14 mai 2015
[Andi Sexgang] songs and a legend
Date : jeudi 14 mai 2015
L'avantage du Klub, c'est qu'on n'a pas besoin d'être nombreux pour remplir les lieux, alors même si en ce jeudi de l'Ascension on a l'impression de vide quand on y pénètre, il ne faudra pas plus d'une vingtaine de spectateurs supplémentaires (une cinquantaine en tout, grand maximum) pour trouver que l'affluence est correcte...
Après avoir passé un temps fou à préparer le décor (principalement des toiles d'araignées omniprésentes), Elvira and the Bats finit par entamer son set, le trio commençant par un genre de transe rythmée par la chanteuse tapant sur un tambourin tandis que ses deux acolytes encapuchonnés traversent la salle en remuant leurs bâtons d'encens, c'est plutôt surprenant, et la transition est donc brutale dès que la guitare et la basse sont empoignées, et qu'on comprend que la base des morceaux sera enregistrée, les boîtes à rythmes étant souvent plus en avant que les instruments joués. Cependant, même si cela ne laisse que peu de place à l'improvisation (les 40 minutes sont intangibles), on ne peut dire que la "Bat Wave / Deathrock / Dark Minimal-Punk" du groupe soit désagréable, tant dans les sons des instruments que dans la voix de la chanteuse, qui module bien ses effets suivant les titres, et assure visuellement l'essentiel du show car ses deux comparses ne font guère dans le spectaculaire. Bref, c'est une bonne première partie, mais il faudrait pouvoir comparer avec les versions studio pour confirmer que le live apporte véritablement quelque chose...
En ce qui concerne la suite, on commencera par noter qu'un partie du public ratera le début de la prestation d'Andi Sexgang (ou Sex Gang, cela dépend des fois), croyant sans doute que le changement de matériel prendrait des plombes... Que nenni, en vingt minutes le quatuor peut entamer son set, et si la dernière venue du chanteur à Paris date de bien trop longtemps pour que quiconque ce soir l'ait vu sur scène, le souvenir d'un Drop Dead Festival à Prague il y a 7-8 ans reste vivace en moi. Ce soir, Andi est tête nue, très nue même car la tondeuse a fait des ravages, il arbore de grosses lunettes noires, et relativement moins théâtral qu'attendu, et est accompagné d'un batteur, d'un bassiste et d'un guitariste (12 cordes, ai-je bien vu ??) qui sont bien décidés à ne pas laisser leur chanteur en carafe, et créent donc des belles nappes bien sonores qui font rapidement comprendre que les craintes de concert "mou du genou" s'évaporent rapidement. Pour évacuer les choses qui fâchent, on regrettera les bavards impénitents qui oublient de penser aux spectateurs intéressés par la musique (merci en particulier à Elvira et ses copines !), la scène goth n'est donc pas plus épargnée que les autres par ce genre de désagréments...
Pour revenir à l'essentiel, et au positif, on constate que la voix d'Andi n'a pas beaucoup évolué, en début de set on peut craindre sur ses capacités vocales mais c'est sans doute juste une montée en puissance qui s'amorce, le bonhomme est capable de monter haut (et bizarre...), et s'il est l'un des précurseurs de la scène goth/batcave avec son groupe Sex Gang Children, le son ce soir va se révéler de plus en plus dur et punk au fil du set, le trio de musiciens s’accommodant aisément de cette structure qui pourrait paraître minimale... La set-list mélange allègrement titres "solo" et "groupe", sans vraiment que puisse s’opérer une quelconque distinction d'ailleurs, et permet de se balader dans le temps (les divers albums) et l'espace (l'Allemagne pour ich bin ein berliner, Paris pour la reprise de Piaf les amants d'un jour), au grand plaisir des spectateurs amassés devant la scène. On constate également que les titres ont été largement réorchestrés, ce qui empêche de les reconnaître dès les premières mesures, mais tant mieux, c'est pour cela qu'on est dans la salle, le spectacle est bien vivant et très agréable. On sent également qu'Andi est heureux d'être là, il multiplie les efforts pour s'exprimer en français, descend dans la fosse de temps à autres, et ne met pas le frein à main au niveau de son investissement. D'ailleurs, lorsque le groupe tire sa révérence au bout de 55 minutes, personne dans le public n'imagine que le quatuor ne va pas revenir sur scène...
Bon calcul, l'intermède n'aura duré que quelques secondes, et le groupe revient, pour une reprise (de Tom Waits, si j'ai bien suivi, quoique n'ayant pas retenu le titre exact) un brin tranquille, mais comme elle est suivie de l'immense sebastiane, chacun est aux anges, cela danse partout, et c'est presque l'apothéose pour cette soirée déjà réussie. Une nouvelle sortie, puis un nouveau retour, avec Andi qui fredonne in heaven (b.o. d'"Eraserhead") pour mieux cacher le départ de mauritia mayer, on en voit qui sont soulagés dans la salle, il n'aurait pas été imaginable de ne pas entendre LE tube goth du groupe, et là plus personne ne se plaint de la brièveté ou de l'absence de certains titres ! Bien sûr, le groupe parti en coulisses, les spectateurs tentent de le faire revenir une dernière fois, sans forcément beaucoup d'espoir au demeurant, et pourtant il faut croire que les musiciens et Andi sont contents de cette soirée puisqu'ils reviennent une toute dernière fois, histoire de boucler leur prestation de 75 minutes qui n'aura sans doute pas déçu grand monde, tant on y aura trouvé tout ce qu'on pouvait y attendre, musicalement, vocalement, et même humainement, puisque le groupe n'hésitera pas à venir discuter avec les spectateurs une fois les lumières définitivement rallumées. Bref, une excellente soirée, que d'aucuns regretteront d'avoir ratée tandis que les présents pourront fièrement dire "j'y étais !".
La suite, c'est dès ce vendredi soir aux Instants Chavirés, pour peu qu'on trouve de la place, avec Le Singe Blanc.
Après avoir passé un temps fou à préparer le décor (principalement des toiles d'araignées omniprésentes), Elvira and the Bats finit par entamer son set, le trio commençant par un genre de transe rythmée par la chanteuse tapant sur un tambourin tandis que ses deux acolytes encapuchonnés traversent la salle en remuant leurs bâtons d'encens, c'est plutôt surprenant, et la transition est donc brutale dès que la guitare et la basse sont empoignées, et qu'on comprend que la base des morceaux sera enregistrée, les boîtes à rythmes étant souvent plus en avant que les instruments joués. Cependant, même si cela ne laisse que peu de place à l'improvisation (les 40 minutes sont intangibles), on ne peut dire que la "Bat Wave / Deathrock / Dark Minimal-Punk" du groupe soit désagréable, tant dans les sons des instruments que dans la voix de la chanteuse, qui module bien ses effets suivant les titres, et assure visuellement l'essentiel du show car ses deux comparses ne font guère dans le spectaculaire. Bref, c'est une bonne première partie, mais il faudrait pouvoir comparer avec les versions studio pour confirmer que le live apporte véritablement quelque chose...
En ce qui concerne la suite, on commencera par noter qu'un partie du public ratera le début de la prestation d'Andi Sexgang (ou Sex Gang, cela dépend des fois), croyant sans doute que le changement de matériel prendrait des plombes... Que nenni, en vingt minutes le quatuor peut entamer son set, et si la dernière venue du chanteur à Paris date de bien trop longtemps pour que quiconque ce soir l'ait vu sur scène, le souvenir d'un Drop Dead Festival à Prague il y a 7-8 ans reste vivace en moi. Ce soir, Andi est tête nue, très nue même car la tondeuse a fait des ravages, il arbore de grosses lunettes noires, et relativement moins théâtral qu'attendu, et est accompagné d'un batteur, d'un bassiste et d'un guitariste (12 cordes, ai-je bien vu ??) qui sont bien décidés à ne pas laisser leur chanteur en carafe, et créent donc des belles nappes bien sonores qui font rapidement comprendre que les craintes de concert "mou du genou" s'évaporent rapidement. Pour évacuer les choses qui fâchent, on regrettera les bavards impénitents qui oublient de penser aux spectateurs intéressés par la musique (merci en particulier à Elvira et ses copines !), la scène goth n'est donc pas plus épargnée que les autres par ce genre de désagréments...
Pour revenir à l'essentiel, et au positif, on constate que la voix d'Andi n'a pas beaucoup évolué, en début de set on peut craindre sur ses capacités vocales mais c'est sans doute juste une montée en puissance qui s'amorce, le bonhomme est capable de monter haut (et bizarre...), et s'il est l'un des précurseurs de la scène goth/batcave avec son groupe Sex Gang Children, le son ce soir va se révéler de plus en plus dur et punk au fil du set, le trio de musiciens s’accommodant aisément de cette structure qui pourrait paraître minimale... La set-list mélange allègrement titres "solo" et "groupe", sans vraiment que puisse s’opérer une quelconque distinction d'ailleurs, et permet de se balader dans le temps (les divers albums) et l'espace (l'Allemagne pour ich bin ein berliner, Paris pour la reprise de Piaf les amants d'un jour), au grand plaisir des spectateurs amassés devant la scène. On constate également que les titres ont été largement réorchestrés, ce qui empêche de les reconnaître dès les premières mesures, mais tant mieux, c'est pour cela qu'on est dans la salle, le spectacle est bien vivant et très agréable. On sent également qu'Andi est heureux d'être là, il multiplie les efforts pour s'exprimer en français, descend dans la fosse de temps à autres, et ne met pas le frein à main au niveau de son investissement. D'ailleurs, lorsque le groupe tire sa révérence au bout de 55 minutes, personne dans le public n'imagine que le quatuor ne va pas revenir sur scène...
Bon calcul, l'intermède n'aura duré que quelques secondes, et le groupe revient, pour une reprise (de Tom Waits, si j'ai bien suivi, quoique n'ayant pas retenu le titre exact) un brin tranquille, mais comme elle est suivie de l'immense sebastiane, chacun est aux anges, cela danse partout, et c'est presque l'apothéose pour cette soirée déjà réussie. Une nouvelle sortie, puis un nouveau retour, avec Andi qui fredonne in heaven (b.o. d'"Eraserhead") pour mieux cacher le départ de mauritia mayer, on en voit qui sont soulagés dans la salle, il n'aurait pas été imaginable de ne pas entendre LE tube goth du groupe, et là plus personne ne se plaint de la brièveté ou de l'absence de certains titres ! Bien sûr, le groupe parti en coulisses, les spectateurs tentent de le faire revenir une dernière fois, sans forcément beaucoup d'espoir au demeurant, et pourtant il faut croire que les musiciens et Andi sont contents de cette soirée puisqu'ils reviennent une toute dernière fois, histoire de boucler leur prestation de 75 minutes qui n'aura sans doute pas déçu grand monde, tant on y aura trouvé tout ce qu'on pouvait y attendre, musicalement, vocalement, et même humainement, puisque le groupe n'hésitera pas à venir discuter avec les spectateurs une fois les lumières définitivement rallumées. Bref, une excellente soirée, que d'aucuns regretteront d'avoir ratée tandis que les présents pourront fièrement dire "j'y étais !".
La suite, c'est dès ce vendredi soir aux Instants Chavirés, pour peu qu'on trouve de la place, avec Le Singe Blanc.
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