[Deniz Tek] hand of law
Date : vendredi 27 janvier 2023
On retrouve une bonne partie des spectateurs du concert de la semaine dernière des Nomads en ce vendredi soir, pas très loin du Petit Bain puisque c'est la Dame de Canton qui bat le rappel des (vieux, dans l'ensemble) parisiens fans d'un rock'n'roll qui évoque tant la scène de Detroit que la scène australienne (du siècle dernier)...
Car c'est carrément Deniz Tek qui est présent avec son groupe, et on rappellera aux plus jeunes que l'Américain exilé en Australie fonda (entre autres) Radio Birdman avec Rob Younger, mais aussi New Race avec Ron Asheton ou The Rendezvous Band avec Scott Asheton, et on ne compte plus les diverses formations qui l'ont compté dans leurs rangs, y compris ses propres projets (DT & the Godoys, DT & the Mortmen, Deep Reduction...). Non content d'être une légende de la scène, le vénérable chanteur-guitariste est accompagné pour cette tournée de sa femme Anne à la guitare, de Bob Brown (compagnon de très longue date) à la basse, et de Keith Streng aux fûts, habituellement guitariste chez les Fleshtones, autant dire qu'il y a du lourd sur scène, et c'est étonnamment avec la reprise du oh well de Fleetwood Mac que le quatuor entame sa soirée, histoire de se chauffer et de chauffer le public, finalement assez nombreux (et suffisamment pour faire pencher un peu trop le bateau, avec des demandes d'équilibrer la position des spectateurs pour ne pas prendre de risques...) et massé devant la scène, et qui réagira d'un bout à l'autre du concert : ce soir, on n'aura affaire qu'à des spécialistes, personne n'est là par hasard, il est à voir la façon dont chacun réagit dès les premières notes du smith and wesson blues récupéré de Radio Birdman, ou de brother john datant lui de la période Visitors... Le bassiste a un peu de mal à se positionner au début, problème technique avec son instrument qui sera rapidement réglé, et les musiciens montent lentement en puissance, en puisant tant dans le répertoire personnel de Deniz que dans ses anciens groupes, mais il faut attendre le tout nouveau long before day, tiré du dernier album éponyme, pour que toutes les petits défauts ressentis jusque là (un léger manque de peps, selon moi) pour que la prestation atteigne enfin un niveau extrêmement élevé, et n'en redescendra d'ailleurs qu'à l’extinction des enceintes... Là, c'est une succession de titres plus mémorables les uns que les autres, le groupe est un conglomérat d'amis heureux de jouer ensemble, et qui ont le savoir-faire pour partager leur bonheur avec leur public, et il est difficile de faire la fine bouche devant ces titres qui montrent que Deniz n'a rien perdu de sa fougue. Si on veut faire la fine bouche, on pourra estimer que la reprise du thème de La panthère rose n'est qu'un amusement qui ne m'enthousiasmera guère, et que quelques envolées de guitare n'apportent pas grand chose à la cause, et enfin que le chant de Keith (rare, mais très audible) n'est décidément pas ma tasse de thé (trop de vibrations pour moi), mais c'est juste histoire de ne pas totalement faire dans la dithyrambe, car on a tout de même droit à de sacrés moments de bravoure, des trois nouveaux titres à prison mouse, avec une apothéose sur hand of law, là encore une vieillerie qui n'a pas pris une ride et reste d'une efficacité à toute épreuve (avec une mémorable insertion du wipe out des Surfaris)...
Arrivé au bout de ces 55 minutes, le quatuor cherche à s'échapper, mais est coincé sur la scène par la densité de spectateurs devant celle-ci, alors les musiciens n'ont d'autre choix que de se remettre tout de suite au boulot, avec un rappel qui ne sera pas bâclé, puisqu'après un i need somebody que l'Iguane (et ses Stooges) ne renierait pas, on a droit à un instrumental qui vaut sacrément le coup, ce eddie would go a du sens et de l'énergie, et le groupe en termine (définitivement) avec une dernière réinterprétation de Radio Birdman, un aloha steve & danno propre et définitif, y compris l'inclusion du thème de Hawaii Police d’État (par les Ventures) que certains auront reconnu avec plaisir (j'avoue connaître la musique, mais pas la série...). Au bout de ces 70 minutes, nulle raison de se plaindre, on a eu ce qu'on était venu chercher, on peut repartir avec le sourire, cela valait le coup d'affronter le froid et le roulis !
Set-list :
- oh well
- smith and wesson blues
- can of soup
- pine box
- brother john
- snake
- long before day
- ballad of chief joseph
- truck & roll
- the pink panther theme
- big accumulator
- john henry's hammer
- prison mouse
- hand of law
- Rappel : i need somebody
- eddie would go
- aloha steve & danno
La suite, ce sera probablement le retour de OFF!, samedi prochain au Point Éphémère.