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l'ayatollah du rock
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11 février 2016

[Dominic Sonic] what we were waiting for

Date : jeudi 11 février 2016

 

Un jeudi soir, il est difficile d'imaginer que le Petit Bain va afficher complet, et sur les coups de 20h15 on peut craindre effectivement le pire, la salle est désespérément vide, mais il faut croire que certains sont très bien informés, puisqu'il suffit que la première partie arrive sur scène pour avoir l'impression que les spectateurs affluent d'un coup, sans pour autant totalement remplir les lieux, même si les présents seront suffisamment agités/excités pour en donner la sensation...

Cela commence donc avec un duo féminin guitare-batterie, les deux membres de The Buns se partageant les voix de manière plus ou moins équitable, et si certains avaient eu la curiosité de chercher à en savoir un peu plus sur le groupe avant le concert, on peut supposer que la majeure partie de l'assemblée se retrouve, comme moi, sans aucun a priori, et c'est donc avec un plaisir non dissimulé que l'on comprend rapidement que cette première partie est de grande qualité. En effet, l'énergie est présente en permanence, et si le rock est exécuté de manière simple, que ce soit au niveau guitare ou batterie, il n'en reste pas moins addictif, tant on peut reconnaître d'excellentes références qui parsèment les morceaux, chantés essentiellement en anglais, mais pas que. À titre d'exemple, on pourrait entendre les débuts des Plastiscines (c'est positif !) en un poil moins pop sur certains titres, mais les voix peuvent également évoquer ça ou là les Sheeduz ou Pat Benatar, et je vous épargnerai la litanie de tous les groupes qui me sont passés en tête au fil de ces trois quarts d'heure (on entend la référence aux Bangs parmi les spectateurs...). Évidemment, le public ne réagit (favorablement) que pendant les morceaux, ce qui lors des réaccordages obligatoires amène à des instants de silence assez surprenants dans la fosse, mais on constate que le duo fait son effet, sans reprise, avec uniquement un titre écrit par Gaspard Royant en guise d'élément extérieur. Alors, si la guitariste aimerait que le public soit plus (ré)actif, et tape dans les mains plus spontanément, entre autres, on sent qu'avec son acolyte elles prennent le même pied sur scène que nous dans la fosse, et cette prestation est suffisamment réussie pour pardonner les quelques petits pains qui passent quasiment inaperçus, autant dire que si on a parfois la dent un peu dure avec les groupes de première partie, ce soir il n'y a aucune raison, on en conservera un très bon souvenir, et espérons donc pouvoir revoir le duo, qui travaille apparemment sur son premier album, sur une scène parisienne dans un proche avenir !

Qu'on ne s'y trompe pas, la majeure partie du public, pas tout jeune à de rares exceptions près (le kangourou en jean de la fosse ne peut pas avoir dépassé la trentaine pour sauter aussi haut et aussi longtemps !), est venue pour la tête d'affiche, un Dominic Sonic que l'on voit bien trop rarement en concert pour se permettre de rater l'une de ses apparitions. Si son dernier opus "vanités #6" a mis 8 longues années pour succéder au précédent, c'est l'occasion d'en fêter la sortie, sur scène, avec pour l'occasion un vrai groupe autour de lui, Patrick (basse) et Franck (guitares) échappés de Bikini Machine (comme lors de la tournée de "phalanstère #7", pour info) étant accompagné d'un tout jeune batteur, la bataille des anciens et des modernes sera d'ailleurs l'un des leitmotiv de la soirée. En débutant avec all you men, c'est déjà une demi-surprise que le groupe a concocté à ses fans (ne nous trompons pas, certains sont venus de très loin pour cette soirée !), puisque ce titre tiré de l'album éponyme de 1991 ne fait pas forcément partie des classiques en live, mais ce soir il met les choses au clair d'entrée : ça va chauffer, le batteur comme ses trois partenaires sont chauds bouillants, et cela ne peut que combler des spectateurs exultant d'entrée de jeu. Histoire de conserver la main, c'est un enchaînement imparable qui suit, when my tears run cold et what i'm waiting for étant aussi efficaces en quatuor qu'en solo avec boîte à rythmes (Dominic est très fort à ce jeu-là), l'ampleur que peuvent prendre les morceaux étant décuplée par la volonté affichée de ne pas laisser à quiconque la possibilité de ne bailler l'espace ne serait-ce que d'une seconde ! La fosse est grisonnante, dira-t-on, cela ne l'empêche pas de tanguer rapidement, le pogo se met en place et aura quelques pics mais ne cessera jamais vraiment, y compris sur les nouveaux morceaux. Car la part belle est laissée aux nouveaux titres (plus de la moitié du dernier album sera jouée ce soir), avec une priorité à l'énergie (never learned, dad) qui reste tout de même très bien maîtrisée, les musiciens sachant très bien fixer les limites. Comme souvent, voire plus que d'habitude, les échanges sont multiples entre Dominic (et même parfois ses musiciens) et les spectateurs, les réflexions abordant divers thèmes aussi divers que la taille de guêpe du chanteur-guitariste, le prix du pétrole (en introduction à fuel) ou la réactivité du public parisien, et étant toujours l'occasion de rires et sourires partagés, la connivence existante permettant la détente tout en restant sérieux musicalement. Car en plus, le groupe n'amuse pas le terrain, de la loi des pauvres gens (repris en chœur par les spectateurs) à replace the sun, on parle d'une carrière débutée il y a presque trente ans ("qui était là en 1986 ?" demande Dominic, et certains peuvent répondre "moi"...) qui permet donc un choix assez étendu. On l'avait vu sur la scène, il n'est pas là pour rien, Dominic utilise donc son Theremin  (lorsqu'il a fini par réussir à le faire fonctionner) avec son talent habituel, c'est son jouet, et s'il n'en abuse pas c'est un plaisir de le voir se délecter de son usage ! Au bout de 52 minutes qui ont paru dépasser les deux heures, tant le set est prenant, le groupe quitte la scène, mais chacun sait qu'il va y avoir un rappel, notamment car la set-list n'est pas vraiment cachée aux yeux des premiers rangs...
Et effectivement, Dominic revient, seul, enfile son costume solo et sa guitare acoustique, et nous offre deux merveilles, un à s'y méprendre excellent puis les leurres, à pleurer de bonheur tant l'émotion est palpable devant un texte qui parle à beaucoup, et le groupe commence à revenir sur le bord de la scène, signe que les choses vont se réélectrifier rapidement... Si c'est en duo soft avec son batteur (en mode quasi jazz) que Dominic entame la reprise des Lords of the New Church, un gun called justice qui ne fait pas partie des morceaux les plus connus du supergroupe formé par Brian James et Stiv Bators (entre autres), l'arrivée de Patrick et Franck fait exploser le morceau, on imagine ce qu'il pouvait donner avec son groupe d'origine, et on n'est pas au bout de notre plaisir : à la demande d'une reprise de Bowie, c'est le 20th century boy de T-Rex qui déboule dans nos oreilles, dans une version là aussi extrêmement durcie, c'est le retour de la vengeance du glam électrique et ce n'est pas fini... Histoire d'achever ceux qui sont encore debout, on se finit avec l'éternel acid sonic, à l'intro inhabituelle (puisqu'on vous dit que le groupe a travaillé sur les morceaux !) mais aux riffs toujours aussi dévastateurs, qui nous laissera hébétés, pantelants, totalement ahuris devant ce qui vient de nous être offert : un concert monstrueusement réussi, musicalement mais également humainement parlant, les discussions post-concert se recoupant sur ce constat d'une générosité immense accompagnant un talent indéniable. Bref, ces 80 minutes et quelques laisseront des traces, toutes positives, et là encore on espère ne pas devoir attendre trop longtemps avant de pouvoir en reprendre une bonne dose, la configuration de ce soir mérite d'être exposée au plus grand nombre - et même réitérée jusqu'à plus soif !


Set-list :
  1. All you men
  2. When my tears run cold
  3. What i'm waiting for
  4. Never learned
  5. La loi des pauvres gens
  6. Scared
  7. Dad
  8. Replace the sun
  9. J'en fais des longueurs
  10. Miracles
  11. Fuel
  12. Rappel : À s'y méprendre
  13. Les leurres
  14. Gun called justice
  15. 20th century boy
  16. Acid sonic


La suite, puisqu'il faut battre le fer tant qu'il est chaud, c'est dès ce vendredi soir, à Ivry (il n'y a pas que Paris intra-muros), avec une prestation (là aussi) attendue d'Arno.

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Commentaires
M
en plus, il était d'une gentillesse infinie. Je me souviens qu'il avait <br /> insisté pour m'emmener dans les loges avec les Sonics, et de manière <br /> générale il était très prévenant. Et je ne parle même pas de ses <br /> qualités musicales...<br /> Le 26/07/2020 à 18:19, Sensonic a écrit :
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M
C'est encore un coup dur... Je connaissais son combat, mais je ne <br /> m'attendais pas à ce que ce soit aussi brutal, d'autant qu'il était en <br /> train de terminer son dernier (et double) album. J'avais même prévu de <br /> le faire venir à la radio à la rentrée... Pendant le Covid, le cancer <br /> continue à décimer, on l'aurait presque oublié.<br /> Et on ne peut effectivement même pas compter se remonter le moral en <br /> concert, ça devient désespérant...<br /> Le 26/07/2020 à 16:35, Sensonic a écrit :
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Z
Oui Énorme...des réminiscences fort appréciées ... merci merci car ça fait un bien fou de retrouver un Unic Dominic Sonic ainsi sur scène !!<br /> <br /> Et Bravo à Toi Matt ... Tu écris merveilleusement bien, suis ravie d'avoir pu papoter avec Toi. Un Souvenir gravé ! RoZENn
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F
c'était ÉNORME. MERCI À EUX
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