[The Gathering] sacré voyage !
Date : jeudi 21 mai 2026
Contrairement à la veille, ce n'est pas délibérément que j'arrive tard au Trianon en ce jeudi soir, simplement que d'arriver à 19h30 m'est impossible, alors je rate la première partie (je n'entends que 3 minutes de Lizzard, pas vraiment le temps d'en penser quoi que ce soit), mais ai le temps de constater que le public n'est pas vraiment celui auquel je suis habitué, les t-shirts de métalleux sont légion, mais je savais bien à quoi m'attendre...
La salle est complète, sans pour autant être trop dense dans la fosse (les balcons sont bien remplis, ceci doit expliquer cela), et lorsque The Gathering entre en scène, la foule est en extase. Il faut dire que cette tournée est particulière, puisqu'après près de 20 ans hors du groupe, la chanteuse Anneke van Giersbergen a rejoint le groupe pour cette tournée célébrant "Mandylion", le premier album dans cette composition du groupe en 1995, après deux albums aux voix masculines bien plus rocailleuses. Pour ma part, la dernière fois que j'avais vu le groupe sur scène était il y a vingt ans, à quelques mètres d'ici (à l’Élysée Montmartre), et c'était juste avant le départ d'Anneke, et peut-être l'une des dernières fois que j'avais écouté la musique du groupe... Il faut dire que, dans ma logique d'appréciation musicale, je n'aurais jamais dû accrocher au "métal atmosphérique" du groupe, puisqu'il s'agit d'un chant féminin assez lyrique, pas vraiment mon truc, sur une musique plutôt métallique, pas non plus ma tasse de thé. Mais la voix d'Anneke mariée à la musique composée par ses cinq acolytes masculins a fonctionné chez moi, en tout cas à l'époque, et ce soir c'est donc un test : vais-je reconnaître les morceaux, et vais-je une nouvelle fois succomber ? Eh bien, il ne me faut pas longtemps pour comprendre que je ne me suis pas trompé en venant ici ce soir, en constatant que le chant d'Anneke persiste à m'émouvoir, et après une intro sur le titre éponyme (et écourté) de l'album revisité ce soir, le groupe va enchaîner les morceaux de l'époque 1995-2006, sans suivre d'ordre chronologique ni exécuter l'album "mandylion" dans l'ordre, ce qui permet d'être surpris à chaque début de morceau... Derrière Anneke, nous avons deux guitaristes, un bassiste, un batteur et un préposé aux claviers, et si globalement les morceaux sont assez fidèles aux versions originales, on note qu'il ne s'agit pas de copier-coller ce qui est sorti du studio, la plupart du temps on gagne au change, sauf quand le clavier est bien trop mis en avant - cela n'arrivera finalement que très peu... Dans la salle, il n'y a que des gens convaincus d'avance, le groupe joue donc sur du velours, mais semblera tout de même touché par l’énergie dans la salle, les applaudissements nourris, et si les échanges entre Anneke et le public semblent très formels ('on vous aime', 'vous êtes beaux"...), on notera une vraie émotion par moments, et on ne remettra pas forcément en question l'appréciation finale que "ce soir vous aurez été le meilleur public de toute la tournée qui commence...". Musicalement, en plus de l'album célébré, on va avoir droit globalement à un extrait de chaque album, presque sous forme de best of puisqu'à mon sens ne manqueront, en termes de titres essentiels, que nighttime;birds et liberty bell... Évidemment, les titres s'étirent souvent au-delà des 6 minutes, on est loin du format standard des 3', mais c'est pour mieux laisser le temps de faire monter la sauce, c'est très souvent pour le mieux, d'autant que le son métallique du groupe ne s'accompagne d'aucun solo de guitare, ce qui aurait été rédhibitoire pour moi, alors on prend ce qui nous est offert comme des offrandes, avec des morceaux de roi, tels on most surfaces (inuit) ou probably built in the fifties, d'ailleurs pas tirés de 'mandylion", mais les deux parties de in motion sont également sublimes, et que dire du terminal strange machines ? Je vous l'ai dit, j'ai replongé, et comme l'ensemble des spectateurs, à l'issue de ces 85 minutes j'en veux encore, cela tombe bien car c'est au programme, avec un rappel de deux titres (mais quasiment 20 minutes), achevant la soirée sur un saturnine qui met les poils, et après ces 100 et quelques minutes, le public ne se précipite pas pour sortir, cela tombe bien car le groupe non plus, profitant de l'instant pour prendre des photos dos au public (en l'incluant dedans), tandis que les spectateurs continuent à chanter encore quelques instants... Une belle soirée, donc, mais qui ne se traduira quand même pas par l'achat d'un t-shirt, à 35€ je regarde un peu à la dépense, d'autant que j'en ai encore pas mal en stock...
Set-list :
- Mandylion (extrait)
- Eléanor
- Fear the Sea
- In Motion #1
- On Most Surfaces (Inuït)
- Broken Glass
- Waking Hour
- Probably Built in the Fifties
- Analog Park
- In Motion #2
- Leaves
- Sand and Mercury
- Strange Machines
- Rappel : Travel
- Saturnine
La suite, ce sera dimanche soir, juste après Konstroy (au CICP), avec It It Anita à la Maroquinerie.