[Pierre et Bastien] (pas que) purement provoc
Date : jeudi 3 mars 2016
La RATP a beau y mettre du sien pour m’empêcher d’arriver à l’heure au Gambetta (20 minutes d’attente du RER, le bus qui passe avant l’horaire annoncé…), rien n’y fait, je réussis quand même à arriver une bonne dizaine de minutes avant le début des concerts – il faut dire aussi que 21h30, c’est assez tard pour les soirées parisiennes…
Le trio qui investit la scène s’appelle Hoochie Koochie Baby, semble venir de Marseille, et œuvre dans une configuration batterie+2 guitares furieusement similaire à celle du groupe qui suivra… Les trois frangins (?) opèrent globalement dans le « garage punk », le terme « psychédélique » qui apparaît parfois ne trouvant pas ce soir de traduction musicale évidente, l’acoustique des lieux n’aidant sans doute pas non plus à affiner nos découvertes auditives. Car si je n’avais pas mis les pieds ici depuis 9 ans, on ne peut pas dire que les choses aient énormément changé depuis : la scène a dû être un peu décalée et rehaussée, il y a beaucoup de fauteuils, mais les gros poteaux n’ont pas bougé et obligent les spectateurs à se masser dans le petit espace devant la scène, ou à reculer et se contorsionner pour apercevoir les musiciens… Le début du set est presque instrumental, mais lorsque le premier chanteur (c’est sans doute Clément, qui fête son anniversaire ce soir…) s’approche du micro, l’effet est étrange, comme si la voix ne correspondait pas au reste du corps voire du groupe, un peu sombre, un peu hantée, j’aurai du mal à m’y faire tout au long des 30 minutes, heureusement ses compères adopteront des techniques plus habituelles, qui me déstabiliseront nettement moins. Les paroles sont exclusivement en anglais, autant dire qu’on a du mal à y piger grand-chose, mais l’idée générale des morceaux est assez agréable, on n’attendait pas de révolution musicale et on n’est pas déçu, et comme en sus le trio, après avoir échangé les places et instruments, nous achève avec une reprise plutôt intelligente du you’re gonna kill that girl (Ramones), on se dit que comme amuse-gueule on a connu bien pire, et que si cela semble encore perfectible l’énergie et le fun sont présents, ce qui est déjà pas mal.
Le temps de tout remballer puis déballer, tout brancher, et tenter de faire fonctionner simultanément les trois micros (je vous préviens tout de suite, ce sera un échec, puisque le micro du batteur sera hyper saturé tandis que celui du guitariste-choriste disparaitra dans les limbes après quelques minutes, heureusement celui du chant principal tiendra la distance !), il est quasiment 22h30 lorsque les trois Pierre et Bastien entament leur prestation. Les conditions ne sont pas optimales : le groupe n’a pas répété depuis 15 jours, il n’y a pas eu de balance, la set-list se fera au fur et à mesure, mais la fan-base parisienne du groupe est très présente, et aidera au choix des titres à interpréter… Si on retrouvera des habitués des derniers concerts (race, handicapé), la très bonne surprise est le retour de cancer, LE morceau de bravoure de la discographie du trio selon pas mal de fans, et on apprécie également d’entendre quelques évolutions dans les textes (dans journal, par exemple, « j’ai rencontré mon ex, elle avait changé de sexe » devient ce soir « j’ai rencontré mon ex, je me suis fini dans un kleenex »), les quelques ratés ou oublis de paroles passant quasiment inaperçus dans l’atmosphère surchauffée qui règne. Là aussi, l’acoustique et le son général sortant des enceintes sont loin d’être idéaux, mais on arrive tout de même à comprendre les paroles, ce qui est important avec ce groupe, on a déjà insisté plusieurs fois sur ce point !
Le temps s’écoule, rapide et implacable, et si le groupe demande plusieurs fois s’il lui reste du temps, personne ne semble vraiment lui répondre nettement, alors les morceaux s’enchaînent, avec plus ou moins de fluidité (la set-list n’existe pas à la base…), mais créant toujours le même plaisir dans le public, ça réussit même à pogoter un brin dans l’espace réduit, et après deux ultimes titres (« un court, un long »), un auto-entrepreneur bien énervé suivi d’un excellent à nu (encore non enregistré), le groupe cède la place après 50 minutes très intenses, et ma foi carrément réussies, en ayant fait fi des difficultés inhérentes aux conditions d’accueil. Autant dire que lors de sa tournée scandinave en fin de mois, on peut s’attendre à voir les Suédois et Danois tomber en pâmoison devant nos petits frenchies – en tout cas, on l’espère !
Set-list :
- Race
- Handicapé
- Cancer
- Purement provoc
- Journal
- Facho
- Rock chrétien
- Stérile
- Destinée
- Sentiments
- Chanteur
- Auto-entrepreneur
- À nu
Par la suite, étant donné qu’il est déjà 23h30, que la tête d’affiche n’a toujours pas entamé son set, et qu’il ne reste que 30 minutes avant l’extinction prévue du son, on zappe la prestation de Malin, on testera le « popoï grunge punk » des Marseillais une autre fois…
La suite, ce sera dès ce vendredi soir, au Café de la danse, avec la soirée consacrée au label Teenage Menopause Records, avec Jessica 93 en tête d’affiche.