Canalblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
l'ayatollah du rock
Publicité
1 mars 2016

[Savages] happy persons

Date : mardi 1er mars 2016

 

Si le concert de samedi dernier est tombé à l’eau, par la faute du poignet brisé d’un bassiste du Singe Blanc, on va tenter de se rattraper en ce mardi soir, à la Cigale, avec une salle pleine, chaude comme la braise, même si la moyenne d’âge n’est pas si basse que cela, peut-être les vacances scolaires auront-elles incité quelques quadras ou quinquas à se déplacer jusque-là…

 

Il y a six ans, ma rencontre avec le quatuor japonais Bo Ningen avait tourné court, puisque je n’avais pas tenu plus de trois titres avant de quitter la salle, et ce soir cela ne me dérange donc pas plus que cela de constater qu’en arrivant à l’heure annoncée (20h00), il faut faire la queue dehors (heureusement que la pluie s’est arrêtée…) tandis que le groupe, programmé en première partie, a déjà entamé son set : c’est toujours quelques minutes de souffrance en moins ! Car si c’est avec un a priori totalement négatif que l’on entre dans la salle (après un passage au bar, il y a des obligations !), il est très vite confirmé : les cheveux sont toujours aussi longs, la musique toujours aussi fatigante, la voix toujours aussi pénible, les lumières toujours aussi usantes, bref on a du mal à comprendre que la tête d’affiche se soit entichée à ce point des Nippons pour leur proposer d’assurer toutes les dates de la tournée européenne en opening act…

 

Il y a deux ans, à la Gaîté Lyrique, le quatuor franco-anglais et entièrement féminin Savages avait confirmé sur scène l’excellence de leur premier album, tout en interrogeant sur la capacité du groupe à maintenir ce niveau de qualité, voire à se renouveler sur la durée. Ce soir, dans la foulée d’un deuxième album de valeur au moins équivalente, nous allons pouvoir juger de l’évolution globale et scénique du quatuor… Après un changement de plateau et des derniers réglages semblant compliqués, les lumières finissent par s’éteindre à 21h08, et le groupe arrive sur scène sous des ovations impressionnantes. Nouvel album en stock, cela signifie que celui-ci va se tailler la part du lion (aucun titre ne sera omis !), cela commence d’ailleurs avec un sad person qui place le groupe sur de sacrés bons rails : une rythmique basse-batterie bien en place, la basse s’occupant des mélodies (c'est quasiment toujours le cas chez les Savages), une guitare qui s’occupe dans son coin, sans jamais sombrer dans le branlage de manche, et une voix totalement envoûtante, sans chœurs, et ce qui est superbe en version studio prend une dimension supplémentaire en live. Visuellement, le parti-pris noir et blanc est évident, tant dans les vêtements que dans les lumières, cela correspond parfaitement à l’option post-punk assez sombre qui sort des enceintes, et la gestuelle de Jehnny Beth, la chanteuse, est également impressionnante, tant elle appuie ses paroles à l’aide de mouvements de bras très contrôlés. Les nouveaux titres alternent avec les anciens, et si la référence à Siouxsie and the Banshees était souvent présente sur le premier opus, elle est bien moins évidente à l’écoute du dernier en date, pourtant c’est sur slowing down the world, une nouveauté, qu’opère cette résurgence, tant dans le jeu de basse que dans les notes égrenées par la guitariste. Qu’on se rassure, on n’est pas dans le plagiat, et cela n’est pas omniprésent, mais c’était tout de même suffisamment évident à mes oreilles pour le dire… L’enchaînement de trois titres anciens (shut up, she will et husbands) semble accroitre les mouvements dans la fosse, la présentation de she will (« un morceau pour toutes les filles dans la salle ») étant suivie de cris extatiques, mais c’est bien husbands qui est le premier morceau de roi de la soirée, violent à souhait, d’une intensité folle, ce qui implique que le titre qui suit, le pourtant très honnête surrender, semble un poil fade en comparaison… Nous voici devant une « angry young tune » (evil), puis plusieurs nouveaux morceaux, la série se terminant par un the answer qui remonte encore le niveau du set d’un cran, si cela est possible ! Par la suite, il n’y a plus de répit, que Jehnny Beth referme ou pas son blouson, c’est l’hystérie collective, et même si les apartés, pour la plupart en français, semblent assez classiques pour un concert de ce type, ils ne remettent nullement en cause la qualité d’un set très carré mais loin d’être exécuté sans passion : chacune des musiciennes s’implique sans demi-mesure, et aucune d’elle ne semble feindre le plaisir qu’elles partagent, entre elles et avec les spectateurs. Et le mechanics qui démarre pourtant tranquillement monte petit à petit en puissance pour s’avérer le clou de la soirée, et prouver que nos interrogations d’il y a deux ans étaient belles et bien vaines, la qualité des morceaux (sur album) étant au diapason de prestations live faisant plaisir à voir et à entendre… D’ailleurs, c’est presque une communion à laquelle nous assistons sur adore,  le titre tant attendu par toute une foule, et qui ne déçoit personne, la scansion « i adore life » représentative d’un album délibérément orienté sur l’amour générant des frissons chez pas mal de personnes.
Pour conclure le set frisant l’heure et demie, c’est un fuckers (tiré d’un maxi) qui va permettre de brûler les dernières cartouches,  et pour l’occasion les 4 musiciens de Bo Ningen vont venir donner un coup de main. Enfin, je pense que c’est l’idée de départ, mais j’estime que le fait de doubler la basse et de tripler la guitare n’apporte vraiment rien à l’affaire, et que seule la deuxième batterie apporte suffisamment d’ampleur pour avoir un sens… Mais ne crachons pas dans la soupe, cette minuscule faute de goût ne va pas remettre en question l’exemplarité de cette prestation, qui a dépassé sans doute nos espoirs et annihilé toutes nos maigres craintes, tant l’engagement des membres du groupe sur scène est au diapason de l’excellence des morceaux offerts au public : tout simplement, bravo pour ce concert, et continuez à repousser les limites de votre art !

 

Set-list :

  1. Sad person
  2. City’s full
  3. Slowing down the world
  4. Shut up
  5. She will
  6. Husbands
  7. Surrender
  8. Evil
  9. When in love
  10. I need something new
  11. The answer
  12. Hit me
  13. No face
  14. T.I.W.Y.G.
  15. Mechanics
  16. Adore
  17. Fuckers

 

La suite, c’est presque un retour vers le passé, puisque Pierre et Bastien seront jeudi soir au Gambetta, où je n’ai pas mis les pieds depuis près de 10 ans…

Publicité
Commentaires
l'ayatollah du rock
  • Chroniques de concerts/albums/autres, et beaucoup de mauvaise foi... A venir : 27/06/26 Radical Kitten 30/06/26 Burning Spear 03-04/07/26 La Ferme Electrique 06/07/26 Dion Lunadon 07/07/26 Jon Spencer 08/07/26 Mss Frnce 09/07/26 Dead Bob 17/07/26 Public House 22/07/26 Clamm 23-26/07/26 Binic 13/09/26 Flamin' Groovies 25/09/26 Black Box Recorder 26/09/26 Scott Mccloud 17/10/26 Washington Dead Cats
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité
Pages
Derniers commentaires
Newsletter
19 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 100 474
Publicité
Publicité