[Plomb] alchimie
Date : mercredi 16 février 2022
C'est mercredi soir, les discothèques rouvrent (on s'en fout), les cafés permettent de nouveau de rester debout (ça ne nous manquait pas forcément tant que ça), et les concerts debout sont de nouveau autorisés. Et là, c'est la bonne nouvelle du jour, qui explique qu'il y ait déjà pas mal de monde au Supersonic avant 20h (la pinte de bière en happy hour est une autre explication), avec une affluence qui grandira au fil des minutes, mélangeant dans la bonne humeur vieux punks et jeunes habitués du Supersonic...
C'est sur les coups de 20h30 que les Holy Holster grimpent sur scène, et si ça fait un bon bout de temps que je n'ai pas vu le quatuor, on peut dire très vite que les choses n'ont pas forcément bougé depuis quelques années, mais que ce n'est pas une mauvaise chose ! Emmenés par un chanteur qui se retrouvera assez rapidement torse nu (enfin, nu, c'est si on omet les tatouages), le trio de musiciens qui l'accompagne (guitare-basse-batterie) est pour le moins efficace, assez carré, et sait y faire en matière de punk rock à la française (Rats-Cadavres), avec un Jano à la gratte qui impressionne, physiquement et techniquement, derrière son manche (parfois même il est à la limite d'en abuser). Le chant et les paroles, en français bien sûr, sont la plupart du temps très compréhensibles, et si on doit avouer n'avoir pas encore repéré de tube à reprendre en chœur (vacarme, peut-être ?), les trois quarts d'heure de set passent comme une fleur, même si on peut avoir le sentiment d'un son pas forcément optimal - vous me direz que cela dépend de l'endroit où l'on est placé, et je serai d'accord avec vous, mais on n'est pas pris dans un phénomène sonore trop bruyant, ce n'est même presque pas assez fort à mon goût... En tout cas, en guise d'apéritif de reprise des concerts debout, cela valait le coup de se pointer à l’heure !
Le temps de changer un peu la configuration sur scène (on passe à 5 membres, dont un clavier...), et c'est Plomb qui démarre, le groupe est chaud comme la braise et désireux de nous présenter de tout nouveaux morceaux, et on ne vous cachera pas que ceux-ci s'intègrent parfaitement dans une set-list où certains titres habituels (run away, cup of tea) ont subi une opération de relooking plutôt réussie, que cela passe par la guitare ou le clavier. Ces nouveautés sont toujours dans la tonalité générale, entre punk et post-punk, emmenés par le chant assuré d'un chanteur qui multiplie les mimiques d'accompagnement des textes, et si l'inévitable problème technique (ce soir, c'est la guitare qui fait des siennes) oblige à une interruption temporaire du son, cela n'empêchera pas le groupe de reprendre le fil de son set avec autant, voire encore plus d'énergie qu'initialement. On avait remarqué que les premiers rangs étaient bien agités, ce n'est pas unity qui va changer quoi que ce soit à cette tendance, au contraire le titre semble fait pour déchaîner le pogo, et aussi les slams en provenance de la scène, on vous le dit c'est la fête ce soir, et on sent dans les regards des musiciens aussi que le retour aux affaires était attendu depuis bien longtemps. Et si on attend avec impatience les sorties (physiques de préférence, numériques par défaut) des inédits découverts ce soir, on termine le set par un daddy's gone mad qui a lui aussi retrouvé une deuxième jeunesse, et qui permet au bout de cette grosse quarantaine de minutes de quitter les lieux avant la fin de la soirée (oui, pour King Phantom il y aura d'autres occasions), mais avec le sentiment d'avoir reçu exactement ce qu'on était venu chercher.
La suite, ce sera dès ce jeudi soir au Quartier Général avec les Goul.