[Jessica 93] uncertain to me
Date : vendredi 14 juin 2019
Pour cette soirée célébrant le 15e anniversaire de New Noise, on s'attendait à ce que le Trabendo affiche complet depuis longtemps. Ce n'est pas le cas, on verra des spectateurs trouver encore des places au guichet en ce vendredi soir - on avouera quand même que la salle ne devrait pas être loin d'être remplie...
Le groupe qui entame la soirée ne perd pas de temps, puisque Vox Low se présente sur scène avant 20h30, et entame un premier titre qui m'évoque immédiatement New Model Army au niveau de la guitare, on sent également que la basse va être énorme, et pendant 2'30 on s'attend à passer une sacrée heure, lorsque le chanteur commence à utiliser son clavier : c'est la douche froide immédiate, et malheureusement assez symptomatique des (plus de) 60 minutes qui vont suivre. Car par la suite, on va quasiment retrouver cette énorme basse, ces sons de guitare excitants et ce chant plutôt carré qui fondent un post-punk de qualité, mais étant donné que cela va aller rapidement flirter avec des contrées électro-disco qui me laissent froid, je ne retrouverai jamais mon enthousiasme initial. Et a posteriori, en découvrant que le groupe se nommait Think Twice il y a une dizaine d'années, je retrouve ce soir à peu près les mêmes qualités et malheureusement les mêmes défauts qu'à l'époque, avec donc les mêmes regrets...
Les choses sont plus nettes au départ avec JC Satan, puisque je n'avais jusqu'alors pas succombé au garage-punk énervé des Bordelais, alors que tout ce qui se trouve dans les morceaux du groupe est censé me convenir. Ce soir, la surprise va tout de même être présente, puisque c'est carrément à un genre de concert psyché que nous allons être confrontés, et même si le groupe a (toujours ?) affiché ce vocable dans ses définitions, c'est la première fois que je le ressens aussi nettement. Et pour le coup, il n'y a là non plus pas de miracle, j'ai un mal fou avec ce gros synthé, ce chant féminin étrange, et je n'ai pas le sentiment d'un gros son global, ce qui fait que ce n'est pas encore ce soir que je deviendrai un adepte de JC...
Rassurez-vous, j'avais quand même étudié l'affiche avant de me déplacer ce soir, et c'est le dernier groupe qui m'a attiré ici : cela fait plus d'un an que je n'ai vu Jessica 93 sur scène, et c'était en configuration "groupe", ce soir c'est en configuration solo (ou presque, on y reviendra) que cela va se passer, et je dois avouer que cette façon de monter les morceaux, avec une boîte à rythmes et des parties de guitare et de basse qui s'ajoutent patiemment à l'aide de boucles, ajoute une tension certaine à l'excitation provoquée par ce qui sort des enceintes. En sus, même si on reconnaît les titres dans leur globalité, on sent que Geoff les a fait évoluer, par touches plus ou moins importantes, le côté un peu plus métallique (on n'est pas non plus chez Metallica, n'ayez pas peur !) des guitares et la basse parfois extrêmement saturée n'étant que deux exemples de ce qui a bougé au fil des mois (voire des années, puisque la dernière version solo du groupe remonte pour moi à juillet 2017). Le public est bien dense devant la scène, cela ne pogote pas vraiment, il faut dire que le cold-grunge du bonhomme (certains titres rappellent toujours la période pornographique de Cure) incite plus à l'intériorisation des sentiments qu'à un stage-diving forcené. Pour être franc, en dehors de l'avant-dernier titre, qui ne me fait ressentir aucune tension, le reste du set est plutôt scotchant, on n'a pas le temps de s'ennuyer, et comme les titres ont tendance à s'enchaîner (pas question de perdre une seconde sur le temps accordé), on n'a pas non plus le temps de décrocher - même si on devine que le bar continue à faire des affaires, vu les aller-retours des spectateurs pendant le set... On le sait, Geoff n'est guère bavard, il se concentre sur ses instruments et ses morceaux, mais il fera tout de même une entorse à son absence de loquacité, en dédiant le dernier titre à Baptiste, le regretté guitariste de Pierre et Bastien décédé il y a un mois, et pour l'occasion Geoff va se faire accompagner d'un batteur, qui va perdre autant de sueur en 1 titre que Geoff en une heure, tant il se démène et déchaine sur ses fûts. Bref, au bout de cette heure, on repart de là content, satisfait, même si on se demande bien la direction que va désormais prendre Geoff : va-t-il continuer à métalliser ses guitares ? Le groupe à plusieurs musiciens reviendra-t-il ? Et y a-t-il un sens à n'utiliser un batteur que sur un unique titre, aussi énergique soit-il ?
La suite, c'est dès ce samedi soir, avec la soirée de soutien à FPP qui aura lieu à l'Ess'Pace, avec Justin(e), the Rabblers et les Belmont Witch.