12 février 2016
[Arno] vive les freaks
Date : vendredi 12 février 2016
La difficulté lorsque les concerts sont en banlieue, c'est de prévoir le temps réel que les transports en commun vous obligeront à calculer pour arriver à l'heure. Ce vendredi soir, avec un RER A toujours aussi capricieux, puis une ligne 7 qui se divise en deux - donc c'est l'autre branche qui roule le mieux, il était quasiment impossible d'arriver pour 20h au Théâtre Antoine Vitez à Ivry, mais comment imaginer qu'on ne puisse plus pénétrer dans la salle alors que la première partie n'a débuté que depuis 5 minutes ? Si les lieux sont plutôt destinés au théâtre, ils devraient pouvoir s'adapter à la forme concert, et permettre des allées et venues, non ? Résultat, je n'ai rien à dire sur la première partie, puisque je rongeais mon frein à l'accueil, en attendant le changement de plateau, mais cette façon de faire est plutôt déplaisante !
Il est à peu près 20h30 lorsque les bannis sont autorisés à rejoindre leurs places, car hélas, mille fois hélas, il est hors de question d'assister au concert debout, chacun restera bien sagement assis dans les gradins, ce qui n'aidera pas à créer une ambiance de folie... Le temps de jeter un œil sur le public, pour constater que la moyenne d'âge est relativement élevée, on imagine qu'il y a un certain nombre d'abonnés aux lieux, et les lumières s'éteignent peu après 20h45, et ses 4 musiciens (basse, batterie, guitare, claviers) précèdent sur scène l'arrivée d'Arno, le crooner belge en pleine tournée de présentation de son dernier album en date "human incognito". Cela n'étonnera donc personne si 8 des 10 titres de celui-ci sont exécutés ce soir, à commencer par l'introductif ask me for a dance, plutôt agréable à entendre, même si on ne sait pas si le chanteur est en forme ou pas, son allure éternellement borderline laissant toujours le doute sur son état, et le fait qu'il n'ouvre quasiment pas les yeux pendant les premiers titres pouvant en inquiéter certains. Qu'on se rassure, Arno va bien, il sera d'ailleurs de plus en plus en forme au fil des minutes, mais n'anticipons pas trop... Il y a donc le dernier album à promouvoir, mais la carrière du chanteur est suffisamment longue pour lui offrir de quoi picorer à droite ou à gauche, alors c'est une vieille pépite de TC Matic, que pasa, qui déboule, dans une version aussi punk que l'originelle, c'est sans doute cela qui incite quelques spectateurs (on en perdra sans doute une petite dizaine au cours du set) à s'en aller, c'est sans doute trop dur et trop fort pour eux, et la variété française attendue par le spectateur lambda se transforme au gré des titres en rock bien couillu ou en blues poisseux, ce qui me sied totalement, d'ailleurs ! Après le deuxième TC Matic, le bien plus "doux" elle adore le noir, Arno commence son show, c'est-à-dire qu'il présente les morceaux à suivre à sa façon, mélangeant anecdotes et inventions loufoques, comme ce now she likes boys écrit "pour ma facteuse lesbienne, comme moi" ou un peu plus tard lola, etc..., dédié à sa "grand-mère qui avait des couilles, des vraies !", de quoi en choquer plus d'un dans la salle. Ce sont sans doute les mêmes blagues d'un soir à l'autre, voire d'une année à l'autre ("vive les moules !", par exemple), mais comme cela fonctionne, il n'y a aucune raison de s'en passer. Arno est un bluesman, pour ceux qui en doutaient il sort son harmonica (il en a même deux), et on comprend pourquoi La Muerte l'a invité sur scène pour en jouer il y a quelques années, cet instrument lui colle à la peau et il sait en tirer de quoi donner des frissons, que ce soit sur une chanson absurde (il nous décrit quasiment l'intégralité de la chanson avant de l'interpréter) ou sur le plus punk no job no rock, sur lequel ses musiciens pourront un peu se déchaîner et sembleront un poil plus concernés. Car c'est également l'un des points étonnants de la soirée, cette absence de cohésion visuelle des musiciens, qui semblent presque s'ignorer les uns les autres, ils font certes le boulot de manière plus que correcte mais sans enthousiasme et sans passion apparents... Lorsque Arno se lance dans des explications tarabiscotées, chacun se croise les bras en attendant d'entamer le morceau à suivre, autant dire que cela n'aide pas à avoir des réactions dans la salle, qui applaudit gentiment mais mettra longtemps, très longtemps à répondre aux tentatives du chanteur pour (ré ?)animer les spectateurs, qu'il s'agisse de leur faire marquer le tempo ou reprendre les paroles en chœur. On apprécie tout de même largement le set, de la reprise des Kinks (death of a clown) à la vie est une partouze, les titres du nouvel album tenant la dragée haute aux plus anciens, en exceptant peut-être le oublie qui je suis sur lequel même Arno est obligé de s'asseoir. Encore une reprise de TC Matic avec oh la la la, que le chanteur a plusieurs fois réadapté en mode soft au fil des ans, mais ce soir c'est "back to '81", quand on pense qu'en début de soirée Arno semblait presque inapte c'est bien la preuve qu'il cache extrêmement bien son jeu, et le qu'est-ce que c'est ? tiré de son premier album solo (1986) est lui aussi hyper énergique, et les musiciens eux-mêmes se prennent au jeu du rentre-dedans. Les minutes s'écoulent, les seuls moments de calme sont constitués par les interventions d'Arno, et le plutôt gai vive ma liberté (toujours sans réaction du public) est suivi par meet the freaks, autant dire qu'on aime bien mixer la douceur à la brutalité, et qu'on continue à butiner dans la discographie du chanteur, sous ses divers avatars. Bien sûr, on ne peut échapper au tube, les yeux de ma mère émeuvent les midinettes, alors pour compenser c'est putain putain, le Belge sait comment agencer un set, et également en finir un, avec la reprise d'Adamo les filles du bord de mer, sur lequel il réussit enfin à faire chanter le public, et en récompense il interprète le 3e couplet en pseudo-russe, c'est n'importe quoi mais ça marche, et les musiciens peuvent ainsi regagner les loges avec le sentiment du devoir bien fait, après avoir largement dépassé l'heure et demie de concert.
Bien sûr, il y a un rappel, l'inamovible bathroom singer, sur lequel Arno martyrise ses cymbales avec délectation, et c'est donc après plus d'une heure quarante de set que les lumières se rallument définitivement, et que chacun peut se relever avant de rentrer chez soi. Si l'on peut regretter une certaine froideur, tant du côté des musiciens que des spectateurs (on n'insistera pas sur le caractère malheureux d'un concert assis), certains morceaux auront été réellement enthousiasmants, et la prestation d'ensemble aura été très réussie, à tel point qu'il me faut au moins jeter un œil sur la set-list, scotchée presque en bord de scène. Quelle erreur ! Ayant effleuré celle-ci, le pitbull de service (féminin, ce soir) se précipite pour me sermonner, à croire que je risquais de créer des dégâts irréparables en posant une semelle par terre... Bref, après les mésaventures du début de soirée, cela confirme que nous ne sommes pas dans une salle de concert, que les cerbères des lieux ne sont pas habitués au public de concert, et qu'il semble assez improbable que je retourne dans cette salle dans les années à venir...
Set-list :
Il est à peu près 20h30 lorsque les bannis sont autorisés à rejoindre leurs places, car hélas, mille fois hélas, il est hors de question d'assister au concert debout, chacun restera bien sagement assis dans les gradins, ce qui n'aidera pas à créer une ambiance de folie... Le temps de jeter un œil sur le public, pour constater que la moyenne d'âge est relativement élevée, on imagine qu'il y a un certain nombre d'abonnés aux lieux, et les lumières s'éteignent peu après 20h45, et ses 4 musiciens (basse, batterie, guitare, claviers) précèdent sur scène l'arrivée d'Arno, le crooner belge en pleine tournée de présentation de son dernier album en date "human incognito". Cela n'étonnera donc personne si 8 des 10 titres de celui-ci sont exécutés ce soir, à commencer par l'introductif ask me for a dance, plutôt agréable à entendre, même si on ne sait pas si le chanteur est en forme ou pas, son allure éternellement borderline laissant toujours le doute sur son état, et le fait qu'il n'ouvre quasiment pas les yeux pendant les premiers titres pouvant en inquiéter certains. Qu'on se rassure, Arno va bien, il sera d'ailleurs de plus en plus en forme au fil des minutes, mais n'anticipons pas trop... Il y a donc le dernier album à promouvoir, mais la carrière du chanteur est suffisamment longue pour lui offrir de quoi picorer à droite ou à gauche, alors c'est une vieille pépite de TC Matic, que pasa, qui déboule, dans une version aussi punk que l'originelle, c'est sans doute cela qui incite quelques spectateurs (on en perdra sans doute une petite dizaine au cours du set) à s'en aller, c'est sans doute trop dur et trop fort pour eux, et la variété française attendue par le spectateur lambda se transforme au gré des titres en rock bien couillu ou en blues poisseux, ce qui me sied totalement, d'ailleurs ! Après le deuxième TC Matic, le bien plus "doux" elle adore le noir, Arno commence son show, c'est-à-dire qu'il présente les morceaux à suivre à sa façon, mélangeant anecdotes et inventions loufoques, comme ce now she likes boys écrit "pour ma facteuse lesbienne, comme moi" ou un peu plus tard lola, etc..., dédié à sa "grand-mère qui avait des couilles, des vraies !", de quoi en choquer plus d'un dans la salle. Ce sont sans doute les mêmes blagues d'un soir à l'autre, voire d'une année à l'autre ("vive les moules !", par exemple), mais comme cela fonctionne, il n'y a aucune raison de s'en passer. Arno est un bluesman, pour ceux qui en doutaient il sort son harmonica (il en a même deux), et on comprend pourquoi La Muerte l'a invité sur scène pour en jouer il y a quelques années, cet instrument lui colle à la peau et il sait en tirer de quoi donner des frissons, que ce soit sur une chanson absurde (il nous décrit quasiment l'intégralité de la chanson avant de l'interpréter) ou sur le plus punk no job no rock, sur lequel ses musiciens pourront un peu se déchaîner et sembleront un poil plus concernés. Car c'est également l'un des points étonnants de la soirée, cette absence de cohésion visuelle des musiciens, qui semblent presque s'ignorer les uns les autres, ils font certes le boulot de manière plus que correcte mais sans enthousiasme et sans passion apparents... Lorsque Arno se lance dans des explications tarabiscotées, chacun se croise les bras en attendant d'entamer le morceau à suivre, autant dire que cela n'aide pas à avoir des réactions dans la salle, qui applaudit gentiment mais mettra longtemps, très longtemps à répondre aux tentatives du chanteur pour (ré ?)animer les spectateurs, qu'il s'agisse de leur faire marquer le tempo ou reprendre les paroles en chœur. On apprécie tout de même largement le set, de la reprise des Kinks (death of a clown) à la vie est une partouze, les titres du nouvel album tenant la dragée haute aux plus anciens, en exceptant peut-être le oublie qui je suis sur lequel même Arno est obligé de s'asseoir. Encore une reprise de TC Matic avec oh la la la, que le chanteur a plusieurs fois réadapté en mode soft au fil des ans, mais ce soir c'est "back to '81", quand on pense qu'en début de soirée Arno semblait presque inapte c'est bien la preuve qu'il cache extrêmement bien son jeu, et le qu'est-ce que c'est ? tiré de son premier album solo (1986) est lui aussi hyper énergique, et les musiciens eux-mêmes se prennent au jeu du rentre-dedans. Les minutes s'écoulent, les seuls moments de calme sont constitués par les interventions d'Arno, et le plutôt gai vive ma liberté (toujours sans réaction du public) est suivi par meet the freaks, autant dire qu'on aime bien mixer la douceur à la brutalité, et qu'on continue à butiner dans la discographie du chanteur, sous ses divers avatars. Bien sûr, on ne peut échapper au tube, les yeux de ma mère émeuvent les midinettes, alors pour compenser c'est putain putain, le Belge sait comment agencer un set, et également en finir un, avec la reprise d'Adamo les filles du bord de mer, sur lequel il réussit enfin à faire chanter le public, et en récompense il interprète le 3e couplet en pseudo-russe, c'est n'importe quoi mais ça marche, et les musiciens peuvent ainsi regagner les loges avec le sentiment du devoir bien fait, après avoir largement dépassé l'heure et demie de concert.
Bien sûr, il y a un rappel, l'inamovible bathroom singer, sur lequel Arno martyrise ses cymbales avec délectation, et c'est donc après plus d'une heure quarante de set que les lumières se rallument définitivement, et que chacun peut se relever avant de rentrer chez soi. Si l'on peut regretter une certaine froideur, tant du côté des musiciens que des spectateurs (on n'insistera pas sur le caractère malheureux d'un concert assis), certains morceaux auront été réellement enthousiasmants, et la prestation d'ensemble aura été très réussie, à tel point qu'il me faut au moins jeter un œil sur la set-list, scotchée presque en bord de scène. Quelle erreur ! Ayant effleuré celle-ci, le pitbull de service (féminin, ce soir) se précipite pour me sermonner, à croire que je risquais de créer des dégâts irréparables en posant une semelle par terre... Bref, après les mésaventures du début de soirée, cela confirme que nous ne sommes pas dans une salle de concert, que les cerbères des lieux ne sont pas habitués au public de concert, et qu'il semble assez improbable que je retourne dans cette salle dans les années à venir...
Set-list :
- Ask me for a dance
- Que pasa
- Elle adore le noir
- Now she likes boys
- Je veux nager
- Lola, etc...
- Une chanson absurde
- Death of a clown
- Oublie qui je suis
- No job no rock
- La vie est une partouze
- Please exist
- I'm just an old motherfucker
- Oh la la la
- Je veux vivre
- Qu'est-ce que c'est ?
- Black dog day
- Dance like a goose
- Vive ma liberté
- Meet the freaks
- Les yeux de ma mère
- Putain putain
- Les filles du bord de mer
- Rappel : Bathroom singer
On se remet de cet enchaînement avant de préparer le suivant, avec d'autres concerts de jeunots : mercredi UK Subs et TV Smith (Petit Bain), jeudi Joe Jackson (Olympia) et vendredi GBH (la Clef), le week-end prochain sera donc consacré au repos !
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