[Cockney Rejects] where the hell is babylon ?
Date : vendredi 21 octobre 2016
Fin de semaine épuisante, cela explique sans doute qu'il est plus compliqué que d'habitude de ressortir de chez soi en ce vendredi soir, ajoutez à cela la RATP qui fait des siennes, une fois de plus, et on arrive donc plutôt tardivement à la Clef, à St-Germain-en-Laye, où on constate qu'il y a du monde, voire beaucoup de monde, et qu'il y a une sacrée proportion de skinheads, jeunes ou vieux, actuels ou anciens, qui se fondent tranquillement au sein d'un public varié, globalement assez âgé mais comportant quelques jeunes, et qui profitera à plein des bières artisanales à la pression qui font partie du charme des lieux.
Arrivée tardive, donc première partie quasiment intégralement ratée, on ne retiendra donc de Human Dog Food que cette reprise honnête du sonic reducer (Dead Boys), il faudra donc attendre encore avant de revoir un groupe que l'on avait plutôt apprécié il y a déjà 7 ans...
On a donc le temps de bien s'installer avant la prestation de the Decline, avec ou sans point d'exclamation à la fin, un quintet breton que l'on avait clairement apprécié en première partie de Jello Biafra il y a 3 ans. Au programme, des chœurs très street-punk qui accompagnent des morceaux bien moins bourrins que ce que l'on pourrait croire, un chanteur à casquette (ou béret ? j'ai toujours du mal à les différencier) dont la voix colle très bien aux musiques, même si on ne comprend décidément toujours pas les paroles en anglais, et des influences pour le moins diverses qui surgissent au fil du set... Vous avez l'impression d'entendre des titres inconnus de Camera Silens ou Stiff Little Fingers ? Par la suite, on a un peu de ska qui fait son apparition, ou un peu plus loin un duo guitare-voix qui ne fait pas vraiment impression, et si ces innombrables variations sont pour le moins bien faites, on a des difficultés à trouver une ligne de conduite, parfois c'est relativement inintéressant (on entend même des esprits retors citer Soldat Louis...), on a même l'occasion d'entendre un genre de country accélérée, un banjo qui tente (avec beaucoup de difficultés) de se faire entendre par-dessus la guitare, et au final on retient de ces trois quarts d'heure une impression d'ensemble assez positive, même si tout n'est pas génial, c'est un groupe carré qui sait y faire sur une scène (et en dehors, puisque le groupe a joué cette après-midi à la prison de Fresnes). Maintenant, le reproche que certains lui font de ne pas prendre beaucoup de risques a bien du mal à être contré... En gros, on pourra dire "bien, mais pas mémorable" !
Je suis loin d'être un féru en ce qui concerne les Cockney Rejects, car à part quelques morceaux de ci de là sur quelques compilations je ne me suis jamais vraiment penché sur la discographie du groupe anglais, sans doute rebuté à l'origine par le côté très oi revendiqué (le groupe serait suspecté d'avoir inventé ce terme), et d'entrée la présence d'un drapeau bleu-blanc-rouge orné du logo du groupe ne peut que me conforter dans cet a priori, tant les hymnes et drapeaux constituent des repoussoirs pour moi... Le quatuor est constitué de deux frères (le chanteur et le guitariste), autour desquels ont gravité nombre de bassistes et batteurs, et on voit dès les premières secondes un chanteur qui sautille sur le devant de la scène en faisant des petits moulinets de boxe, une attitude qu'il conservera tout au long du concert, y compris pendant qu'il chantera ou parlera (il est plutôt bavard), avec son accent cockney à couper au couteau. Si les deux frères arborent eux aussi un béret (une casquette ?), le batteur possède un physique de catcheur, on se doute que personne n'ira lui chercher des noises, et les spectateurs qui se sont rapprochés de la scène semblent hypnotisés par le leader qui s'adresse à eux en mentionnant les principaux thèmes du groupe, que l'on comprend comme étant les hooligans et le football (un drapeau de West Ham est bien présent dans la fosse). Musicalement, c'est moins violent que dans mon souvenir, c'est du street-punk assez classique, on ne s'attardera pas forcément sur les quelques envolées métalliques du guitariste, et si il est souvent mention de Paris, personne ne proteste en expliquant qu'on est à 20 km, la présence du groupe en France n'est pas suffisamment fréquente pour s'attarder sur ce genre de détails. Les titres s'enchaînent, oscillant entre les divers albums et diverses périodes, clairement il y a des aficionados qui connaissent tout par cœur, et peut-être s'en offusqueront-ils mais j'ai le sentiment d'une version presque massacrée du flares n' slippers qui m'a initié au groupe, bien moins pêchu que sur la version originelle, et comme je craignais de ne pas l'entendre aujourd'hui, je ne sais pas si je dois me réjouir d'en avoir une une version ou pas... Le groupe, professionnel au possible, achève son set d'une heure précise avant de revenir pour un rappel d'un unique titre, avant de laisser les spectateurs s'en retourner vers le bar et/ou le merchandising, la plupart des spectateurs semblant ravis de ce qui leur a été proposé. Personnellement, je ne peux pas dire que j'ai été déçu, à la limite je craignais d'avoir un concert moins intéressant, mais cela ne signifie pas que je retournerai forcément voir les Anglais lors de leur prochaine venue...
La bonne nouvelle de cette soirée, c'est qu'on réussit en quittant les lieux à 00h10 à choper le dernier RER de 00h17, comme quoi on peut réduire les dix minutes incompressibles, quitte à courir un peu et faire monter son taux d'adrénaline...
La suite, ce sera dès mardi au Petit Bain, avec les Christian Death dont on espère bien assister au concert complet, contrairement à leur venue de 2008 à la Loco où nous avions dû quitter les lieux après seulement 3 titres...