31 mars 2016
[Sex Gang Children] viva vigilante !
Date : jeudi 31 mars 2016
Après une belle manifestation, quoique suffisamment humide pour m'empêcher d'aller jusqu'à son terme, on a eu le temps de se sécher et se réchauffer avant de reprendre les transports (pas trop touchés par les grèves, ou alors j'ai eu du bol), puisque la soirée du Bus Palladium n'est pas censée démarrer avant 21h45. En arrivant peu après 22h, on constate que ce n'est pas vraiment la grande foule (à l'heure du concert, on estimera le public à une centaine de spectateurs, à croire que la concurrence avec And Also the Trees n'a pas aidé...), que les tarifs des consos n'ont pas évolué (7€ le demi, ça incite à la sobriété), et que les looks sont de sortie, le noir est de rigueur bien sûr mais l'extravagance reste assez limitée...
Après un DJ-set bien dans le ton de la soirée (goth à souhait), les lumières s'éteignent peu après 22h30 pour la performance du soir, ou comment Chair de Poulpe va passer du monstre à l'ange en quelques minutes d'un show d'horreur goth auquel je ne suis pas forcément habitué mais qui visiblement a des adeptes dans la salle. C'est plutôt bien fait, on sent qu'il y a un vrai travail de maquillage et une préparation scénique efficace, et comme cela ne s'éternise pas on s'associe au reste du public pour applaudir la prestation, une bonne mise en bouche avant le concert qui va suivre...
Car s'il n'y a pas vraiment de déguisement sur scène lorsque Sex Gang Children y arrive, un peu avant 23h00, en dehors des énormes lunettes de soleil d'Andi bien sûr, on sait que le petit chanteur va réussir à nous emmener dans un univers musical très varié, d'un titre à l'autre mais également au sein de chaque morceau, tant on pourra une fois de plus constater que ceux-ci sont travaillés et élaborés avec une finesse assez impressionnante. Les trois musiciens qui accompagnent Andi sur scène, une bassiste, un guitariste et un batteur, feront leur job avec talent mais sans jamais se mettre en avant, c'est l'apanage du leader, qui attire les projecteurs comme l'attention, sans avoir besoin d'en faire des tonnes non plus, rien que ses quelques gestes accompagnant la musique, et surtout sa voix si particulière suffisent à fasciner. La set-list se balade au fil du temps et des divers albums parus depuis plus de 30 ans, et on prend plaisir à entendre les titres qu'on connaît moins tout autant qu'un salvation ou un i've done it all before (une merveilleuse valse, pour les amateurs), et un shout and scream n'est pas là pour faire baisser la température... Les musiciens, à partir du moment où les problèmes de craquements ont fini par disparaître (cela semble long, sur 3 morceaux !), passent sans souci du calme à la tempête, c'est une nouvelle preuve qu'Andi sait décidément bien s'entourer, et comme il peut compter sur son groupe cela lui permet d'être assez détendu, de tenter quelques échanges avec les spectateurs (échanges assez limités, à vrai dire), et de se concentrer sur les présentations des nouveaux titres issus de "viva vigilante!", le dernier opus en date du groupe (qu'on sépare bien de ceux d'Andi en solo), et insidieusement le niveau du concert monte en puissance, un arms of cicero s'avère une pièce maîtresse du set, et la fin de l'heure (et de la prestation) coïncide avec un song and legend très efficace, mais le public ne peut pas se contenter de cette petite soixantaine de minutes, d'autant que les vrais tubes n'ont pas encore fait leur apparition !
Alors le groupe revient pour un rappel entamé en duo guitare-chant, sur lequel Andi arbore un masque-tête de cochon, puis les deux autres comparses arrivent pour le reste du rappel, comprenant l'habituelle reprise de Piaf (les amants d'un jour), et surtout une superbe interprétation de sebastiane, LE classique s'il en est, pour l'occasion Andi est descendu dans la fosse et la parcourt de long en large, certains trop occupés à filmer ou photographier la scène ne le voient même pas les frôler, et s'il y en avait qui avaient encore des réticences jusqu'alors, nul doute qu'elles se seront envolées à ce moment-là (mieux vaut tard que jamais !). On en termine donc après 84 minutes sacrément intenses, le public est un peu déconcerté et se demande si cela vaut le coup d'applaudir pour tenter le deuxième rappel, même l'organisation et les propriétaires des lieux semblent dans le flou, alors Thierry Le Boucanier, organisateur de la soirée, prend les choses en main et va rechercher le quatuor dans les loges, pour un ultime titre, mais loin d'être anodin : c'est un dieche d'exception qui va clore la soirée, qui confirme que l'absence de clavier n'est pas un souci lorsqu'on a des musiciens de cette trempe, et on finit ainsi cette heure et demie sur une note très très haute, avec le même sentiment de plénitude que l'an passé au Klub, les mythes ne nous ont pas laissé tomber et nous ont offert une soirée qui valait le déplacement et les galères de transports ! Et dire qu'en fin d'année, le groupe dans sa formation d'origine devrait tourner en Grande-Bretagne...
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