[TV Smith / UK Subs] great british party in Paris
Date : mercredi 17 février 2016
Un premier test grandeur nature est entamé vers 20h45, lorsque TV Smith, seul avec sa guitare en bandoulière (et sa bière pas bien loin), déboule sur la scène et entame tambour battant son set, une prestation de trois quarts d'heure s'étalant sur l'ensemble de sa carrière, de ses débuts avec les Adverts (5 titres) à ses albums solo ou assimilés, jusqu'au tout dernier en date dont se voient extirpés deux morceaux. Ce n'est pas la première fois que Tim se présente devant nous, et il n'y a donc pas de surprises dans la façon de faire : des adaptations sèches et nerveuses de ses morceaux, qui s'enchaînent rapidement (ne pas perdre une miette du temps imparti), avec de temps à autres des explications, souvent en français, concernant les titres interprétés. Cela peut concerner l'ancienneté du morceau (no time to be 21), sa nouveauté au contraire (replay, i delete), ou la difficulté d'être pauvre (expensive being poor)... Clairement, le public connaît les titres de Adverts, moins bien ceux de TV en solo, mais globalement l'écoute est attentive, il faut dire que le chanteur toujours aussi émacié sait y faire pour captiver son public, et ce genre de folk-punk fonctionne à plein, même si je ne suis pas forcément objectif puisque inconditionnel du bonhomme. Un petit retour aux Adverts avec great british mistake (pas de relation directe avec le possible Brexit), et on a droit à la reprise du pushed again des Toten Hosen, sur lequel TV Smith avait participé à l'écriture des paroles. Un classique des concerts français : Tim adapte the day we caught the big fish en français, le morceau devient ainsi la grosse prise, et si le chanteur anglais exilé en Allemagne avoue "parler français comme une vache espagnole", c'est par pure modestie, car tant sur scène qu'en dehors (au merchandising, par exemple), chacun comprend aisément les monologues et dialogues, et apprécie en sus l'effort pour se faire comprendre d'un public généralement guère anglophone... Pour achever le public (quelques personnes se sont rapprochées du bar, mais la fosse reste assez dense), trois titres incontournables des Adverts, un gary gilmore's eyes repris en chœur, tout comme le sera bored teenagers d'ailleurs, et on se finit avec one chord wonders, le titre qui rappelle l'ironique slogan promotionnel de la tournée Adverts/Damned de 1977 ("The Adverts know one chord, the Damned know three. See all four at..."), et les applaudissements sont nourris pour saluer le départ de TV Smith, qui aura une nouvelle fois réussi son pari, celui de se mettre dans la poche un public punk avec seulement sa guitare et sa voix...
Set-list :
- Only one flavour
- No time to be 21
- Coming in to land
- Replay
- I delete
- Lion & the lamb
- Expensive being poor
- Immortal rich
- Great british mistake
- Generation y
- Pushed again
- La grosse prise (the day we caught the big fish)
- Gary gilmore's eyes
- Bored teenagers
- One chord wonders
Une petite demi-heure de battement, avec changement de plateau (c'est une expression, il ne s'agit que de se mettre en place, puisque TV était seul devant le micro), et les lumières s'éteignent pour accompagner l'arriver des mythiques UK Subs, le groupe anglais emmené depuis 40 ans par l'irréductible Charlie Harper, bientôt 72 ans (!) dans son très moche (le logo ne suffit pas) t-shirt bleu clair des Ramones, et accompagné depuis pas mal d'années par le fidèle Alvin Gibbs à la basse (présent depuis 1980, à peu près), et deux "jeunes" aux guitare et batterie, depuis une bonne dizaine d'années aussi. Le groupe a vu défiler pas mal d'invités prestigieux au fil des années (Lars Frederiksen, Flea, Knox), a sorti un nombre d'albums assez phénoménal (les live et compilations sont légion), a parfois eu tendance à métalliser un brin ses guitares, mais demeure adulé par les aficionados, tant ses concerts sont efficaces et tant le groupe refuse de laisser tomber, enchaînant les tournées en refusant de faire autre chose que de la musique. Très vite, le public démontre que nos craintes à l'encontre de spectateurs venus ici par hasard étaient malvenues, puisque si la fosse bouge très vite, et ne se calmera que lorsque les lumières se rallumeront définitivement, et qu'en sus les paroles sont connues (et reprises) par cœur, pas uniquement les morceaux emblématiques mais aussi des titres plus obscurs, preuve d'une connaissance pointue du sujet et de la discographie du groupe. Là aussi, il y a un mélange de titres de toutes les époques, même s'il faut bien avouer que ce sont les plus anciens qui se taillent la part du lion et qui enthousiasment plus nettement le public, mais on n'est pas ici dans un vulgaire best-of, il y a un vrai choix de la part du groupe, même si la set-list ne semble guère évoluer au fil des dates. On a donc droit à un set intense, constitué de séquences de 4 ou 5 titres enchaînés à vitesse V, avant de permettre à chacun de reprendre son souffle, dans la fosse comme sur scène, mais on constate que Charlie est dans une forme éblouissante, et qu'il est loin de faire son âge, et pas mal de chanteurs bien plus jeunes ne se dépensent pas autant sur une scène... C'est du punk classique, pas trop pollué par des solos de guitare que j'abhorre (le guitariste évolue dans le bon sens au fil des années), avec des titres pas très longs (25 titres pour 66 minutes, en comptant les rappels, on est en dessous des 3' de base !) mais hyper énergiques, voire énergétiques tant on voit les pieds, les jambes ou les corps entiers bouger, onduler, dans l'incapacité de résister aux rythmiques proposées. Parfois, on sent que le groupe touche une corde sensible en reprenant un morceau plus attendu que les autres (limo life, par exemple), mais il n'y a aucun temps mort, l'habitude de la route et de la scène débouche sur un spectacle à la fois carré et humain, car on ne sent jamais de volonté d'isoler le groupe de ses fans. Un petit pincement au cœur, avec ce i've got a gun écrit spécialement après les attentats du 13 novembre, et on arrive dans le dur avec des titres comme warhead ou stranglehold, incontournables s'il en est, et après une petite cinquantaine de minutes (pour 19 titres), le groupe quitte la scène pour aller recharger les batteries (pas forcément se désaltérer, puisque les bières coulent à profusion sur scène).
Nous n'avons pas l'occasion de trouver le temps long, puisqu’il ne s'écoule qu'une minute ou deux avant que le quatuor ne réintègre sa place devant nous, et le bassiste introduit simplement le rappel en quelques mots : "we're in Paris, we're having a party", c'est donc parti pour un party in paris grandiose, qui précède les vieilleries c.i.d. et i live in a car qui n'ont pas pris une ride, avant de terminer sur new york state police, l'heure est presque atteinte, et les musiciens nous quittent de nouveau... Là non plus, l'attente n'est pas très longue, et c'est avec un second rappel de deux titres (tomorrow's girls, un régal, et i could'nt be you, qui conclut en beauté et avec Charlie à l'harmonica le set) que se termine la prestation, très réussie, je l'ai même préférée à celle de 2013 au même endroit, et la doublette à l'affiche aura une fois de plus démontré qu'elle est extrêmement complémentaire, les spectateurs ayant apprécié au plus haut point la totalité de ce qui leur aura été proposé. Bref, aucun regret à avoir pour les présents, les absents pourraient bien eux s'en mordre les doigts...
- Young criminals
- You don't belong
- Left for dead
- Rockers
- Down on the farm
- Hell is other people
- Monkeys
- Emotional blackmail
- Barbie's dead
- Limo life
- Bitter & twisted
- Fear of girls
- Suicidal girl
- I've got a gun
- ??
- Warhead
- Riot
- Stranglehold
- ??
- Rappel : Party in paris
- C.i.d.
- I live in a car
- New york state police
- Rappel 2 : Tomorrow's girls
- I couldn't be you
Ce jeudi soir, c'est le retour de Joe Jackson à l'Olympia, il y aura ensuite GBH vendredi à la Clef, mais rassurez-vous on fera dans le plus jeune dans les semaines suivantes...