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l'ayatollah du rock
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28 novembre 2022

[The Cure] a strange night

Date : lundi 28 novembre 2022

 

C'est lundi, et cela faisait un bon moment que je n'avais pas mis les pieds à Bercy (excusez-moi si j'utilise toujours l'ancien nom), cela faisait 4 ans, et je dois avouer que cela ne me manquait pas vraiment. Mais il faut parfois se faire violence, y compris avec des tarifs très largement déraisonnables (je n'avais jamais dépassé les 60€ pour un billet, et je continue à trouver cela excessif), mais il y a intérêt à ce que je ne reparte pas d'ici avec des regrets ! En plus, cela ne démarre pas très bien, car en attendant que la première partie démarre, on ne peut se poser à proximité des gradins, il faut rester "à l'intérieur de la ligne jaune" : quand les lumières seront éteintes et que la fosse sera blindée, la sécurité aura plus de mal à faire respecter ce genre de règles absurdes...

 

C’est un groupe écossais qui est chargé de chauffer la salle : The Twilight Sad est un quintet (chant/guitare/batterie/clavier/basse-clavier), qualifié ici de post-punk, là d'indie rock ou de shoegaze, et très rapidement le constat est sans appel : ces 40 minutes vont être longues et douloureuses, puisqu'on est plus proche de la new wave que du post-punk, avec un chant vraiment insupportable, des claviers omniprésents, une batterie sans intérêt... Si on réussissait à isoler les parties de guitare, cela pourrait (peut-être) passer, mais dans le contexte d'un concert en groupe, c’est une petite souffrance, et ce soir on regrette presque d'être arrivé à l'heure...

 

Si j'ai donc piqué les dernières noisettes que l'écureuil avait mises à l'abri pour passer l'hiver, c'est que The Cure ne passe pas toutes les semaines à Paris, que le groupe a annoncé la sortie imminente (ça fait 15 ans que les fans l’attendent...) un nouveau et dernier album, et que c'est quand même mieux de voir le groupe dans une salle que dans un concert où on doit payer encore plus cher pour se fader encore plus de groupes que l'on n'aime pas... Et justement, lorsque le groupe arrive sur scène cinq minutes avant l'horaire annoncé, on constate que le premier titre est semble-t-il une nouveauté, un alone qui est du Cure assez classique  (dont une très longue intro, ce qui sera régulièrement le cas ce soir) et efficace, et qui met la prestation du soir sur de bons rails. Le groupe, après près de 45 ans de carrière, a une discographie pléthorique au sein de laquelle il peut puiser à souhait, et si ce soir les futurs nouveaux titres seront bien mis en avant (5 titres exécutés), on pourra noter que "the head on the door" (1985), "seventeen seconds" (1980) et "disintegration" (1989) seront également bien valorisés... Le groupe est en formation classique, avec en particulier un Simon Gallup à la basse dont je n'avais pas compris que son départ du groupe en août 2021 était factice, et hormis le bassiste toujours virevoltant sur scène les autres musiciens resteront plutôt stoïques tout au long de la soirée, et on enchaîne donc avec des titres plus connus, voire attendus, puisque si la set-list de cette tournée évolue date après date, il reste un noyau dur d'une quinzaine de titres qui sont joués tous les soirs, tel ce triptyque disintegration/a night like this/lovesong qui semble incontournable, même si pas forcément à la même place. La surprise (qui n'en est pas une, en fait), c'est que la voix de Robert Smith reste égale à elle-même au fil des années, et en étant placé à proximité des techniciens son dans la fosse, on profite à souhait d'un son très correct - vous me direz qu'avec ce tarif c'est normal, mais parlez-en à ceux qui mettent la même chose au Zénith... Le chanteur semble faire quelques maigres efforts pour parler en français (parfois, il faut du temps pour deviner que c'est du français...), mais le groupe ne perd pas de temps et les titres se succèdent très rapidement, on a ainsi droit à une deuxième nouveauté, un and nothing is forever qui ne me convainc pas vraiment (c'est la seule découverte du jour qui me laissera ce sentiment, je serai plus enthousiasmé par a fragile thing), et on va ainsi ressortir un burn de ses oubliettes, avant d'en arriver au plat de résistance de la soirée : en effet, le groupe va enchaîner successivement at night (avec un son de guitare sale et agressif à souhait), charlotte sometimes (pas le titre le plus intéressant du groupe, mais qui fonctionne bien dans le contexte de ce concert) puis l'enchaînement de the figurehead et a strange day, là on est au climax de ce qui me plaît le plus, des morceaux sombres, lents, et qui sont écoutés avec respect par un public enthousiaste. On notera également que tout au long de la soirée, les vidéos qui accompagnent les morceaux seront régulièrement justes, c'est-à-dire qu'elles attirent l’œil sans nous faire perdre le fil des morceaux, et parfois mettent en valeur l'un ou l'autre des musiciens, tel le batteur Jason magnifié à l'occasion. En revanche, on pourra estimer que le public respecte bien moins le groupe (et les autres spectateurs) sur push et play for today, sur lesquels il faut lutter pour entendre ce qui sort des enceintes, une majorité des spectateurs décidant de chanter à l'unisson par-dessus le groupe, tout au long des morceaux : OK, on les connaît par cœur, mais l'intérêt n'est-il pas d'entendre la version du groupe, et non d'un public qui comme d'habitude est régulièrement à la limite (voire la dépasse) de la perte de rythme ? Heureusement, dès shake dog shake les choses reviennent à l'endroit, et on arrive au bout de cette première partie de prestation (presque 1h50 !) sur une endsong au terme de laquelle les musiciens quittent la scène sans un mot ni un regard pour la salle.

Évidemment, c'est un faux-départ, chacun sait qu'il va y avoir un (ou deux, ou trois..) rappel, et le groupe revient avec encore un nouveau titre, i can never say goodbye, qui ne laisse pas augurer de la suite puisque assez éloigné du diptyque faith/a forest, qui nous ramène au début des années 80, et ce premier rappel est donc très plaisant, même si j'y aurais bien inséré un one hundred years ou un cold - on n'a pas toujours ce qu'on veut !

Un nouveau passage en coulisses, et le groupe revient pour la partie la moins intéressante du set, qui sera également celle qui enthousiasmera le plus le public : le passage en revue des tubes du groupe. Cela démarre avec le moins pire de la série (lullaby/the walk), mais dès friday i'm in love (les Curix sont aux anges) on se met à attendre la suite avec impatience, et jusqu'à boys don't cry qui va clore ce rappel on se dit que cette dernière partie de set aurait très bien pu être intégralement remplacée par un ou deux titres (on en a déjà cité deux, on pense également aux deux derniers albums en date, totalement oubliés de la set-list), et que le bonheur en aurait été accru : on se serait contenté de 2h20 de prestation au lieu de 2h45, et on aurait surtout terminé de manière un peu moins décevante. Je dis ça, mais n'exagérons pas non plus : cette quasi demi-heure ne remet pas totalement en cause les 2h20 qui l'ont précédée, mais elle serait mieux passée si les "tubes" avaient été distillés par petites doses...

Une fois les lumières rallumées, il faut donc sortir de la salle, et là c'est toujours aussi bien organisé : une seule sortie pour toute la fosse, avec en plus la consigne, un bar et le merch qui agglutinent du monde (on tient à souligner que si le concert est très onéreux, les t-shirts à 20€ restent d'un coût très abordable), on est donc bien content lorsque réussit à retrouver l'air libre ! On ne regrette donc pas d'être venus, mais si le groupe doit revenir à Paris, s'il pouvait éviter cette salle ce serait top (quitte à faire, je ne sais pas, une semaine complète à l’Élysée, par exemple ?)...

 

Set-list :
  1. alone
  2. pictures of you
  3. a night like this
  4. lovesong
  5. and nothing is forever
  6. the last day of summer
  7. want
  8. a fragile thing
  9. burn
  10. at night
  11. charlotte sometimes
  12. the figurehead
  13. a strange day
  14. push
  15. play for today
  16. shake dog shake
  17. from the edge of the deep green sea
  18. endsong
  19. Rappel 1 : i can never say goodbye
  20. faith
  21. a forest
  22. Rappel 2 : lullaby
  23. the walk
  24. friday i'm in love
  25. close to me
  26. inbetween days
  27. just like heaven
  28. boys don't cry

 

La suite, ce sera au moins le 9 décembre au Petit Bain avec une (longue) nuit punk/post-punk, ou plus tôt si je m'en sens la force/l'envie/le courage (rayez la/les mention(s) inutile(s)).

 
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