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l'ayatollah du rock
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10 octobre 2014

[Dead] no fairy tale

Date : vendredi 10 octobre 2014

 

Après une première partie de soirée hardcore au Nouveau Casino, on se dirige rapidement vers le Bus Palladium, situé en plein Pigalle, entre les pièges à touristes et les putes/maquereaux qui racolent à qui mieux mieux, bref un quartier dont on pourrait très bien se débarrasser, même s'il y a quand même quelques bonnes salles de concert dans les environs...

Arrivé devant le Bus, il y a deux entrées, une pour les happy few qui se dirigent vers l'étage et une soirée sans aucun doute privée, l'autre pour le petit peuple qui va au concert, enfin c'est ce que je croyais, avant de découvrir un public que je ne côtoie habituellement guère, entre carré VIP avec bouteilles de champagne et danse habitée devant la scène, et je ne parle même pas des tarifs des consommations - qui compensent allègrement le tarif bas de l'entrée ! Menfin, on fait avec, on s'y attendait plus ou moins, et on a déjà raté la moitié de la soirée, c'est actuellement un quatuor à guitares qui est sur scène, les Betty the Nun, et ma première impression est celle d'un groupe indie-pop très porté sur la pop (officiellement, c'est de l'indie blue rock) on cherche beaucoup les harmonies, les Bretons distillent une musique très propre, sauf bizarrement au niveau de la batterie, qui est pour le moins bourrine et a tendance à s'éloigner du son général du groupe... C'est donc globalement très gentillet, plutôt mou, je m'ennuie tranquillement, quand soudain je ressens de réelles dissonances, j'ai l'impression que les musiciens ne jouent plus ensemble, que se passe-t-il donc ? La réponse est toute bête, c'est le chanteur-guitariste principal qui vient de casser une corde, alors on en cherche une nouvelle, on la change, ça prend des plombes, il fait soif, la fatigue et le dos commencent à se faire sentir, vivement que ça enchaîne, ouf ils reviennent sur scène, zut j'avais presque oublié à quel point je m'ennuyais, bref. Pour être totalement honnête, il y a au moins un morceau qui s'énerve plus que les autres vers la fin du set, mais cela ne modifiera pas mon impression générale du groupe, qui ne m'attirera que par erreur lors d'une prochaine prestation...

Heureusement, c'est pour voir le retour de Dead que l'on est là, la prestation d'il y a deux mois au Glaz'Art reste en mémoire, et le trio peut s'installer sur scène, le clavier à droite, le guitariste à gauche, le chanteur au centre, la seule différence pour le moment tient en l'absence de capuche du chanteur... Et cela démarre avec un titre très synthétique, pas désagréable au demeurant, mais on sent que ce soir les guitares ne seront guère mises en avant, et à de rares exceptions près on s'apercevra rapidement que l'on n'a pas tort sur ce point ; mais cela semble convenir au groupe, tant pis pour ceux comme moi qui espéraient un peu plus de noise dans la cold distillée par le groupe. Car on ne s'y trompera pas, les influences déjà appréciées en août ne sont guère différentes de celles qui transparaissent ce soir, Joy Division est révéré dès le deuxième titre (avec une guitare au son cristallin), tandis que She Wants Revenge ou Alien Sex Fiend restent présents, plus ou moins en creux, tout au long du set. Mais si on souffre un peu avec l'utilisation d'un stroboscope très fort, qui a tendance à bien faire tournoyer la scène et tout ce qui s'y trouve, côté musique c'est très réussi, avec de l'électrodark quand il le faut, des titres plus gothiques à la Sisters quand il le faut, des sons de basses qui emportent tout en accentuent le caractère hypnotique des rares guitares que l'on perçoit, et qui évoquent nettement un Jessica 93 qui décidément continue à nous obséder, même absent... Ce soir, contrairement au Glaz'Art, le chanteur est très à l'aise, il danse et communique avec le public, le groupe apprécie visiblement de voir des danseurs dans la fosse, et on comprend que certains titres réussissent à attirer un public non connaisseur, car en dehors des aspects vocaux (beaucoup) et musicaux (un peu) qui rappellent Rosetta Stone, on ne peut pas oublier de citer Depeche Mode, surtout sur la fin du set, ce qui explique l'engouement créé par le trio. Alors c'est vrai que ce concert s'est avéré beaucoup moins noise que le précédent, mixage en retrait des guitares oblige, mais c'est une autre facette du groupe qu'il nous a permis de découvrir, pas moins intéressante, et qui ouvre d'autres perspectives, sans doute, même si on insiste, un poil plus de guitares n'aurait pas nui au set de ce soir. Bref, un bon dernier concert pour cette soirée très dense, et un retour tranquille en noctilien pour entamer le week-end par une nuit écourtée...

La suite, ce sera dès vendredi prochain, avec le retour de la Colonie de vacances au 104, puis le concert de Guerre Froide le lendemain, et une fin d'année qui promet (Frustration, Raveonettes, Jesus and Mary Chain, Einstuerzende, Stiff Little Fingers, Specials, Gang of Four, New Model Army, Theo Hakola, et encore quelques autres...) !
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