxi Girl au Petit Bain, on rejoint le Cirque Électrique pour cette soirée de soutien à Fréquence Paris Plurielle, la programmation comme le public sont bien plus punk, et l'ambiance sera excellente d'un bout à l'autre de la soirée.

 

Les horaires sont tenus dès le début de soirée, puis le quatuor mixte The Flug arrive sur scène à 20h19, et commence immédiatement... ah, ben non, c'était trop beau, il y a le problème technique de dernière minute qui survient, alors on se prend 20 minutes dans les dents d'entrée de jeu, ce qui décalera d'autant la fin de soirée... Le groupe, comportant un bassiste, un guitariste et une boîte à rythmes, repose beaucoup sur ses deux chanteuses/hurleuses, en salopettes de travail qui cachent (pas très longtemps) des t-shirts home-made en forme de jeux de mots sur "the flug" (ne me demandez pas la signification de ce mot...). Musicalement, on est plus proche des Ludwig que de Warum Joe, mais si le groupe revendique l'appellation de PUNK RIOT OLD SOUND BEATBOX, c'est essentiellement l’aspect riot-grrrl qui s'entend, je ne dirais pas forcément "se comprend", tant il est ardu de comprendre ce qui se dit/chante... Le principal reproche que je ferais au groupe est celui d'une certaine monotonie dans la composition des morceaux, le degré de surprise fléchissant au fil des minutes. En revanche, scéniquement cela bouge beaucoup, c'est un poil bordélique (mais on ne s'en plaint pas), et au bout de cette grosse quarantaine de minutes la majeure partie du public arbore un air satisfait, preuve que je suis peut-être le seul à émettre des réserves au sujet de cette prestation...

 

Parlons-en du public : l'intérêt du concert de soutien est de rameuter du monde (et donc des sous), et l'objectif est rapidement atteint, puisque la jauge (150 spectateurs) de la salle est atteinte, cela rassurera ceux qui craignaient la concurrence (Petit Bain, Supersonic, Pointe Lafayette, Kilowatt...), et comme les spectateurs n'hésitent pas à sortir fumer (on ne s’attardera pas sur les relous du dernier rang, qui trouvent toujours malin ou "rebelle" de fumer dans la salle), cela permettra de ne jamais avoir l'impression d'étouffement, on ne se marche pas sur les pieds tout en étant satisfait du nombre de participants, ce qui est inespéré...

La soirée continue avec un autre quatuor, mixte également, mais pour le coup Rikkha s'appuie sur une chanteuse et une batteuse entourées d'un guitariste et d'un bassiste, et si le groupe entame son set avec des titres bien connus (les femmes, the beast), il ne va pas tarder à nous présenter des vraies nouveautés, un american dream comportant un joli solo de guitare ou je suis la femme, en guise d'hymne à la sororité, ces deux titres permettant de constater que si la part belle est laissée à Seb (guitare) et Juliette (chant), les deux autres musiciens prennent de plus en plus de place dans le groupe, que ce soit dans la composition ou même dans les voix, à l'instar de ces parties de chœurs/vocalises de la batteuse, cela offre une autre dimension au rock (certains y voient une belle dose de psycho) du groupe. Comme toujours, Juliette est omniprésente sur scène, et elle ne se prive pas de présenter les titres mais aussi de rappeler au public le pourquoi de la soirée, et si la chorégraphie sur spank me ne semble pas forcément prendre dans la fosse, on constate que le groupe a encore pris de l'assurance et de l'ampleur sur scène. Puisque le quatuor ne joue pas très souvent sur Paris, il profite de la soirée pour nous présenter une troisième nouveauté, ou semi-nouveauté puisque ghost dance, consacré aux peuples autochtones, est une traduction d'une version déjà préexistante, et la présence de Emiko sur ce titres est encore plus évidente et impressionnante. Le groupe termine son set avec kitten on wheels qui précède nuit fatale, et une nouvelle fois on aura apprécié ce set, les musiciens et Juliette semblant de plus en plus en phase et s'apparentant donc au fil des mois à une belle machine à concerts !

 

Pour terminer la soirée, on compte sur Warum Joe pour maintenir le niveau, on a totalement confiance dans le sextet, qui ce soir n'est en fait composé que de cinq musiciens (il manque l'un des deux préposés aux machines), ce qui augure de versions allégées ou au moins différentes de celles auxquelles nous sommes habitués. Pour évacuer tout de suite le sujet, on dira que parfois on n'entend que très légèrement les guitares, que certaines parties de machines ou claviers auront disparu dans l'affaire, et que certaines intros n'aboutiront pas, ou imparfaitement, mais c'est quelque chose qui ne nous déplait finalement pas, on sait qu'il est habitué aux problèmes techniques, ce qui rend chaque prestation unique. Ce qui est également unique, c'est la set-list, puisque jamais le groupe ne se repose sur ses lauriers ou une set-list déjà usagée, alors si on va retrouver quelques incontournables, bien sûr, à commencer par datcha, peste noire et bogota, on attend toujours la suite avec impatience, histoire de voir quelles pépites auront été extirpées de la malle aux trésors... Le groupe est comme toujours au taquet tout en refusant de se prendre au sérieux, les échanges de regards amusés suivent les quelques pains (une machine qui démarre en manière inopinée en plein morceau, par exemple), et si la bière sera un thème récurrent des interventions des uns et des autres, Pascal le chanteur aura placé le curseur bien haut d'entrée de jeu en rappelant que "le groupe est là pour FPP, l'âge pivot et Booba", ce qui correspond à la multiplicité des degrés auxquels on doit prendre le concert et les chansons proposées. Si on n'est guère étonné d'entendre peine totale, le camionneur ou mauser fucker, rarement absents des prestations des dernières années, c'est avec un plaisir toujours renouvelé qu'on retrouve sun tsu, mais lorsque les voix du saigneur déboulent, là c'est le top, la résurrection d'un titre enfoui dans les limbes, et à lui seul ce morceau aurait justifié notre présence ici ce soir ! Mais comme le groupe ne fait rien comme les autres, l'interlude qui suit est comblé par Pascal qui invite deux acolytes sur scène pour reprendre/imiter Booba (je ne connaissais pas boulbi), mais la blague ne dure que quelques secondes, avant de reprendre avec les titres les plus récents, ice cream, charlie's angels ou desert beagle. Au milieu le groupe insère "la seule chanson militante de Warum Joe" (dixit Pascal), soit lame fatale (sur la tauromachie), même si une lecture attentive des textes du groupe peut remettre cette assertion en question, puisque la politique y est souvent en filigrane. Et si on approche dangereusement de minuit, il n'y a pas de citrouille qui vaille, le groupe tient à jouer au moins une heure (à voir la set-list prévue, il aurait même pu doubler ce temps...), alors on reprend sang famille avec la complicité de tous les spectateurs, et on finit (définitivement cette fois-ci) avec la reprise du rockers de LSD, sur laquelle deux comparses viennent donner de la voix (ou de l’absence de voix, cela dépend), et même si le groupe comme certains spectateurs étaient prêts à en entendre plus, il faut bien terminer une soirée de soutien ! Au final, une belle soirée, totalement réussie, dont on espère qu'elle pourra aider la radio à tenir debout...

 

Set-list :
  1. datcha
  2. peste noire
  3. bogota
  4. peine totale
  5. le camionneur
  6. gesellschaft
  7. love me tendo
  8. milady en sous-sol
  9. mauser fucker
  10. kriegspiel
  11. sun tsu
  12. les voix du saigneur
  13. ice cream
  14. lame fatale
  15. charlie's angels
  16. dernière spéciale
  17. bloody mary
  18. desert beagle
  19. sang famille
  20. rockers

 

 

La suite, ce sera sans doute samedi prochain à l'Espace B, avec le retour de Litovsk.

 
Publicité
Commentaires
M
Salut<br /> <br /> <br /> <br /> J'y étais aussi. Tu es sévère avec The Flug. Les deux chanteuses avaient une belle énergie et le guitariste et le bassiste assuraient bien. Ils m'ont donné envie de bouger.<br /> <br /> <br /> <br /> Rikkha : bon groupe avec une chanteuse charismatique aux textes féministes et des musicos qui tiennent très bien la route.<br /> <br /> <br /> <br /> Warum Joe est un groupe que j'adore mais quand j'étais jeune (j'ai 49 ans), ils étaient hyper-rares sur scène ce qui n'est plus le cas aujourd'hui (tant mieux !).<br /> <br /> <br /> <br /> En dehors du cercle des spécialistes, on ne mesure pas le talent d'écriture de Pascal. C'est très fin et très subtil. Un groupe punk avec des textes intello et travaillés, c'est rare même si j'aime aussi les Ludwig.<br /> <br /> <br /> <br /> La reprise de LSD passe toujours aussi bien avec la ligne de basse du début. En revanche, j'ai été un peu frustré par la durée du concert. Cela m'a paru trop court.<br /> <br /> <br /> <br /> Manu
Répondre
l'ayatollah du rock
  • Chroniques de concerts/albums/autres, et beaucoup de mauvaise foi... A venir : 22/07/26 Clamm 23-26/07/26 Binic 13/09/26 Flamin' Groovies 25/09/26 Black Box Recorder 26/09/26 Scott Mccloud 17/10/26 Washington Dead Cats
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité
Pages
Derniers commentaires
Newsletter
19 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 100 596
Publicité
Publicité