[Christian Death] beautiful
Date : jeudi 13 juin 2019
Sans afficher complet, le Gibus est sacrément bien rempli en ce jeudi soir, avec en plus un public arrivé à l'heure pour ne pas rater la première partie.
Pour ma part, je ne me suis pas pressé, j'avais déjà eu l'occasion de n'apprécier que modérément la prestation de Little Nemo au Petit Bain en 2015, et lorsque j'arrive sur place la touching pop du groupe se transforme en genre de Têtes Raides, avec de l'accordéon joué au synthé et un chanteur qui déclame du Baudelaire (si j'ai bien suivi), autant dire que je ne suis pas du tout dans mon élément. Par la suite, les choses s'arrangent de temps en temps, mais globalement j'ai beaucoup de mal, l'accent anglais du chanteur est douloureux, tout comme la plupart des harmonies vocales... Pour être franc, le public reste dense du début à la fin du set devant la scène, et les applaudissements à la fin des morceaux sont extrêmement nourris, mais cela n'infléchit pas ma position, qui est d'en profiter pour siroter ma bière avant d'aller m'installer au mieux pour assister à ce qui va suivre.
Car si l'an passé au Petit Bain la prestation de Christian Death avait été écourtée, elle ne nous en avait pas moins laissé un souvenir immense, et ce soir on espère bien que ce "behind the veil Tour" s'avère du même niveau. Pour l'occasion, on remarque que l'habituel trio guitare-basse-batterie (Valor-Maitri-Mike) est accompagné d'un quatrième membre, le Japonais Kota réintégrant pour l'occasion un groupe qu'il avait côtoyé entre 1987 et 1990, et gérant un clavier que l'on n'entendra heureusement que rarement, et une guitare qui apparaîtra encore plus rarement. Les quatre musiciens arborent tous un chapeau, dont ils se débarrasseront au fur et à mesure du set, et la prestation démarre avec une reprise, celle de black sabbath du groupe du même nom, qui insuffle d'entrée de jeu ce que va être la première partie du concert : on sent bien que le deathrock attendu est là, mais il s'avère assez contemplatif, ce sont des titres assez calmes et peu variés qui se suivent, même s'ils proviennent d'albums bien distincts dans la carrière du groupe. Si le dernier album en date ("the root of all evilution", 2015) se taille la part du lion (4 titres, joués d'affilée d'ailleurs), c'est lorsqu'on l'abandonne que le concert prend une autre ampleur, à partir d'un narcissus metamorphosis of qui rappelle que 'american inquisition" était sacrément rentre-dedans ! Dès lors, le couple Maitri-Valor, qui se partage le chant, va nous emmener dans des territoires plus connus, tout en s'appuyant sur une set-list qui évite les tubes et permet justement de surprendre un public qui attendra par exemple en vain un this is heresy que le groupe avait vu amputé l'an passé. On aura droit en revanche à un incendiary lover bien éloigné de ce que Gitane Demone a pu en faire, et surtout à trois titres encore inédits, sans doute promis au futur nouvel album censément nommé "evil become you" dont la sortie se fait attendre... Dans tous les cas, si ces trois titres sont représentatifs du futur album, il devrait valoir le coup ! Après une petite escapade en coulisses, le groupe nous offre en guise de rappel un angel & drugs qui marquera la fin du concert, il est exactement 22h30, et Valor peut donner rendez-vous au merch' pour toutes attentions, de l'échange informel à la signature de poitrines (le bonhomme n'a même pas fini sa bouteille de vin, il faut le souligner). On repart donc de là content, tout en songeant qu'un set plus rythmé du début à la fin, comme c'était le cas les dernières fois, nous aurait sans doute mieux convenu ce soir. Mais on ne repart tout de même pas déçu, et nul doute qu'on reverra le groupe avec grand plaisir lors de sa prochaine visite chez nous !
Set-list :
- Black Sabbath
- Golden Age
- The Drowning
- We Have Become
- Forgiven
- Penitence Forevermore
- Secrets Down Below
- Narcissus Metamorphosis Of
- The Luxury of Tears
- As Above, So Below
- Black Moon
- Beautiful
- Incendiary Lover
- Rappel : Angels and Drugs
La suite, c'est dès ce vendredi soir, au Trabendo, avec Jessica 93.