[les Soucoupes Violentes] les plus cools de la terre
Date : vendredi 11 février 2022
Cela faisait (bien) plus de dix ans que je n'avais pas mis les pieds à la Dame de Canton, j'avais presque oublié qu'il s'agissait de l'ancienne Guinguette Pirate, mais en ce vendredi soir il n'y a pas de place pour les vieux souvenirs : oui il y a concert, mais c'est annoncé assis, restrictions obligent. Rassurez-vous, si un certain nombre de sièges seront disposés devant la scène, une bonne partie des spectateurs (je ne m'attendais pas à voir autant de monde) restera debout, à proximité du bar ou devant la scène - sans empêcher de voir ceux qui ont choisi la position assise. Mais comme me glissera un voisin, "on n'est pas encore à l'EHPAD, on ne va pas s'asseoir !"...
Il est 20h30 lorsque le quatuor lorrain Foggy Bottom débarque sur scène et entame son set, on se souvient avoir vu le groupe (alors en formation trio) à l'Ess'Pace en 2019, avec une impression mitigée due surtout à un son déplorable une bonne partie de la soirée. Aujourd'hui, d'entrée de jeu on se pose également des questions sur la balance, car sur le premier morceau on se demande si c'est normal de n'entendre quasiment que le clavier (le 4e élément, donc), au détriment surtout d'une guitare quasi inaudible. Le temps de changer de position, de se placer presque en face du groupe (le mât ne doit pas influer sur la sonorité des lieux), et malheureusement on constate que sur la première partie du set au moins, la guitare, qui avait des accents thugsiens très intéressants il y a deux ans et demi, est noyée sous les autres instruments, clavier donc, mais également batterie et basse, ce qui est un peu ennuyeux. La "disto-pop" annoncée perd donc pas mal de son aspect distordu, la pop règne effectivement en maître, et ce n'est pas non plus le chant qui va améliorer les choses pour moi : haut perché, trafiqué, il se révèle adapté à un genre de pop française qui peut frôler la variété, mais ne correspondant guère à mes attentes. Et si c'est donc Polnareff qui me vient à l'esprit pendant la première partie du set, les choses s'améliorent au fil des minutes, la basse continue à être bien présente, tout comme la batterie, et vu que la guitare réussit enfin à prendre de l'ampleur au détriment du clavier, on rééquilibre un peu les choses, sans pour autant me fournir l'occasion de m'enthousiasmer, malgré quelques fulgurances pouvant étonnamment se référer à ACWL. Vous l'aurez compris, sans me jeter dans la Seine, je reste relativement froid devant cette prestation, qui me permet au moins de profiter de l'offre du bar (je reste à la Meteor blonde, je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse exister de Meteor en IPA...) sur la fin de ces 55 minutes.
On ne traîne pas pour changer la configuration de la scène, et le quatuor qui suit va donc démarrer son set avant que les fumeurs n'aient eu le temps de revenir sur la jonque : les Soucoupes Violentes n'ont pas joué sur Paris depuis deux ans, Stéphane et ses acolytes sont donc chaud bouillants et démarrent avec pas pour eux, tiré du dernier "vrai" album du groupe "in & août" (la compilation "16 potions d'amour" parue en octobre dernier valant le coup d'oreille, mais ne comporte que peu d'inédits), et c'est parti pour une grosse heure de musique, en piochant au fil des différents albums (et des différentes périodes) du groupe, avec toujours le même enchantement. Il faut dire que le groupe sait y faire en terme de rock sixties à influences punk ou garage mais aussi pop, et le public ne s'y trompe pas, qui restera aussi attentif et appréciateur des reprises de call the doctor (JJ Cale) ou paper dolls (Nerves) que sur lost weekend ou les plus connues rester au lit ou dans ta bouche. Les musiciens (Stéphane donc, au chant et guitare, mais aussi Elsa au clavier, Franck à la basse et Manu à la batterie) sont visiblement heureux d'être là, les spectateurs aussi, qui pour une bonne proportion font partie des amis (intimes ou non) du groupe, l'ambiance est donc à la fois chaleureuse et bienveillante, et les titres défilent donc avec le même plaisir, sans perte de temps - on ne sait pas s'il y a un horaire limite, mais il n'y a guère que quelques présentations de morceaux qui ralentissent certains enchaînements. On l'a dit, le groupe pioche autant dans son petit dernier que dans les albums de la formation première version ou dans sa reformation, et cela permet de redécouvrir certains morceaux, qui comme souvent reprennent vie et une autre dimension en live. Bien sûr on ne peut nier que l'indifférent ou make u mine (premier titre d'un faux rappel, où le groupe ne fait même pas semblant de quitter la scène) augmentent un brin la tension, mais vu que le niveau global du set ne descend pas d'un cran du début à la fin, on apprécie à sa juste valeur ce qui nous est offert. Et, cerise sur le gâteau, après que les lumières se soient rallumées après déjà oubliée, le quatuor décidera de prolonger le plaisir encore quelques minutes, histoire aussi de finir sur twistin' postman, la reprise des Marvelettes réclamée pendant le concert méritant de conclure en apothéose ces gros trois quarts d'heure. Objectif totalement atteint par Stéphane et ses acolytes : il y a eu du monde, les spectateurs ont apprécié, les deux groupes étaient contents de pouvoir jouer, bref une belle soirée pour entamer le week-end !
Set-list probable :
- pas pour eux
- sur tes lèvres
- rester au lit
- je ne sais pas faire
- tout ce que je touche
- walk the line
- stand by me
- lost weekend
- j'avais dans l'idée
- call the doctor
- le mec le plus cool de la terre
- ko par terre
- j'étais là
- paper dolls
- l'indifférent
- silly thing
- déjà oubliée
- Faux rappel : make u mine
- dans ta bouche
- Rappel : tous les fous
- twistin' postman
La suite ? Vu que les concerts debout vont officiellement reprendre cette semaine, cela pourrait bien être mercredi soir au Supersonic avec Plomb...