[We Hate You Please Die/Mss Frnce] can't wait for the next time
Date : jeudi 2 décembre 2021
C'est jeudi, le mois de décembre voit revenir le froid et les contaminations, on s'étonnerait presque de continuer à pouvoir aller voir des concerts, et si on doit faire avec pass sanitaire et masque en intérieur (à l'extérieur, c'est un peu de l'abus de pouvoir, monsieur le vigile du Petit Bain !), on fait avec. Et comme il est difficile de boire avec le masque sur la bouche, on fait durer sa bière un peu plus longtemps que d'habitude...
La salle affiche complet (les restrictions de jauge ont été levées récemment), étonnamment on n'aura pas l'impression d'une extrême densité, même si on comprend mal pourquoi certains viennent ici pour passer la soirée à parler et à hurler dans les oreilles de leurs voisins, alors qu'ils seraient bien plus tranquilles à l'étage du dessus si la musique ne les intéresse pas (et ils emmerderaient moins lesdits voisins, au passage). Juste avant 20h30, le quatuor parisien Mss Frnce grimpe sur scène, et avant d'entamer précise que le guitariste habituel est absent (une sombre histoire de récente paternité ou une absurdité du genre - vu l'état de la planète, cela a-t-il du sens de continuer à enfanter ??), mais qu'il est presque là puisqu'une photo grandeur nature se tiendra tout le concert entre le guitariste remplaçant (on n'aurait pas deviné que ce n'était pas le titulaire habituel du poste) et la batterie. Et ensuite ? Pendant une demi-heure, et en démarrant avec l'hymne paris est une fête, c'est un hardcore plutôt old school qui nous est proposé, avec des références musicales qui citent Minor Threat pour les uns, Bad Brains pour les autres, et j'irai même jusqu'à Bikini Kill pour au moins un titre, même si cela fera peut-être hurler les puristes. Le chanteur, comme ses comparses d'ailleurs, a une allure passe-partout, mais il occupe bien la scène, s'agitant beaucoup de façon un peu semblable à Stinky Turner (Cockney Rejects), sauf qu'il ne semble pas forcément un adepte de la boxe, et cela offre un décalage visuel très intéressant, qui prouve que le groupe ne se prend pas pour ce qu'il n'est pas, et si le chant est souvent de type classique HxC, parfois cela flirte presque avec le screamo, alors que la musique reste toujours dans des rythmes pas trop élevés, et on reste également assez loin du métal avec lequel flirtent certains combos hardcore, ici la volonté de rester punk est évidente (et appréciable !). Histoire d'agrémenter un peu le set, nous avons droit à deux reprises, dont un titre des Gorillaz (je ne l'ai pas deviné, on me l'a soufflé), l'autre restant encore inconnu à cette heure, et cela ne nuit en rien au set du groupe, qui ravit ses fans, en conquiert de nouveaux, et peut quitter la scène avec le sentiment du devoir très bien accompli.
Le temps de changer la configuration de la scène, et pour les spectateurs de se jeter sur le bar, et c'est le quatuor rouennais We Hate You Please Die qui entame son set, qui s'appuiera sur son premier album, bien sûr, puisque ce "can't wait to be fine" est sorti il y a moins de six mois et verra la majeure partie de ses titres interprétés ce soir, mais les enregistrements plus anciens (EP et premier album) ne seront pas oubliés, histoire que le public puisse (encore plus) s'agiter dans la fosse. Car si les slammeurs s'en donneront à cœur joie tout au long du set, c'est qu'ils savent que les spectateurs sont à fond, prêts à soutenir tout un chacun (et une chacune), sans perdre le rythme du pogo... Pourtant, le nouvel album est moins direct que son prédécesseur, il y a des parties relativement calmes, qui peuvent un peu surprendre, on s'éloigne aussi un brin de la tutelle Eighties Matchbox B-Line Disaster, même si le groupe aime toujours proposer des morceaux loin d'être linéaires, et qui jouent avec les variations et les ruptures. C'est peut-être cela qui me perturbe de temps à autres aujourd'hui, on avait l'habitude d'une tension permanente d'un bout à l'autre du concert, et les quelques moments un peu moins énervés/énergiques me perdent par instants - sans pour autant qu'ils soient de nature à me faire perdre le fil du set, puisqu'il y a toujours un retour aux riffs rageurs, aux rythmiques ensorcelants ou au chant toujours habité de Raphaël. Car depuis plus d'un an que je n'avais pas vu le groupe sur scène (début octobre 2020, soit à la fois mon dernier concert 2020 et le prélude à quelques semaines désagréables de COVID), Chloé la bassiste a pris plus de place sur scène, puisqu'elle interprète plusieurs titre en tant que chanteuse principale, des morceaux qui sur scène rapprochent le groupe d'un genre de power pop/power pop pas désagréable mais un poil inattendue (si je cite les Plastiscines, ce n'est pas forcément négatif), qui peut expliquer en partie mon relâchement d'attention de temps à autres. Et si le quatuor se quintettise l'espace de trois morceaux (dont la reprise du bad girls de MIA) avec l'apport d'un deuxième guitariste, cela ne change pas fondamentalement le son du groupe, tant on connaît l'influence de Joseph (le guitariste) sur les morceaux, même s'il a tendance à laisser les projecteurs se focaliser sur Raphaël ou Chloé. On rappellera tout de même que le groupe possède en stock de quoi remuer le plus apathique des spectateurs (on ne parle pas de ceux venus au Petit Bain simplement pour bavarder), tels les anciens (trois ans, c'est ancien ?) melancholic rain, minimal function ou kill your buddy, mais aussi les nouveaux barney, coca collapse ou luggage, et comme en sus on a droit à deux titres encore inédits (le premier traite de service de location mais n'a pas encore officiellement de nom, on l'appellera donc über, tandis que le deuxième attendra encore pour hériter d'un patronyme) qui montrent que le groupe n'est toujours pas sur le chemin de la sagesse et du calme, nul doute qu'on aura encore pendant un certain temps des concerts animés, excitants et qui donnent envie d'en reprendre une dose ! Au bout de ces 65 minutes, pas un seul visage déçu dans la salle, chacun a profité à plein de cette expérience régénérante, la soirée aura été excellente du début à la fin, et on peut d'ores et déjà penser aux prochaines occasions de revoir le quatuor rouennais par chez nous (en janvier au Réacteur à Issy, en mai au Trianon) ou plus loin (en juillet au Murmure du Son à Eu ?)...
Set-list à peu près correcte :
- exhausted + adhd
- paula
- barney
- structure
- vanishing patience
- otterlove
- epiphany
- über ? (nouveau titre)
- luggage
- melancholic rain
- support your local liars
- kill your buddy
- ?? (nouveau titre)
- minimal function
- coca collapse
- dsm-vi
- bad girls
- can't wait to be fine
- Rappel : we hate you please die
La suite, ce sera (sauf annulation de dernière minute, on ne sait jamais en ce moment...) le retour de Jesus & Mary Chain, dimanche soir au Bataclan.