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l'ayatollah du rock
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27 novembre 2022

[Crime and the City Solution] six bells chime

Date : dimanche 27 novembre 2022

 

C'est dimanche, avec un concert qui a été reporté (il était prévu en septembre), alors on n'est pas trop étonné que la Maroquinerie n'affiche pas complet. Il n'empêche qu'on aurait pu espérer un peu plus qu'une demi-jauge (ou seulement un tiers ?), pour un groupe qu'on n'avait pas pu voir lors de sa tournée 2012-2013, et qui n'avait donc probablement pas remis les pieds en France depuis une bonne trentaine d'années...

 

Si l'absence de première partie permet de passer une petite heure sympathique (et au chaud) en compagnie de Dr John (il y a pire comme musique d'attente !), on est tout de même content de voir les lumières s'éteindre, et enfin arriver les six musiciens. Les fans sont peu nombreux, on l'a dit, mais plutôt impatients, car si Crime and the City Solution (si vous préférez, vous pouvez remplacer le 'and' par '+' ou '&', on a vu toutes ces écritures sur les albums), n'est pas un groupe dont le nom parlera au grand public, les connaisseurs savent bien qu'il a vu passer du beau linge en son sein, d'Alexander Hacke à Mick Harvey, en passant par David Eugene Edwards ou Rowland s. Howard, et si la mouture actuelle se base sur le duo Simon Bonney (chant)/Bronwyn Adams (violon), on remarquera très vite que les musiciens complémentaires (guitare, batterie, basse-clavier, guitare-clavier) sont loin d'être des manches, et sont visiblement très soudés et assurément efficaces. Dès l'introductif all must be love, on comprend que les morceaux vont être étirés, prenant leur temps pour monter en puissance, et la set-list prend des allures de best-of, se concentrant exclusivement sur la période 1986-1990, soit l'apogée du groupe en quatre albums brillants, dans un post-punk sombre à l'australienne (Simon Bonney, le dernier membre original, est originaire de Tasmanie, comme Erroll Flynn, ce qui n'a rien à voir) où les anciens reconnaîtront des accointances certaines avec ce qu'a pu produire Nick Cave avec ses Boys Next Door ou Birthday Party, ou Rowland s. Howard avec These Immortal Souls. Les morceaux sont extrêmement bien balancés, on les entend très distinctement, c'est même assez troublant d'entendre quelque chose d'aussi propre, en dépit d'envolées parfois très puissantes. Le batteur très carré (on a dû le voir œuvrer avec Hugo Race, par exemple) assure la tenue des morceaux, le guitariste principal étant assez libre d'aller où il le veut, tandis que ses deux comparses (basse-guitare-claviers) permettent au chanteur et à sa violoniste de compagne de se voir offrir un bel écrin pour des titres qui tout à la fois remuent de délicieux souvenirs sans pour autant sembler trop datés. Le seul bémol que l'on pourrait relever concerne l'interaction très minimale avec le public, il faut dire que l'accent à couper au couteau des Australiens n'aide pas à la compréhension de ce qui apparaît régulièrement comme des private jokes sur scène, mais vu qu'on n'est pas forcément là pour taper la discute avec les musiciens, on s'y fait, se contentant d'apprécier les morceaux dont on découvre les réorchestrations, l'un après l'autre. Évidemment, on trouvera toujours quelqu'un pour regretter de n'avoir pas eu droit à son titre favori, mais il faut avouer que cette prestation attendue laissait également à craindre une certaine déception, et que celle-ci est définitivement absente ce soir, cela valait le coup d'attendre tant de temps (y compris les deux mois supplémentaires), vu le plaisir provoqué par cette prestation. Après avoir entendu deux parties de the last dictator (sur les quatre originelles), le groupe se retire en coulisses, un coup d’œil à la montre pour constater que cela ne fait que 65 minutes que cela a commencé, on se doute alors que le rappel n'est pas loin...

Et c'est avec le merveilleux the dolphins and the sharks que le groupe revient, histoire d'en finir en beauté, près de 6 minutes de bonheur intégral, et si on n'est pas forcément convaincu lorsque Bronwyn mêle sa voix à celle de son époux (c'est surtout la fin de set qui est concernée), cela n'est pas rédhibitoire, et on pourrait largement se contenter de ce qui nous a été proposé jusqu'à présent, qui nous aurait déjà largement suffi et donné envie de revoir le groupe (sans attendre encore trente ans). Mais finalement, le groupe revient pour un deuxième rappel, avec le titre le plus récent, ce american twilight tiré de l'album éponyme de 2013, qui n'avait pas laissé un souvenir impérissable, et on doit avouer qu'en live ce morceau prend une vraie ampleur, étiré sur près de dix minutes extrêmement intenses, qui permettent quasiment d'atteindre l'heure et demie de set. Et si Bronwyn nous supplie de rejoindre le merch et d'acheter des t-shirts (il n'y en a que deux, à 25€, et rien d'autre à gratter) "pour pouvoir nourrir leurs enfants", on n'a pas trop mauvaise conscience à ne pas le faire, sans pour autant regretter de s'être déplacé un dimanche soir : aucune déception, un goût de reviens-y, et l'envie de se refaire l'intégrale de la discographie, bref une soirée très réussie ! 

 

Set-list :

  1. all must be love
  2. keepsake
  3. i have the gun
  4. the bride ship
  5. free world
  6. six bells chime
  7. steal to the sea
  8. on every train (grain will bear grain)
  9. the last dictator II
  10. the last dictator IV
  11. Rappel : the dolphins and the sharks
  12. Rappel 2 : american twilight

 

La suite, c'est le retour de Cure à Bercy (eh oui, j'ai craqué mon slip - et aussi mon compte en banque).

 
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