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l'ayatollah du rock
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23 février 2019

[Whodunit] come on

Date : samedi 23 février 2019

 

C'est bien la première fois que je mets les pieds aux Nautes, un bar (et restaurant ?) situé en bord de Seine, à proximité de l'Île St-Louis, qui en ce samedi soir voit passer pas mal de clients qui en profitent pour se désaltérer (il fait beau, et il n'y a guère de concurrence à proximité), mais dont le bar (40m², mais il y a une énorme terrasse) va être utilisé comme salle de concert, ce qui occasionnera pas mal d'allées et venues devant le groupe en train de jouer - les joies des concerts en dehors des entiers battus.

 

Ce soir, c'est Pat ex-La Féline qui invite, et on n'est donc guère surpris de voir que ce sont les Whodunit qui sont à l'affiche, et j'ai beau avoir déjà vu le groupe pas mal de fois, c'est la toute première occasion qui m'est offerte de tester la formule quintet du groupe, puisqu'à l'habituel quatuor batterie/basse/2 guitares se greffe un clavier, que l'on entend déjà pas mal sur le dernier album mais qui ce soir va également mettre sa patte sur les morceaux plus anciens. D'entrée de jeu, sur ce waiting encore tout chaud (le dernier album "memories from a shit hole" ne date que de 4 mois) et tout bouillant (la barre est immédiatement mise très haute), on sent la différence avec les concerts sans clavier : ici, le garage-punk revendique nettement son côté garage, mais cet ajout est une bonification, et contrairement à certaines formations garage où le clavier est omnipotent et finit par lasser, là il apporte véritablement une autre version des titres connus, sans pour autant les défigurer. Le groupe s'appuie essentiellement sur les deux derniers albums en date (ce "welcome to..." datant de 2014 fournit son lot de pépites), le premier album est réduit à deux titres tandis que le second est carrément oublié... Comme toujours, le chanteur-guitariste (on n'entend que très peu son instrument en début de set, mais la situation s'arrange au fil des minutes) ne se contente pas de jouer, il est en contact permanent avec le public, avec des références récurrentes au vin (le groupe est fan des productions vinicoles...), et dans la configuration de la salle du jour cela est encore plus évident, il pourrait presque aller chercher chaque spectateur pour l'inciter à danser, chanter, et en tout cas à être hyper attentif - ce qui est globalement le cas ! Les morceaux dépassent rarement les 3 minutes, et les enchaînements sont souvent très rapides, ce qui ne laisse à personne le temps de reprendre son souffle, autant dire que quitter la salle est un crève-cœur pour ceux qui doivent passer par la case miction, et comme il n'y a pas un seul moment faible toute absence même limitée est un déchirement pour les possesseurs de petites vessies... Pendant une heure et quart, le quintet maintient la pression, avec un savoir-faire impressionnant : il y a un seul faux départ, le chanteur ayant anticipé la reprise du fire of love (Jody Reynolds via le MC5 et le Gun Club) alors que la set-list est suivie jusqu'alors à la lettre, et si certains imaginent que l'intensité finit par baisser au fil des minutes, ils se mettent le médiator dans l’œil, il n'y a qu'à écouter l'interprétation finale des quatre derniers titres, de salvation à you make me sick, pour comprendre que les musiciens donnent tout, et finissent ainsi épuisés. Résultat, le groupe prévient qu'il n'y aura pas de rappel, mais une deuxième partie, "après 10 minutes de récupération"...

Et ceux qui auront pris le temps en se disant que ces 10 minutes seront doublées vont s'en mordre les doigts, car le groupe va profiter à plein de la grosse vingtaine de minutes qu'il lui reste, en rejouant trois titres déjà interprétés dans le set principal, avec toujours plus de puissance (on verra régulièrement le sonomètre afficher 110 dB...), et clore la soirée avec une ultime reprise, celle du she said d'Hasil Adkins (déjà malaxée par les Cramps en leur temps), autant dire qu'après cela on peut repartir tranquille, on a bien fait de venir au bord de l'eau en cette fin de février printanière, le déplacement valait sacrément le coup !

 

Set-list :

  1. waiting
  2. the price
  3. love me
  4. hey ! hey !
  5. nun on the run
  6. come on
  7. devil blues
  8. redrum
  9. so bad
  10. because you're mine
  11. you fuck my wine
  12. welcome
  13. alligator alley
  14. oyster man
  15. fire of love
  16. room 204
  17. all over again
  18. sorry
  19. salvation
  20. hangover
  21. big black witchcraft rock
  22. you make me sick
  23. Rappel : come on
  24. all over again
  25. sorry
  26. she said

 

 

La suite, c'est ce mercredi, à la Marbrerie de Montreuil, dans un style bien différent puisque ce sera avec Dick Annegarn...

 
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