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l'ayatollah du rock
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13 avril 2016

[Festival Sonic Protest] ballroom au petit bain

Date : mercredi 13 avril 2016

 

Comme d'habitude au Petit Bain, il ne faut pas s'attendre à trouver une salle pleine avant que les concerts ne commencent, à croire qu'il reste ici beaucoup de fumeurs, ou que les spectateurs un poil claustrophobes préfèrent rester en surface le plus longtemps possible...


Et pour ceux qui sont déjà là, cela démarre sur les chapeaux de roue, avec un quatuor hexagonal, SIDA, qui place d'entrée de soirée la barre très haut ! Accompagnée d'un batteur, d'un claviériste et d'un guitariste, la chanteuse se démène sur la scène, ne lâchant son verre vide que pour le remplacer par un plein, et s'il est ardu de placer le groupe dans une case, on peut lui reconnaître de belles accointances avec 10Lec6, par exemple, ou en évoquant une hypothétique (et désormais impossible) rencontre entre Ari Up et the Ex, le chant (rarement compréhensible, c'est dommage) flirtant parfois avec le faux, ou du moins un peu éloigné de la mélodie, rajoutant un peu de piment supplémentaire à ce qui sort des enceintes. En effet, on remarque que le clavier, qui remplace souvent les parties basses, n'en fait pas trop, tandis que la guitare jette des stridences bienvenues, la notion de no-wave évoquée ici ou là n'est pas forcément incongrue, et l'énergie déployée est bienfaisante et pas vaine. Si les premières secondes pouvaient en laisser certains pantois, il ne faut guère de temps pour constater que le public, qui se densifie au fil des minutes, semble bien accrocher à cette formation dont les membres sont (hyper)actifs par ailleurs, et s'il y a bien une petite baisse d'intensité lorsque le rythme va decrescendo, cela n'est qu'anecdotique, c'est une vraie belle découverte que nous offre ce soir le Festival Sonic Protest, et clairement on ne regrette pas d'être arrivés à l'heure, cela nous aura permis de ne pas en perdre une goutte !


On a à peine le temps de se désaltérer que Warum Joe entame son set, après avoir rapidement branché les machines et les guitares, et comme prévu le line-up de ce soir est différent de celui qu'on a l'habitude de voir, puisque Nicus est au Japon avec Frustration... C'est donc Jeannot, prêté par les Holy Holster, qui va officier à la deuxième guitare, se contentant la plupart du temps de suivre sagement, y compris dans l'attitude, même si parfois on le verra nous faire des petites envolées "à la AC/DC", il faut bien qu'il marque la soirée de sa présence ! Le groupe, qui craignait d'être un peu décalé par rapport au Festival (âge, notoriété, public...), nous offre une set-list où les classiques succèdent aux incontournables, profitant de la scène et du son très correct de la salle pour contenter ses fans, qui sont nombreux, et pas uniquement anciens, on sent la fosse qui bouge pas mal, y compris avec parfois des excès mais qui se terminent sans heurts - même si on a parfois cru que cela pourrait dégénérer... Pascal, derrière son micro, tourne les pages de son carnet de textes avec une nonchalance qui n'étonne personne, ses apostrophes en direction du public sont également toujours pleines d'humour, mais les musiciens sont au taquet, comme toujours, et si certains réclameront (en vain) un mauser fucker, il n'y a pas lieu de se plaindre de ce que l'on peut entendre : l'enchaînement datcha/tchang/bogota ravive les plaisirs d'il y a plus de 30 ans, mais al tarma fait une apparition d'autant plus remarquable qu'il ne fait pas partie des titres récurrents en concert, et on a même droit à deux des nouveaux titres, qui sont l'un comme l'autre (charlie's angels et desert eagle) déjà repris en chœur et par cœur par une bonne partie des spectateurs. Le groupe va suffisamment vite (il n'y a pas de pains, ni de problèmes techniques), et même le changement de chanteur sur AID se passe sans souci, pour se permettre de rajouter non pas un mais deux titres en sus de la set-list initiale, ce qui lui évite de partir en ayant omis ballroom au ritz ni peine totale, même si finir sur music box n'était pas dégueu non plus... Bref, dans de bonnes conditions, c'était l'occasion de profiter à plein de 50 excellentes minutes de WJ, et on devine que le groupe lui-même n'a pas dû regretter de cette opportunité, on espère qu'au passage de nouveaux aficionados seront venus se greffer à la famille déjà nombreuse qui suit le groupe à chaque sortie !

Set-list :
  1. Sang famille
  2. Idi Amin
  3. CFC
  4. Datcha
  5. Tchang
  6. Bogota
  7. Al tarma
  8. Tu quoque
  9. Love me tendo
  10. Carpates show
  11. Le camionneur
  12. Les avortons
  13. Loto critique
  14. AID
  15. Charlie's angels
  16. Desert eagle
  17. Music box
  18. Ballroom au ritz
  19. Peine totale

 

La suite, c'est un quatuor finlandais, au nom imprononçable mais à l'acronyme bien plus simple (PKN pour Pertti Kurikan Nimipäivät), qui possède la particularité d'être composé de deux autistes (basse et guitare) et deux trisomiques (chant et batterie)... Musicalement, le groupe est présenté comme pouvant se rapprocher de Discharge, personnellement l'impression immédiate (mais qui perdurera) est celle d'un 45T des Ramones joué en 33T, c'est perpétuellement un poil trop lent, et on n'a guère le sentiment de beaucoup de distinctions entre les divers morceaux. On jurerait reconnaître une adaptation du flares & slippers de Cockney Reject, mais c'est peut-être une erreur, dans tous les cas les morceaux ont une tendance à démarrer assez vite (grâce au batteur) mais à voir leur rythme se ralentir rapidement (avec le même batteur...), et c'est donc la limite que je vois à ce genre de prestation : tout comme le Wild Classical Music Ensemble, on peut estimer que PKN n'aurait pas été invité dans ce genre de festival s'il n'était composé de malades, et l'appréciation du public (on verra un beau pogo dans la fosse) me semble à la fois biaisée et un peu malsaine... Je reste un brin mal à l'aise devant cette pseudo-intégration, qui flirte avec le voyeurisme selon moi, et qui en sus n'apporte pas grand chose à la cause musicale en général, sauf à créer un buzz de manière totalement artificielle. Bref, je ne suis pas convaincu, ni musicalement par les 36 minutes du set, ni par ce qui s'apparente à une tournée de freaks (au sens de Tod Browning) attirant des spectateurs venus voir des phénomènes...

Un peu de repos (sauf contrordre d'ici là) en attendant le retour de Mell aux 3 Baudets d'ici une dizaine de jours...

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